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 Angmar (le 15/08/2005 à 14h00)

Auteur : Silmaril666 (sadia.mclean@caramail.com )

Disclaimer : Ces personnages ne m’appartiennent pas, ils sont la propriété de JK Rowling et je ne tire aucun profit de cette histoire….

Résumé : Une nouvelle année commence, la 7ème pour Potter, Malefoy, Granger et toute leur promotion. Mais cette année s’avérera être bien différente par l’arrivée d’une nouvelle élève, Ally Stanford, qui va chambouler le train-train quotidien de Poudlard, en s’attaquant dès son arrivée au placide professeur de potions Severus Rogue afin de découvrir ce qui se cache derrière ce professeur tyrannique… mais ce que la jeune fille pensait avoir laisser derrière elle à décider de revenir finir son travail…Poudlard est en danger…

Genre : Général/ Romance/Action /Humour

 

Angmar

 

Prologue : Premier jour à poudlard

 

     Elle regardait autour d’elle avec attention en cherchant désespérément la voix 9 ¾ de la Gare King’s Cross qui devait la conduire à son train, mais rien ne la mettait sur la voix. Elle décida donc d’attendre ici que quelqu’un face quelque chose d’inhabituel et s’assit donc sur sa valise en scrutant les alentours d’un air perdu. Au bout de quelques minutes, elle sentit une main se poser sur son épaule et une voix masculine lui demander : «  Je peux t’aider ? ». Elle leva les yeux pour voir un jeune garçon d’environ 17 ans, brun, les cheveux en bataille et aux yeux verts. Elle le reconnu avant même d’apercevoir sa cicatrice mais ne dit rien, se contentant de lui sourire en se levant :

-                      Euh… en fait je cherche la voix 9 ¾…

-                      Alors là je peut t’aider ! Suis-moi !

Elle remit sa valise avec le reste de ses affaires et suivit le jeune homme vers ce qui devait être- pensa-t-elle- un mur magique. S’en était effectivement un puisque son « guide » y disparu après avoir couru vers la façade. Elle ne sursauta pas, habituée à la magie, et le suivit à son tour. Elle se retrouva en un éclair face au Poudlard Express étincellent comme à son habitude, d’un rouge vif éblouissant. Sur le quai, plusieurs centaines de familles de sorciers embrassaient leurs enfants une dernière fois avant de les installer dans le train qui les mènerait à la prestigieuse école de sorcellerie de Poudlard. Le jeune l’y attendait et lui tendit gentiment sa main :

-                      Harry Potter, enchanté !

-                      Ally Stanford.

Harry apprécia énormément qu’elle ne bondisse pas dans tous les sens en entendant son nom et il lui fit signe de la suivre de nouveau. Ils grimpèrent tous les deux dans le Poudlard Express à la recherche des amis d’Harry qui ne tardèrent pas à trouver, bien installés dans un compartiment. Il s’agissait d’un garçon très roux et d’une jeune fille brune qui se levèrent joyeusement à leur arrivée. Harry leur présenta donc la nouvelle :

-                      Ron, Mione, je vous présente Ally Stanford… Ally je te présente Ron Weasley et Hermione Granger.

-                      Salut, répondit-elle aimablement  en serrant la main des deux amis.

Elle s’assit à coté d’Harry sur le siège en face de Ron et Hermione et attendit tranquillement que le train démarre avant de poser des questions. Mais ce fut Hermione qui engagea la première l’interrogatoire :

-                      Alors Ally ? Tu viens d’où ?

-                      De Californie, aux Etats Unis.

-                      Les Etats Unis ? Et qu’est-ce qui t’amène en Angleterre ?

-                      Ma famille a du déménager… alors je termine ma scolarité à Poudlard.

-                      Ok…

-                      Et tu seras dans quelle maison ? demanda précipitamment Harry, les yeux presque suppliants en attendant sa réponse.

-                      Je n’en sais rien. On m’a dit que je passerais une sorte de test à la rentrée pour savoir quelle sera ma maison.

-                      J’espère que tu seras à Gryffondor, c’est la meilleur maison ! s’exclama fièrement Ron.

-                      Ah oui ? Et les autres maisons ? Bah… y’a Poufsouffle, Serdaigle et Serpentard… mais mieux vaut pour toi éviter Serpentard, tu comprends, les plus grands mages noirs y sont allés et on dit que ceux qui y sont actuellement sont déjà partisans de Tu-Sais-Qui…

-                      Et en Amérique ? demanda vivement Hermione pour changer de sujet. Il y a un système de maisons ?

-                      Oui, sauf qu’il n’y en a que trois. A SpellerStone, mon ancien lycée, il y a FireField, ColdField et DarkField…

-                      Ce ne sont pas des noms de magiciens ?

-                      Non… en fait ces noms viennent des talents particuliers des fondateurs du lycée : Gary Mencaft savait manier le feu, Lisa Lendl contrôlait le froid et le vent, et Magnus Swift manipulait les ombres et l’obscurité.

-                      Ah oui… j’en ai entendu parler dans un livre… commença Hermione.

-                      Et tu faisais partie de quelle maison ? interrompit Ron pour changer à son tour le sujet.

-                      J’étais à Darkfield.

Un lourd silence s’installa dans la pièce car, visiblement, Ron et Hermione associaient logiquement Darkfield à Serpentard. Mais Harry ne sembla pas s’en rendre compte. Il allait réengager la conversation quand les friandises arrivèrent enfin dans le compartiment. La bonne humeur remplaça alors le silence gêné, et ils firent le plein de Dragées Surprises, de ChocoGrenouilles et autres friandises dont ils raffolaient tant. Mais lorsque la vendeuse disparue, elle fit place au meilleur ennemi d’Harry Potter : Drago Malefoy, toujours secondé de Crabbe et Goyle, ses deux immondes gardes du corps :

-                      Alors Potter ? Je vois que tu te permets des écarts à ton régime de champion ! lança-t-il de son célèbre ton cinglant.

-                      La ferme Malefoy ! lui répondit froidement Harry.

-                      Oh ! Quelle horreur ! répondit Drago en feignant d’être choqué. Saint Potter profère des injures ! Dumbledore est-il au courant ? ( puis, reprenant son sérieux :) En tout cas, je remarque que ton vocabulaire s’est considérablement enrichi, je t’en félicite.

Il parcouru le compartiment des yeux et les posa sur Ally, qui l’observait en silence. Il esquissa ce qu’il qualifiait d’un sourire et s’adressa à elle : «  Ally Stanford ? Suis-moi s’il te plait, je dois te parler… »

-                      Et pourquoi ça ? demanda vivement Harry.

-                      Parce qu’en tant que Préfet répondit fièrement Malefoy, je dois lui donner certains documents et lui faire part du règlement et de différentes choses…

-                      Et bien donne-lui les papiers et on s’occupe de lui expliquer le règlement..

-                      Je crains que toi et tes pot de colle d’amis ne soyez pas les plus qualifiés au sujet de ce règlement dont vous avez transgressé les règles au moins 20 fois.

-                      Malefoy je vais te…

-                      C’est bon Harry, s’interposa Ally. Y’a pas de problème, je reviens tout à l’heure.

Malefoy lança un regard de défi à Harry avant de sortir du compartiment, suivit par Ally, Crabbe et Goyle. Il la conduisit dans un autre compartiment vide dont il referma la porte au nez de ses deux acolytes.

-                      Bien bien, commença t-il en scrutant la jeune fille de la tête aux pieds. * Tout à fait à mon goût* pensa t-il.

Ally était effectivement plutôt jolie, avec ses longs cheveux bouclés d’un blond très clair presque roux, qui s’associait parfaitement avec ses grands yeux vert de jade. Son petit nez contrastait avec sa bouche à la fois fine et pulpeuse. Les traits fins de son visage et la couleur crémeuse de sa peau soulignaient sa féminité et sa maturité, à l’image des courbes parfaites de son corps, mises en valeur par un jean taille basse et pull blanc serré qui laissait paraître son cou autour duquel pendait une chaîne et un signe chinois en argent.

Alors que Drago la détaillait, Ally faisait exactement la même chose, admirant ce jeune garçon qui semblait si fier de lui. Il n’avait peut-être pas tord, car Ally devait tout de même avouer qu’il était plutôt bien bâti, en plus d’être séduisant. Elle avait d’abord remarqué ses incroyables yeux bleus-gris, aussi clairs que son visage était pale et que ses cheveux blonds plaqués en arrière semblaient être de neige. Il était plutôt grand, la dépassant largement d’une tête, et assez musclé, sans doute grâce à la pratique d’un sport, le Quiddich sans doute, comme s’en doutait Ally. Elle même connaissait bien le Quiddich pour avoir fait partit de l’équipe de Darkfield en Amérique, au poste de Gardien de But, même si elle n’en avait fait partit que pendant deux ans. Elle avait en effet décidé d’arrêter le Quiddich, suite à un accident qui l’avait définitivement dégoûtée de ce sport. Elle n’en parlait jamais, comme de tous ses problèmes, et préférait garder tout pour elle, au risque de ne pas avoir beaucoup d’amis. Elle espérait malgré tout s’en faire à Poudlard, et Harry semblait être un très bon candidat, peut-être même Malefoy, s’il le voulait bien.

Elle sortit de sa rêverie en remarquant que Malefoy l’attendait pour lui dire ce qu’il avait à lui dire. Il lui remit un exemplaire écrit du «  Règlement de Poudlard », un plan détaillé du château et les livres nécessaires qu’elle avait commandé pour ses cours. Il lui expliqua comment fonctionnait le château, comment se déroulaient les cours et lui présenta oralement les professeurs du collège, sans omettre de citer bon nombre d’éloge à propos de son professeur favoris, le professeur Rogue. Il lui posa les même questions que les Gryffondors et Ally eut donc une conversation identique à la précédente, à la seule différence que pour Drago la meilleure maison était devenue Serpentard et qu’il valait mieux pour elle éviter les Gryffondors. Mais Malefoy parut plutôt réjouit d’apprendre que sa précédente maison s’appelait Darkfield. Il y avait donc pas mal de chance pour qu’elle vienne avec lui à Serpentard.

Il avait fait une bonne impression sur Ally qui le trouvait plutôt sympa et mignon, mais elle avait envie de retourner voir Harry et les autres, où l’ambiance était bien plus conviviale. Elle quitta donc poliment Malefoy et retourna vers son compartiment, consciente des yeux de Crabbe et Goyle rivés sur son postérieur.

Harry fut heureux de son retour mais Ron et Hermione évitaient soigneusement de lui parler, même si ni elle ni Harry ne le remarquèrent.

Le voyage se termina donc dans la bonne humeur aux sons des exploits d’Harry et ses amis. Ils revêtirent ensuite leurs uniformes réglementaires ornées des blasons rouge et or de Gryffondor (sauf Ally qui n’avait pas encore de blason), puis le Poudlard Express arriva enfin à destination. Lorsqu’elle descendit du train, elle fut éblouit par le spectacle que lui offrait le somptueux manoir de Poudlard. Jamais elle n’avait vu une école aussi grande et sublime. Elle sursauta légèrement en rencontrant Hagrid, le demi géant, mais comprit tout de suite qu’il n’était pas méchant. Elle dut quitter Harry pour suivre les premières années dans les barques et traversa le lac en admirant l’immensité de sa nouvelle demeure. Son arrivée dans le collège fut encore plus éblouissante quand elle découvrit avec émerveillement la Grande Salle, éclairée par des chandelles flottant au plafond comme de petits nuages brillants. Elle s’avança en scrutant les quatre tables qui trônaient au milieu de la salle devant une autre où siégeaient tranquillement les professeurs. Elle s’avançait en compagnie des premières années, consciente des regards des autres élèves rivés sur elle. Il faut dire qu’elle ne passait pas inaperçue, dépassant les « petits nouveaux » d’au moins deux têtes. Le professeur McGonagall leur expliqua le déroulement de la cérémonie de répartition et le Choixpeau Magique fut apporté par un professeur. Les premières années passèrent un à un sous le chapeau, acclamés par leur nouvelle maison et hué par les autres. Une trentaine d’élèves passa, jusqu’à ce qu’Ally se retrouve seule devant McGonagall. Dumbledore se leva alors et fit une annonce :

-                      Mes chères élèves, nous accueillons cette année une jeune américaine de 7ème année qui terminera donc ses études dans notre bon vieux Poudlard (puis, s’adressant à Ally :) Miss Stanford, veuillez enfiler le Choixpeau afin de savoir quelle sera votre nouvelle maison.

Ally s’approcha, un peu tremblante, et s’assit sur sa chaise. Elle croisa le regard encourageant d’Harry et aperçu ceux, toujours méfiants, de Ron et Hermione. McGonagall lui posa le choixpeau sur la tête, et celui-ci parut indécis fasse à ce qu’il voyait en elle :

*Hum hum… tu as de nombreuses qualités de Gryffondors… mais aussi beaucoup qui conviendraient à Serdaigles… tu désire aller à Gryffondor mais tes objectifs ne te serons accessibles qu’à… SERPENTARD !*

Ce fut un véritable choc pour elle, mais aussi pour Harry, alors que Ron et Hermione ne semblaient pas étonnés et que Drago affichait déjà un sourire vainqueur. Les autres élèves ne s’y attendaient pas, et les Serpentards semblaient méfiants. Ally, elle, était déçue. Elle avait un mauvais pressentiment envers Serpentard et elle aurait voulu rester avec Harry.

Elle s’avança timidement vers la table des Serpentards et ne savait pas où s’asseoir jusqu’à ce qu’elle aperçoive Malefoy qui lui avait visiblement gardé une place.

-                      Bienvenu, lui fit-il, rapidement imité par les autres.

Elle acquiesça à tout le monde, se sentant désormais un peu plus à l’aise. Dumbledore fit son habituel discours et le festin put alors commencer. Elle fit la connaissance des 7ème années de Serpentard, mais aucun ne lui semblait aussi sympa qu’un Gryffondor. Seul Drago réussissait à la mettre à l’aise mais elle ne tarda pas à s’isoler volontairement des conversations, en attendant la fin du repas.

Quand ce moment fut arrivé, elle vit les quatre directeurs de maisons se diriger vers chacune des tables. Elle découvrit ainsi le fameux professeur Rogue, dont Drago lui avait tant venté les mérites. Ce professeur ne semblait pas vraiment heureux d’être ici, et son allure ne laissait rien présager de bon pour la suite des évènements. En effet, le directeur de Serpentard, était entièrement vêtu de noir, le visage pâle et renfrogné, les lèvres pincées, les cheveux noirs et raides lui tombant sur le visage … il inspirait bien plus de crainte que de sympathie. Et pourtant, Ally ne pouvait détacher son regard de se mystérieux professeur. Elle ne le savait pas encore, mais Severus Rogue allait bientôt devenir sa principale source de pensées, son obsession.

Mais ce n’était pas le moment de rêvasser car déjà, le professeur conduisait les nouveaux élèves à leurs dortoirs. Elle oublia donc un instant le guide pour observer chacune des facéties du collège, observant chaque tableau où se mouvaient des personnages en parlant bruyamment à leurs voisins de tableau. Elle observa attentivement chaque couloir et chaque escalier qui changeait de place sans crier gare. * Ca va être un véritable casse-tête pour retrouver ma route dans ce château !* pensa-t-elle.

Ils montèrent au second étage et le professeur Rogue s’arrêta devant la statue étrange d’un centaure combattant un serpent. Il prononça le nouveau mot de passe «  Belladone » et la statue pivota à gauche, laissant apparaître la somptueuse salle commune de Serpentard, aux couleurs vert et argent. Alors que les nouveaux élèves s’extasiaient devant leur salle, Rogue se tourna vers eux et lança d’une voix froide qui fit frissonner Ally :

-                      Voici vos appartements. Les dortoirs des filles à droite et ceux des garçons à gauche…. Miss Stanford ? Suivez-moi.

Ally sursauta quand il prononça son nom mais elle le suivit sans broncher. Il la conduisit dans un couloir du dortoir des filles jusqu’à une petite pièce isolée.

-                      Voici  votre chambre Miss Stanford.

Elle découvrit la pièce avec autant d’émerveillement que lorsqu’elle ouvrait ses cadeaux de noël. La pièce, aux couleurs de Serpentard, était meublée d’une armoire et d’un bureau antique sculptés soigneusement dans du bois de chêne, tout comme le somptueux lit à baldaquins qui dominait la pièce.

-                      Les 7èmes années ont droit à une chambre individuelle, continua Rogue d’une voix monotone. Par ailleurs, le professeur Dumbledore vous autorise à utiliser la salle de bain des Préfets, à condition que cela reste secret et discret. Vous pouvez y accéder par ce passage secret.

Rogue se dirigea vers une statue de sirène à coté de l’armoire et murmura « Therma » pour qu’un déclic se fasse entendre et que porte de pierre se détache légèrement. Rogue la repoussa pour refermer le passage puis se retourna vers Ally.

-                      Avez-vous des questions ?

-                      Oui… vous enseignez quelle matière ?

Rogue, surpris par l’intérêt soudain que lui portait la jeune fille, mit un moment avant de répondre.

-                      … les potions.

-                      Ouch, fit Ally avec une grimace. Les Potions, c’est pas mon point fort.

-                      Et bien… vous aurez peut-être l’occasion d’y remédier cette année, je l’espère pour vous, répondit-il simplement.

-                      Ca m’étonnerait mais bon… peut-être arriverez-vous à me faire aimer cette matière.

Rogue ne répondit rien, tout simplement parce qu’il ne savait pas quoi répondre. C’était la première fois qu’une élève était aussi agréable avec lui et pour cela, il la détestait déjà. Il tourna les talons sans un mot alors qu’Ally lui lançait un «  A la prochaine ! » aussi joyeux que désespéré. Elle retourna dans sa chambre pour s’installer en murmurant pour elle même «  Eh ben, ils sont franchement bizarre ici… c’est pas gagné ! »

 

Mais alors qu’Ally découvrait innocemment sa nouvelle demeure, une ombre la suivait et découvrait elle aussi ce qui allait devenir son nouveau terrain de jeun, son nouveau champ de bataille…

 

 

Une élève pas comme les autres

* les pensées d’Ally sont entre **

Chapitre I : Premier faux pas

 

Lorsqu’elle se réveilla le lendemain matin, elle trouva son emploi du temps sur son lit. Le lundi, elle commençait la journée par 2 heures de Sortilèges avec les Serdaigles, puis la terminait par 2 heures de Potions avec les Gryffondors.

Elle se décida à se préparer, impatiente à l’idée de voir le professeur Rogue donner un cours, et sans avoir la moindre idée de ce que pouvais être un cours de Potions Serpentard Gryffondor.  Elle prit ses affaires de bains et se dirigea vers la statue de la sirène «  Therma », et le petit déclic se fit à nouveau entendre laissant Ally pénétrer dans le passage qui menait à la salle de bain des Préfets. Elle se retint de pousser un  « oh » de surprise tant elle ne s’attendait pas à voir cela. Une salle de bain immense, avec une baignoire étincelante aussi grande et profonde qu’une piscine olympique et parfumée avec toutes sortes d’arômes enivrants. Elle s’approcha lentement en contemplant la pièce quand une voix masculine la fit sursauter :

-                      Ca surprend hein ?

Elle se retourna pour voir Drago arriver par un couloir, en short de bain et la serviette sur l’épaule.

-                      Oui je ne m’attendait pas a ça ! lui répondit Ally en souriant.

-                      Enfile donc un maillot et rejoint moi… à moins que tu préfère te baigner nue… dans tout les cas moi ça ne me dérange pas ! ajouta-il avec un clin d’œil.

-                      Je m’en doute, répondit elle avant de retourner dans sa chambre pour enfiler son maillot deux pièces noir.

Quand elle le rejoignit, Drago nageait tranquillement dans la « baignoire » mais il manqua carrément de couler en apercevant Ally en si petite tenue.  Elle prit un bain avec lui en discutant, non sans prendre garde aux mains baladeuses du jeune Serpentard. Après dix minutes dans la salle de bain, elle se sentait incroyablement détendue et retourna ainsi dans sa chambre pour se préparer. Elle descendit ensuite dans la Grande Salle pour le petit déjeuner et s’installa à l’écart, non sans remarquer l’air triste avec lequel Harry la regardait. Elle mangea en vitesse puis rejoignit Drago devant la salle de Sortilèges. Elle s’installa au fond de la classe avec lui et copia la moitié de ses réponses lors du «  Contrôle des connaissances » que le minuscule professeur Flitwick leur avait imposé. Pendant le déjeuner, Drago lui fit visiter quelques couloirs secrets de Poudlard ainsi que la Tour d’Astronomie où elle dut affronter sa claustrophobie pour grimper les 200 marches qui les menaient au sommet. Mais la jeune fille voyait clair dans le jeu de séduction de Drago : tantôt du romantisme, tantôt du rentre-dedans osé, il essayait toute sortes de techniques pour la faire succomber à son charme quasi légendaire qui avait amené – dit-on – la moitié des filles de sa promotion dans son lit. Mais Ally ne comptait pas se laisser faire comme ça. Elle avait l’habitude d’être convoitée par les garçons et s’en amusait d’ailleurs beaucoup. Elle ne sortait avec quelqu’un qu’après l’avoir fait mijoter un certain temps et seulement avec ceux qui l’intéressait vraiment. Et pour l’instant, elle n’était pas certaine de voir en Drago autre chose qu’un ami.

Ils redescendirent manger rapidement dans la Grande Salle puis rejoignirent les Gryffondors dans les cachots pour le cours qu’attendait Ally avec impatience : le cours de Potions. En découvrant la salle de cours du professeur Rogue, elle comprit pourquoi le professeur paraissait si hostile : Comment peut-on garder le moral dans un endroit si sombre et lugubre ? Des pas résonnants dans le couloir la sortirent de sa rêverie et elle put ainsi voir arriver son professeur dans un nuage de poussière grise. Il leur fit signe d’entrer et Ally se précipita au premier rang, immédiatement rejointe par Harry qui avait devancé de peu Drago :

-                      Salut ! lui lança-t-il essoufflé.

-                      Salut, répondit-elle doucement. Tu ne devrais pas te mettre ici… les Serpentard ne sont pas fréquentables, tu te souviens ?

-                      Oui mes pas tous… toi c’est différent…

-                      Non je ne crois pas… retourne voir Ron et Hermione… ils n’ont pas l’air de beaucoup m’apprécier…

-                      Non c’est pas ça… ils se méfient c’est tout….

La voix sinistre de Rogue s’éleva alors, arrachant un frison de surprise dans le dos de la jeune fille :

-                      Mr Potter ! Avez-vous quelque chose à raconter de si intéressant que vous le feriez partager à la classe entière ?

-                      Non professeur, répondit-il en baissant la tête.

-                      Bien ! Alors cessez d’importuner votre camarade et trouvez-vous une autre place, à coté de Mr Finnigan par exemple. Je ne voudrais pas que votre tempérament n’ai trop d’influence sur Miss Stanford, ça ne rendrait pas service à ses capacités mentales.

Harry retourna à sa place alors que quelques chuchotements s’élevaient mais Rogue ramena vite le silence pour expliquer le programme de cette nouvelle année.

-                      La 7ème année de Potion est la plus difficile mais aussi la plus utile. Nous allons étudier les potions les plus utiles pour se défendre et attaquer, et parmi elles, les poisons et leurs antidotes. Vous travaillerez donc cette année par binômes.

Hermione se mit avec Lavande et bien entendu Ron avec Harry.  A la fin, il ne restait plus que Neville, Pansy, Drago, Seamus et Ally qui se retrouvaient seuls.

-                      Bien… commenta Rogue en les regardant un à un. Vous êtes un nombre impair, un de vous sera donc seul.

-                      Moi je veux bien, devança Ally, sans trop comprendre pourquoi.

-                      Bien, si vous avez besoin d’aide nous verrons ce que l’on peux faire… Finnigan vous ferez équipe avec Miss Parkinson et Londubat avec Mr Malefoy.

Drago poussa un grognement mauvais en regardant Neville s’installer à ses cotés alors que Pansy lui lançais des petits regards triste alors que Seamus s’approchait.

La première potion qu’ils devaient créer au cette année s’appelait «  Le poison des Traîtres » et elle n’agissait que sur les personnes ayant trahis une promesse. On ne pouvait donc pas la tester mais on savait qu’elle était réussie quand elle prenait une teinte mauve. Mais si elle restait quelques instants de trop sur le feu, elle devenait jaune et devait être entièrement recommencée.

Comme elle l’avait précédemment dit à son professeur, les Potions n’étaient vraiment pas le point fort d’Ally et dès le début des Travaux Pratiques, ses lacunes en la matière se faisaient sentir. Elle faisait malgré tout de son mieux mais, sans savoir pourquoi, dès que le professeur approchait, ses mains se mettaient à trembler et elle perdait totalement ses moyens. Rogue, lui, était désespéré devant le faible niveau de la nouvelle Serpentard. Elle ne cessait de se tromper et pour si peu, un Gryffondor aurait déjà fait perdre au moins 30 points à son blason. Mais il ne pouvait pas enlever des points à sa propre maison, il se l’interdisait, où Serpentard perdrait des chances de remporter enfin la Coupe des Maisons. Il devait donc prendre son mal en patience et tout faire pour qu’Ally ne fasse pas de catastrophe. Mais c’était écrit. Ally n’avait pas l’âme d’une Gryffondor patiente et réfléchie, et sa maladresse semblait elle digne d’une Poufsouffle. Ce qui devait arriver arriva donc.

Malgré l’excellent niveau en potions de Malefoy à sa disposition, Neville avait, comme à son habitude, toute la peine du Monde à réaliser son TP et Rogue dut donc abandonner sa surveillance d’Ally quelques instants pour empêcher le jeune Gryffondor de faire à nouveau exploser son chaudron et une partie de la classe.

-                      Miss Stanford ? fit-il avec exaspération. Au lieu de regarder votre Potion en espérant qu’elle se fasse toute seule, vous feriez mieux de couper les racines de sauge et de les incorporer dans la potion.

-                      La sauge ?

Alors que Rogue s’occupait de Neville, Ally faisait de son mieux pour se rappeler des cours des années précédentes :

* Sauge…. C’est quelle couleur ça ? C’est ce truc bleu, là ? Non ça ne doit pas être ça… et ça ? Non, ça sent le basilic… mais c’est quoi bordel ce cours ?! Cuisine pour elfe de maisons inexpérimenté ? Non… On va essayer ça… ou ça peut-être… bof … ça doit être pareil….Allez ! Qui ne tente rien n’a rien !*

Elle se mit à couper les racines en toute sorte de figures alors qu’elle n’avait strictement aucune idée de ce qu’elle faisait. Elle mit le tout dans le chaudron et attendit le retour de Rogue en le regardant s’énerver contre le pauvre Neville.

Elle l’observait avec des yeux admiratifs, sans trop comprendre vraiment pourquoi ce professeur la fascinait tant. Peut-être le comparait-elle trop à son ancien professeur de potions, Mr Mauclair, qu’elle avait détesté durant toute sa scolarité aux Etats Unis. La comparaison avec Rogue était d’ailleurs ridicule, car Mr Mauclair était petit, gros, avec une gros barbe grise… le contraire de Rogue. C’est simple : pendant ses cours, les élèves de Mr Mauclair s’amusaient à deviner ce que leur professeur avait mangé lors du dernier repas rien qu’en observant les divers restes de nourriture incrustés dans sa répugnante barbe grise. Les diverses odeurs qu’il dispensaient étaient également de précieux indices dans cette énigme qui distrayait les élèves pendant que le professeur se lamentait sur les malheurs de sa femme et l’injustice de l’Education Internationale. Ce professeur avait clairement dégoûté Ally de cette matière dont elle ne raffolait déjà pas vraiment, et il est vrai qu’à coté de Mr Mauclair, un elfe de maison aurait parut aussi beau que Johnny Depp alors Rogue… : calme, sérieux, professionnel… elle le trouvait presque séduisant avec un léger coté mauvais garçon :

** Houlà ma petite ! S’interpella t-elle mentalement. Te voilà en train de fantasmer sur un professeur qui à l’air de sortir tout droit d’une décharge publique moldue…. Le professeur d’études moldues d’accord (Mr Nicolas, qu’elle a eu le bonheur d’apercevoir_ tout comme l’auteur J_ et qui est à croquer) mais Rogue… brrr !!! Et pourtant si… STOP ! J’ai dut respirer trop de gazs de potions aujourd’hui, je délire ! Calme-toi Ally ! Vite !**

Ally sortit de sa rêverie lorsque le maître des Potions revint face à son pupitre et lança aux élèves de sa voix sinistre :

-                      Bien. Ajoutez tous les racines de mandragore et remuez activement la potion. Si elle devient jaune, comme ce sera le cas pour la majorité d’entre vous, c’est un échec lamentable. Si elle boue et devient mauve, c’est réussit. Allez-y.

Ally fit comme les autres ce que le professeur leur avait dit et attendit une réaction en remuant énergiquement sa potion. Mais alors que toutes les potions étaient terminées, soient réussies comme pour Hermione et Lavande, soit fichues comme pour Ron et Harry, Ally elle n’avait aucun résultat. Elle se décida finalement à contrecœur à appeler le professeur Rogue à la rescousse.

-                      Professeur…, appela-t-elle d’une petite voix fébrile alors que tout les regards se tournaient vers elle. J’ai… ma potion ne réagi pas…

La réaction du professeur fut exactement celle qu’Ally redoutait : il lui jeta un regard noir depuis son bureau et se leva pour venir regarder dans son chaudron. Elle sentait son sang lui monter à la tête et battre dans ses tempes sous l’effet de la honte qu’elle ressentait, alors que Rogue poussait un soupir de colère :

-                      Miss Stanford ? Puis-je savoir quel ingrédient avez-vous omis de mettre dans votre potion ?

-                      Mais je… rien professeur…

-                      … voulez-vous vraiment que l’on fasse goûter votre potion à votre animal ?… Où est-il d’ailleurs ?

-                      Dans mon sac Monsieur…

-                      Sortez-le s’il vous plait.

Elle sortit son sac de sous la table où elle l’avait caché pour que personne ne remarque qu’il gigotait dans tout les sens. Elle hésita un instant avant de le poser sur la table et d’ouvrir la fermeture de son sac. Un minuscule petit chaton noir en sortit en s’étirant avant d’aller vers le professeur Rogue pour se frotter affectueusement contre son bras, avant que celui-ci ne se retire vivement.

-                      Bien… continua-t-il. Continuez de remuer votre potion, nous allons la tester.

Ally se leva, tremblante, pour prendre la cuillère et remuer la potion, alors que le chaton se baladait innocemment parmi les restes de mandragore et de sauge … enfin, de ce qui était sensé être de la sauge. C’est alors que Rogue se rendit compte de l’erreur de son élève et se précipita vers elle, alors qu’elle mélangeait fébrilement sa potion :

-                      Cessez petite idiote ! Vous avez mis de la menthe à la place de la sauge !

-                      Ah … et c’est grave ?

-                      Biens sur  !!! Je vous avais dit de la sauge, pas de la menthe !!!!

-                      Et qu’est-ce que ça change ? C’est de la bouillie après tout !

-                      CA CHANGE TOUT !!!!!!! D’ailleurs, pourquoi avez-vous de la menthe, ça n’a rien à faire là ça ! Cessez de mélanger immédiatement ou ça risque de mal tourner… Recurv…

Il n’eut pas le temps de finir son sort que le chaudron explosait dans un raffut incroyable, éclaboussant les murs du cachot, les tables, les élèves et le professeur Rogue. Si Ally avait été dans un dessin animé, elle aurait put voir de la fumée sortir des oreilles de son professeur tant il était en colère :

-                      MISS STANFORD !!! Vous serez en retenue pendant deux semaines à partir de ce soir et je retire 5 points à votre maison…. Le cours est terminé.

 

Les élèves rangèrent leurs affaires et sortirent en silence, alors qu’Ally se maudissait pour sa maladresse en récupérant son chaton couvert de potion ** Premier faux pas le premier jour de cours et au premier cours de Potions… bravo !**

Elle allait partir quand elle se retrouva nez à nez avec Hermione :

-                      A ce que je vois tu as quelques lacunes en Potions, lui lança-t-elle avec un regard supérieur.

-                      Oui et alors ? répliqua Ally en fermant son sac à dos.

-                      Je peux t’aider si tu veux.

-                      Non merci. Je n’ai pas besoin de ton aide.

-                      C’est l’orgueil qui te coince ou bien tu as peur de Malefoy?

-                      Pour qui tu te prends Granger ?! répliqua Ally en se redressant d’un air menaçant et d’un ton que Malefoy apprécia énormément de derrière la porte où il suivait la scène. Pourquoi tu me colles comme ça ? Je n’ai pas besoin de tes faveurs de Mère Térésa alors va les dispenser ailleurs tu veux ?!

-                      Et comme ça tu prétends ne pas appartenir à Serpentard ?

-                      Je ne sais pas si je suis vraiment Serpentard mais ce qui est sur, c’est que je ne serais jamais une petite faux-cul de Gryffondor dans ton genre.

-                      Harry sera content de l’apprendre.

-                      Qu’est-ce qu’Harry a à voir la dedans ?

-                      C’est lui qui m’a demandé de t’aider.

-                     

-                      Ne t’approche pas de lui, menaça Hermione du ton le plus froid qu’elle n’avait jamais lancé.

-                      Je n’en avais pas l’intention, répondit Ally en reprenant soudain son assurance, mais maintenant que tu m’en parle, ça me tente bien de l’approcher…

-                      Tu n’as pas intérêt ou je…

-                      Ou tu quoi, Coupa Ally d’un air menaçant. Tu vas le dire à McGonagall ? Sale petite… comment on dit déjà ? Sang de Bourbe c’est ça ?

La réaction d’Hermione ne se fit pas attendre et la gifle qu’Ally reçue résonna dans tout le cachot, alertant le professeur Rogue qui se pressa de venir voir ce qui se passait :

-                      Que se passe-t-il Miss Stanford ? Miss Granger ?

Aucune ne répondit mais Rogue devina ce qui venait d’arriver en voyant la marque rouge sur la joue d’Ally. Il ne se priva pas du plaisir de réprimander la jeune Gryffondor qu’il détestait tout particulièrement depuis si longtemps :

-                      Croyez-moi, Miss Granger, que le Professeur McGonagall sera informée de votre attitude.

-                      Mais professeur elle…

-                      Taisez-vous ! J’enlève 30 points à Gryffondor pour violence sur élève et vous viendrez ce soir en retenue pour aider Miss Stanford à rendre le cachot dans son état normal.

-                      Mais je…

-                      Sortez maintenant.

 

Il les poussa hors du cachot et referma la porte derrière elles, les laissant face à Drago, Ron et Harry qui attendaient chacun de leur coté leur amie. Elle se jetèrent un regard noir de défi, puis Ally prit Drago par la main et sortit du couloir en passant devant Harry, non sans oublier de lui adresser au passage un clin d’œil agrémenté de son plus beau sourire. Drago la suivit sans rien dire jusqu’à la Salle Commune de Serpentard où elle s’arrêta devant un canapé :

-                      Tu peut me le tenir une minute s’il te plait ? lui demanda-t-elle en tendant le jeune chaton au jeune Serpentard qui ne savait pas trop comment s’y prendre.

Il hésita un instant avant de l’agripper par la peau du cou en examinant curieusement cette petite boule de poils qui gigotait dans tous les sens en essayant d’attraper une mèche de cheveux avec ses petites pattes.

-                      Il a quel age ? demanda Drago en rendant le félin à Ally et en s’installant à ses cotés sur le canapé.

-                      Deux mois.

-                      Deux mois ? Il est vachement jeune ! Et tu l’as appelé comment ?

-                      Mystère.

-                      Pourquoi ?

-                      Parce que je ne sais pas d’où il vient.

Drago marqua une pause durant laquelle il regarda attentivement le visage d’Ally qui n’exprimait aucun sentiment, figé, comme si elle était perdue dans ses pensées. Il reprit :

-                      Tu ne sais pas d’où il vient ?

-                      Je me suis réveillée un matin et il était là, avec moi.  Quelqu’un me l’avais envoyé mais je ne sais pas qui.

-                      Sans doute tes parents.

-                      Non c’est impossible.

-                      Pourquoi ? Tu leur a demandé ?

-                     

Ally ne semblait pas vouloir continuer la conversation et elle restait là, immobile, les yeux perdus dans le vague. Son regard c’était étrangement troublé quand Drago avait prononcé les mots «  tes parents », comme si ce la lui rappelait de mauvais souvenir. Mal à l’aise, elle ne répondit rien et récupéra ses affaires pour retourner dans sa chambre, prétextant des devoirs à faire. Elle déposa ses affaires sur son lit et s’y jeta négligemment, enfouissant son visage dans les oreillers pour se détendre. ** Cette année commence bien : A peine arrivée j’ai déjà des ennemis, une retenue, un prof qui me déteste et voilà maintenant Drago qui commence à me poser des questions auxquelles je ne peut pas répondre sans mentir. Enfin… je peux, mais si je lui dit la vérité sur moi, je suis foutue…. Et puis cette retenue, franchement, je la sent pas… j’ai un mauvais pressentiment. **

 

Alors qu’Ally se perdait dans ses pensées et se préparait pour sa retenue, l’agitation régnait déjà dans le collège, non pas du à l’effervescence des premiers jours de cours, mais par quelques faits étranges s’étant produits dans les différentes maisons : objets magiques dérobés à Gryffondor, farces de très mauvais goût chez Poufsouffle et Serdaigle, et tags inquiétants chez Serpentard. Les directeurs de maisons étaient perdus au milieu de leurs élèves qui s’accusaient les uns les autres, tournant rapidement à des bagarres particulièrement sauvages. L’infirmerie comptait déjà une vingtaine d’élèves et les points diminuaient à vitesse grand V aux compteurs de chaque blason. Depuis son observatoire, le nouveau troublion de Poudlard s’amusait comme un fou, riant de la tête des élèves découvrant les farces qu’il leur avait concocté, se moquant de ceux qui s’emportaient facilement et s’enthousiasmant devant chaque bagarre qui éclatait à cause de ses méfaits. Décidément, il commençait vraiment à aimer le choix qu’avait fait Ally en choisissant de venir dans cet établissement, bien plus amusant que le précédent lycée de la jeune fille. Car cet être la suivait, depuis si longtemps qu’il ne se rappelait pas d’un seul jour sans la voir, qu’il ne se rappelait pas de sa vie avant de la connaître. Cette fille était devenue sa raison d’être, son unique attachement à la vie réelle, son obsession. Il ne voulait qu’elle, il l’observait attentivement et attendait le moment où il lui révélerait sa présence, où il lui ferait payé tout ce qu’elle lui avait fait subir. Et ce moment n’allait pas tarder à arriver, car déjà, il ne supportait plus de la voir se pavaner avec Malefoy, lancer des regards de séduction à Potter et soupirer d’admiration devant Rogue. Qui conque la toucherait, lui parlerait où l’approcherait de trop près payerais pour oser approcher Son Ally, Son ange noir. Il était décidé : ce soir, elle saurait. Elle saurait qu’elle n’avait pas réussit à se débarrassé de lui, qu’il était toujours là et près à tout pour la récupéré ou la tuer si elle ne voulait pas de lui. Ce soir,  ce soir lors de sa retenue, elle saura…

 

 

* les pensées d’Ally sont entre **

Chapitre 2 : Premières révélations

 

                               Sans s’en rendre compte, Ally s’était endormie sur son lit et ce ne fut que quelques minutes avant sa retenue que Mystère la réveilla en lui donnant de gentils coups de pattes. Elle fit un bond en l’air en découvrant qu’il ne lui restait plus que deux minutes pour rejoindre les cachots et vérifia en vitesse qu’elle était présentable avant de filler à toute allure hors de sa chambre. Elle prit un morceau de pain en passant par la Grande Salle, histoire de reprendre des forces, car elle savait que quand elle n’avait rien dans le ventre, elle tombait facilement dans les vaps. Malheureusement pour elle, il lui fallait bien plus de deux minutes pour atteindre les cachots, et lorsqu’elle y arriva, c’était essoufflé, en retard et la bouche pleine. Hermione était déjà là, devant Rogue qui attendait qu’Ally ose s’approcher plus près pour lui faire une remarque :

-                      Miss Stanford ! Avez-vous enfin décidé de nous faire l’honneur de votre présence ou êtes-vous seulement en visite ?

-                      Décholé profecheur, bafouilla-t-elle, toujours la bouche pleine.

Elle s’installa sur une table le plus loin possible d’Hermione et Rogue leur expliqua leur tâche de la soirée :

-                      Mesdemoiselles, je compte sur vous pour rendre cette pièce dans son état d’origine en une soirée, et ceci sans l’aide d’aucune magie.

Elles laissèrent échapper un soupir de découragement en regardant les murs et le sol couverts de potion séché jaunâtre (nda : Appétissant non ?).

-                      Je devais vous surveiller ce soir, mais compte tenu des événements qui se sont produits aujourd’hui dans le collège, je dois vous laisser seules et donc vous faire confiance. Miss Granger, je vous confie cette tache. Si quelque chose se passe mal se soir, je vous en tiendrais responsable et retirerait cent points à Gryffondors.

Et sur cette charmante mise au point, le professeur Rogue s’éclipsa en refermant à clef la porte du cachot.

-                      Ca risque d’être intéressant, souffla Ally avec un sourire sadique en se saisissant du seau d’eau mis à sa disposition pour nettoyer le sol.

-                      Quoi ? demanda Hermione en prenant elle aussi ses ustensiles.

-                      Si le moindre problème retombe sur toi et ces imbéciles de Gryffondors, je vais pouvoir m’amusé !

-                      Essaie toujours ! répliqua Hermione avec un ton menaçant.

-                      Je vais me gêner ! relança Ally en se dirigea vers le bureau de Rogue.

-                      Qu’est-ce que tu fais ? demanda sa camarade, un peu craintive cette fois ;

-                      Bah, je fouille dans son bureau ! répondit Ally comme si c’était une évidence.

-                      Non, ne fait pas ça ! ordonna la jeune Gryffondor en la saisissant par le bras et en l’éloignant du bureau

-                      Mais lâche moi sale petite Sang de Bourbe ! cracha Ally en se débattant comme une diablesse avant de flanquer une gifle que Granger lui retourna aussitôt.

Elles s’arrêtèrent quelques secondes, toutes deux un peu sonnées, puis reprirent leur petite bagarre infantile. Elles se tiraient les cheveux, se poussaient comme des gamines dans le but de renverser l’adversaire. Mais leurs forces étant à peu près égales, elle ne parvenaient qu’à se bousculer l’une et l’autre.  Ally décida alors de changer de tactique en se saisissant de son seau d’eau. Hermione fit de même et au même moment, elles se renversèrent le contenu au-dessus de leurs têtes, vidant pour ainsi dire près de trois litres d’eau sale sur elles. Sous le choc, elles restèrent là quelques instants, l’une en face de l’autres, trempées de la tête aux pieds. Alors qu’elles pensaient elles-mêmes reprendre leur « combat », elles se regardèrent dans les yeux et se mirent à pouffer de rire, réalisant le ridicule de la situation.

-                      C’est n’importe quoi ! commenta Ally avec un sourire.

-                      Oui, je suis entièrement d’accord avec toi, acquiesça Hermione.

-                      Pourquoi on a commencé à s’engueuler déjà ? Je m’en souviens plus !

-                      Euh… parce que tu ne voulais pas de mon aide en potion je crois…

-                      Ah oui… c’est vrai…

-                      Je peux savoir pourquoi ?

-                      Tout simplement parce que je n’aime pas la charité… et aussi parce que je sentais que toi et Weasley vous ne pouviez pas me voir en peinture… J’ai donc pensé que vous vous fichiez de moi et en bonne Serpentard…

-                      Tu m’as envoyé sur les roses.

-                      On peut dire ça comme ça… Mais toi, tu ne voulais pas vraiment m’aider, c’est Harry qui te l’as demandé n’est-ce pas ?

-                      Oui c’est vrai.

-                      Tu es amoureuse de lui non ?

-                      Qu’est-ce qui te fait dire ça ?

-                      Ca expliquerais pourquoi tu m’as menacé de ne pas l’approcher… j’ai raison ?

-                      Oui … enfin, c’est possible…

-                      T’inquiète pas, je n’ai pas l’intention de l’approcher. Il ne m’intéresse pas.

-                      Pourtant tu avais l’air de vouloir être avec lui…

-                      Je le trouve sympa, c’est tout. J’aurais juste voulu être amie avec lui.

-                      Amie ?… Si tu veux, tu peux rejoindre notre groupe.

-                      Hein ?

-                      Bah… t’as pas l’air si méchante que ça pour une Serpentard alors si tu veux… Harry serait content de te connaître mieux…

-                      Etre amie avec toi ? Avec trois Gryffondors ? Ca ne va pas ! Déjà que j’ai pas d’amis à Serpentard, si je me mets à devenir copain copain avec vous, Drago va me tuer ?

-                      T’es amoureuse de lui ?

-                      Non, enfin… pourquoi tu demande ça ?

-                      Je sais pas…

Un lourd silence s’installa puis Hermione le brisa pour tenter de convaincre Ally :

-                      Ecoute : ça ne m’enchante pas plus que toi de devenir amie avec une Serpentard élève de Malefoy, mais mieux vaut ça que de continuer à se bagarrer non ?

-                     

-                      On est pas obligées d’être super soudées, mais juste essayer de se parler comme des personnes civilisées pendant nos retenues, et peut-être qu’on s’apprécia et que je te présenterais à Ron et Harry. Si ça marche pas, tant pis. On aura essayé.

Ally fit mine de réfléchir un instant puis concéda finalement un compromis :

-                      Je veux bien essayé mais seulement si tu me promet de ne parler de cela à personne… Weasley et Potter à la rigueur mais personne d’autres. Ca te va ?

Elles se serrèrent la main en signe d’accord puis commencèrent enfin à laver le cachot crasseux en faisant calmement connaissance.  A vrai dire, c’était surtout Hermione qui parlait, Ally évitant soigneusement les sujets qui touchaient de trop près à son passé encombrant. Hermione lui raconta les aventures qu’elle avait vécue avec Ron et Harry durant sa scolarité et expliqua à Ally ce qu’il fallait savoir sur Poudlard et ses habitants. Dans le fond, Ally trouvait Hermione supportable, bien qu’un peu trop sérieuse à son goût. Elle écoutait tranquillement les récits de sa camarade quand un bruit attira son attention. Elle fit signe à la jeune Gryffondor de se taire et cessa de bouger, essayant de localiser l’endroit d’où venaient les bruits qu’elle avait perçu. Cela ressemblait d’abord à des bruits de pas feutrés puis à d’étranges grattements vers la porte du cachot. Hermione avait elle aussi interrompu tout mouvement et elles écoutaient toutes les deux, accroupies sur le sol, scrutant avec attention la poignée de la porte du cachot jusqu’à ce qu’un petit déclic se fasse entendre et que la poignée se mette à tourner lentement en crissant. La porte s’ouvrit ensuite avec la même lenteur et un souffle de vent s’engouffra dans la pièce, fait trembler les feuilles de papier sur le bureau. Elles ne quittaient pas la porte des yeux mais ne voyaient rien.

Après plusieurs secondes qui leur parurent interminables, Ally se décida enfin à agir et chuchota à Hermione :

-                      On devrait aller voir, non ?… Hermione ?

Mais Hermione ne répondait pas. Elle ne bougeait pas. Elle semblait pétrifiée, immobile, les yeux dans le vague, comme si le temps s’était arrêté de tourner pour elle. Ally ne comprenait pas, croyant qu’il s’agissait d’une farce ou d’un petit malaise :

-                      Hermione ? Qu’est-ce que tu as ?

-                      Elle est figée, répondit alors une voix grave et rocailleuse qui fit sursauter Ally.

Quand elle se retourna, elle ne vit d’abord que la silhouette de l’inconnu, tapis dans l’ombre d’un mur. L’homme qui se tenait devant elle était grand, environ 1m85, mince, élancé et, à en juger par sa carrure impressionnante et par ses muscles saillants, assez sportif. Il était vêtu de noir, pantalon et tee-shirt simples par dessus desquels il portait une longue veste de cuir qui descendait jusqu’à ses chevilles. Son allure n’avait rien de rassurant, et lorsqu’Ally crut le reconnaître, son cœur fit un bond dans sa poitrine : **Non, ça ne peut pas être lui… il est mort… je l’ai vu mourir… non, je suis en train de faire un cauchemar, je dois me réveiller !**

-                      Non, tu ne rêves pas mon ange, continua-t-il en sortant de l’ombre. C’est bien moi.

Elle pouvait maintenant voir son visage, éclairé par la lumière des torches, et distinguer les yeux azurs qui la contemplaient avec obstination. Ce qui frappait le plus sur son visage, hormis la longue cicatrice qui parcourait son cou et ses yeux bleus pénétrants, c’était la pâleur de sa peau, presque blanche, qui contrastait avec ses cheveux châtains foncés qui retombaient en bataille sur ses épaules. Il semblait malgré tout assez jeune, environ 25 ans à première vue, voir un peu moins.  Il arborait un sourire fier et charmeur, un sourire qu’Ally connaissait bien, celui qui l’avait fait craquer il y a de cela trois ans sur le continent Américain.

Mais aujourd’hui, à cet instant, il ne lui inspirait que de la crainte et de la peur, et elle reculait en tremblant davantage à chaque pas qui le rapprochait un peu plus d’elle.

-                      Non ! hurla-t-elle soudainement. Ne m’approche pas !

-                      Calme toi mon ange, souffla-t-il d’une voix doucereuse.

Il n’y avait rien de menaçant dans son comportement et pourtant, Ally tremblait de la tête aux pieds et des larmes de terreur commençaient à couler de ses yeux. Il s’arrêta à quelques centimètres d’elle, alors que le mur l’empêchait de reculer un peu plus pour échapper à cet homme qui lui parlait le plus doucement que sa voix rocailleuse lui permettait :

-                      Et bien Ally ? Etonnée de me voir ici ? Tu ne croyais tout de même pas que j’allais te laisser partir comme ça ? Si ?

-                      Mais tu…tu. bégaya Ally au bord des larmes. Tu étais…

-                      Mort ? (Il se mit a rire puis reprit son sérieux :) Voyons Ally ! Tu ne croyais tout de même pas que me trancher la gorge suffirais à te débarrasser de moi ! Pas moi ! Ce genre de chose ne suffirait pas pour détruire un mage noir tel que moi, tu le sais non ?

-                     

-                      Ally… n’ai pas peur… je ne t’en veut pas de m’avoir torturer, de m’avoir abandonner, de m’avoir trahis et d’avoir essayé de me tuer… non, je ne t’en veut pas… Et tu sais pourquoi ? Parce que tu vas être gentille avec moi et m’aider à récupérer ce qui me revient de droit.

-                      Que… que…qu’est-ce que tu veut de moi ?

-                      Tu as de puissants pouvoir Ally… tu le sais…

-                      Non… je ne les ai plus…Je ne m’en sert plus…

-                      Pourquoi donc ?

-                      Je… j’ai fait assez de mal comme ça… ça suffit… je ne veut plus… va t’en…

-                      Du mal ? Tu n’as pas fait plus de mal que l’on t’en a fait… tu le sait… c’était de la légitime défense non ?

-                      Non… je le croyais autrefois mais je sais que ce n’était pas vrai… tu m’as menti…

-                      Tu es toujours convaincue que je t’es manipulé ?… Tu crois que je me suis fichu de toi ? Si j’ai fait ça c’était pour te protéger, tu comprends ?

-                      ….

-                      Tu crois que je n’étais pas sincère il y a trois ans quand on c’est rencontrés ? J’ai tout fait pour toi : je t’ai appris à te battre, à contrôler tes pouvoirs pour devenir aussi puissante que moi, je t’aurais tout donner et toi, qu’est-ce que tu as fait ? Tu m’as rejeté et tu as essayé de me mettre des bâtons dans les roues !

-                      …Il fallait que je t’empêche de continuer a faire souffrit les gens…

-                      Faire souffrir les gens ?! C’est de la connerie tout ça !! (Il commençait à perdre son sang froid et s’avançait, menaçant vers Ally, jusqu’à ce qu’elle soit bloquée contre le mur, incapable de faire un geste. Il serra sa main autour du cou de la jeune fille pour l’empêcher de bouger et continua :) Tu sais que je ne veux pas te faire de mal Ally, mais si tu ne coopères pas et que tu essayes de mettre à nouveau des bâtons dans les roues, je te jure que tu vas regretter de m’avoir connu !

Prenant son courage à deux mains, Ally le repoussa et lui lança d’une voix froide mais chargée de larmes :

-                      Je regrette déjà depuis longtemps de t’avoir connu…

-                      Je ne te crois pas…

-                      Crois ce que tu veux mais je ne t’aiderais pas… si tu ose m’approcher encore, je préviens le professeur Dumbledore et il…

-                      Le Professeur Dumbledore ? Si tu savais à quel point je me fiche du professeur Dumbledore ! Aucun professeur ne te croira… je me suis arrangé pour cela… tu verra…

Ally ne savais plus quoi répondre et, tentant le tout pour le tout, elle se mit à courir soudainement vers la porte que son « agresseur » avait verrouillée. Aucun problème pour elle. Elle pointa son doigt sur la poignée et souffla « Alohomora » afin qu’un jet de lumière dorée ne sorte de son index et que la porte du cachot s’ouvre devant elle. Elle se mit à courir à en perdre haleine dans les sombres couloirs du cachot jusqu’à ce qu’elle percute quelqu’un : Rogue. Il semblait en colère de la voir ici, mais son expression changea lorsqu’il vit le visage parsemé de larmes d’Ally.

-                      Qu’est-ce qu’il vous arrive encore Miss Stanford ?

Ally, paniquée, ne cessait de regarder derrière elle, de peur que l’homme en noir ne revienne à sa poursuite :

-                      Je… il y a un homme… là-bas.. dans le cachot… il a figé Hermione et il veut me tuer et…

-                      Calmez-vous ! ordonna Rogue, persuadé qu’elle racontait n’importe quoi. Suivez-moi, nous allons voir ça.

-                      Non ! Il doit encore y être je ne veut pas…

-                      Cessez de faire l’enfant Miss Stanford et Suivez-moi immédiatement !

Ally obéis à contrecœur et suivit son professeur, avançant prudemment derrière lui. Ils pénétrèrent dans la salle de cours où Ally manqua de pousser un hurlement : l’homme en noir, son agresseur, désormais vêtu d’une robe de sorcier noire, parlait joyeusement avec Hermione qui semblait allez pour le mieux. Rogue jeta un regard noir à Ally avant de s’adresser à l’homme en question :

-                      Puis-je vous aider Mr Tyler ?

-                      Oui je vous cherchais justement (Il regarda Ally puis demanda à Rogue :) Y’a –t-il un problème ?

-                      Non… ces deux jeunes filles sont en retenue et l’une d’elle a dut user de la plus idiote des ruses pour échapper à sa sentence… (puis, s’adressant à Ally et Hermione :) Ca suffit pour ce soir, mais vous continuerez votre retenue dès demain. Miss Stanford, sachez que je suis déçu par votre comportement et que si vous recommencé ce genre de comédie, j’enlèverais 10 point à Serpentard.

Ally ne comprenait rien de ce qui se passait et restait plantée là, jusqu’à ce qu’Hermione l’entraîne par le bras hors du cachot, l’obligeant à détacher ses yeux du professeur Rogue et de son interlocuteur.

-                      Qu’est-ce que tu as ? demanda Hermione, étonnée par le comportement de la jeune Serpentard.

-                      Qu’est-ce j’ai moi ?! C’est la meilleure ça ?! s’exclama Ally, au bord de la crise de nerfs.  Tout à l’heure tu ne bougeait plus, inconsciente, et quand je reviens tu discute joyeusement avec ton ravisseur comme si de rien n’était !

-                      Mais qu’est-ce que tu raconte ?

-                      Tu va pas me dire que tu ne l’as pas vu entrer et me menacé comme un bandit, si ?

-                      Non. Ce que j’ai vu moi, c’est que tu es allée voir ce qu’il y avait derrière la porte et quand tu as vu le Professeur Tyler tu es partie en courant !

-                      Quoi ?! Tu te fous de moi j’espère !

-                      Non ! Mais qu’est-ce que tu as enfin ?

-                      Attends… tu as dit : le PROFESSEUR TYLER ?

-                      Oui pourquoi ? C’est notre nouveau professeur de Défenses Contre les Forces du Mal….

-                      Quoi ?!! C’est pas possible !

-                      Mais est-ce que tu va enfin me dire ce qui se passe ?

Mais Ally ne répondit pas et continua de marcher vers l’escalier qui menait aux couloirs principaux de Poudlard. Hermione l’attrapa par le poignet :

-                      Mais enfin Ally ! Explique-toi ! Si tu veux que je te crois, il faudrait peut-être que tu m’explique ce qui se passe, non ?

Ally réfléchi un instant puis consentit enfin à se calmer pour expliquer les fait à Hermione :

-                      Ce n’est pas un professeur… je le connais. Je l’ai rencontré il y a trois ans en Amérique. C’est un Mage Noir très puissant.

Hermione se mit alors à rire, rendant Ally encore plus déterminée à la convaincre :

-                      Crois-moi s’il te plait. Il est très dangereux. Il t’a ensorcelé, pour que tu le croies. C’est ce qu’il avait fait avec moi, il m’avait convaincu que le monde entier était contre moi pour que je vienne à ces cotés.

Hermione riait toujours, mais elle reprit son sérieux face à l’insistance d’Ally et concéda :

-                      D’accord. Admettons que ce que tu dis est vrai. Que fait-il ici, à Poudlard ?

-                      Je n’en sait rien, avoua Ally. Il veut sans doute récupérer tous ses pouvoirs.

-                      Il ne les as  plus ?

-                      C’est compliqué… en fait, comme j’étais plus ou moins alliée avec lui, il a partagé ses pouvoirs avec moi et quand je l’est détruit, il ne lui restait plus que la moitié de ses pouvoirs….

-                      Tu l’as détruit ? Pourquoi est-il là alors ?

-                      …. Je n’en sais rien… il est puissant je te dit… il a dut ressusciter ou autre chose…

-                      Ressusciter ?…C’est l’histoire la plus pathétique que j’ai jamais entendue, conclut Hermione en foudroyant la jeune fille du regard. Tu n’es pas obligée d’inventé n’importe quoi pour qu’on s’intéresse à toi tu sais…

-                      S’il te plait Granger, crois-moi… supplia Ally.

-                      J’en ai marre de tes histoires alors je vais me coucher. Excuse-moi… et essaie de te calmer ou je crois que notre prochaine retenue ensemble risque de mal tourner… Bonne nuit..

Et Hermione s’en alla vers la tour de Gryffondor, laissant Ally seule au milieu des couloirs. Elle était terrifié du retour d’Ethan Tyler, son ancien petit ami et, accessoirement, un des plus prometteurs mages noirs du monde. Elle était encore plus effrayée du fait qu’il se soit arrangé pour être son professeur de DCFM cette année, d’autant plus que ce cours avait lieu dès le lendemain matin. Elle s’en voulait d’avoir parlé à Hermione de cela, et craignait que celle-ci n’en parle aux autres Gryffondors. **Stupide Sang de Bourbe ! Elle ne me crois même pas… **

Elle grimpa jusqu’à sa chambre, la peur au ventre, où elle ne croisa personne. Lorsqu’elle voulu aller prendre une douche, elle tomba nez à nez avec Malefoy qui, visiblement, l’avait attendu :

-                      Salut Ally ! Alors ta retenue ?

Ally ne put de retenir plus longtemps et éclata en sanglot dans les bras de Drago qui, pour une fois, ne savait pas comment réagir. Il la berça quelques instant puis la reconduisit dans sa chambre sans poser de questions et l’installa dans son lit avant qu’elle ne tombe dans un sommeil agité de cauchemars horribles…

 

 

Chapitre 3 : Premier cour de Défenses Contre les Forces du Mal

 

(Ally ne put de retenir plus longtemps et éclata en sanglot dans les bras de Drago qui, pour une fois, ne savait pas comment réagir. Il la berça quelques instant puis la reconduisit dans sa chambre sans poser de questions et l’installa dans son lit avant qu’elle ne tombe dans un sommeil agité de cauchemars horribles…)

          Ally se réveilla avec un horrible mal de crâne qui lui tambourinait violemment la tête et se trouva soulagée d’être dans son lit, bien au chaud. Elle voulut croire quelques instants que ce qui c’était passé la veille n’était que le fruit de son imagination, qu’un horrible cauchemar, mais la dure réalité vint la frapper lorsqu’elle sortit de son lit et aperçut un énorme bouquet de roses noires, accompagnées par un petit mot qu’Ally lut en le tenant d’une main tremblante :

«  En souvenir de cette soirée,

Et à notre prochaine rencontre qui arrive à grands pas.

E.J.T*. »

(Nda :* Ethan, John, Tyler) Ally commençait à sentir des larmes d’effroi monter dans ses yeux, mais elle se reprit, retrouvant son regard froid et distant, dénué d’émotions, avant de se saisir de sa baguette et de murmurer “ incendio” afin de réduire ce bouquet à l’état de souvenir. Il devint rapidement un petit tas de cendres et Ally s’habilla alors en vitesse pour rejoindre Drago dans la salle commune. Il l’y attendait déjà, plutôt inquiet de l’état de sa protégée.

-          Salut, lui dit-il doucement. Ca va ?

Ally le toisa du regard puis baissa les yeux, se rappelant soudain de s’être effondrée devant lui. Elle redouta un instant qu’il ne se moque d’elle mais, voyant son regard préoccupé, elle se décida à tenter de le convaincre. Elle le conduisit hors de la salle commune et lui expliqua sa retenue tout en marchant dans les couloirs déserts. Drago l’écoutait attentivement puis, quand elle eut fini, il lui demanda :

-          Et tu le connais ?

-          Oui…

-          Personnellement ou un peu comme Tu-Sais-Qui ?

-          Tu-Sais-Qui est célèbre, reconnu, Ethan est un jeune mage, il n’est connu que de ses alliés, peut-être même par Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom…

-          Arrêtes…tu me charrie là ? Tu veux dire qu’il est aussi puissant que Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom mais qu’aucun Auror n’est au courant de son existence ?

-          C’est à peu près ça oui…

-          A peu près ?

-          …Je ne peut pas tout te raconter mais… il lui manque une partie de ses pouvoirs et sans cette partie, il ne peut pas atteindre ses objectifs… mais il est malgré tout très puissant…

-          Ses objectifs ? Lesquels ?

-          Diriger le Monde, espèce de nigaud ! s’exclama t’elle comme s’il s’agissait d’une évidence. C’est un mage noir… tout les mages noirs veulent diriger le Monde !

-          Ah oui c’est vrai… j’avais oublié.

Ils continuèrent leur chemin dans un silence gêné mais Ally s’arrêta brusquement à quelques pas de la Grande Salle 

-          Qu’est que tu as ? demanda Drago en se retournant vers elle.

-          Je… Granger m’a dit que….

-          Tu as parlé à Granger ?! Coupa t-il, un soupçon de reproche dans la voix.

-          Oh ça va ! Commence pas ! Je suis bien obligée, je fais mes retenues avec elle !…Enfin… je disais donc que Granger m’a dit que l’Homme qui c’est introduit dans le cachot est notre nouveau prof de…

-          Oui et alors ? Tu ne la crois pas ? Si ?

-          Ben….

-          Je suis persuadé que Granger a profitée de ta panique pour te jouer un tour !

-          Oui mais Rogue avait l’air de le connaître et ça ne m’étonnerais pas du tout de la part d’Ethan…. Il a  toujours su s’infiltrer dans n’importe quel milieu…. Un vrai caméléon !

-          Peut-être, mais pour l’instant, on est sures de rien, alors évite de te tracasser, d’accord ?

Ally acquiesça et Drago reprit le chemin de la Grande Salle avant qu’elle ne l’interpelle :

-          Drago ? Tu me crois ?

-          A propos de quoi ?

-          De mon histoire sur Ethan…

-          Bien sur… je ne vois pas comment quelqu’un d’autre que Potter pourrait inventer une histoire pareille !

Rassurée de ne pas être a nouveau prise pour une folle, Ally esquissa un sourire et suivi Drago dans la Grande Salle, le ventre noué par l’angoisse. A la table des professeurs, il ne restait plus que McGonagall et Bibine qui mangeaient en silence. Ally fut ainsi quelque peu soulagée et prit son petit déjeuné avec le autres Serpentards. Elle croisa un instant le regard accusateur d’Hermione mais n’y fit guère attention, préoccupée à l’idée d’aller en cours de DCFM (Défenses Contre les Forces du Mal)

 

L’heure tant redoutée arriva malgré tout et elle du suivre Drago à contre cœur jusqu’au 1er étage où se trouvait la salle de classe. Il s’agissait d’un cours commun avec les Poufsouffles, et ils se rangèrent donc tous en rang face à la porte, s’agitant et pronostiquant la futur durée de vie le leur nouveau professeur de DCFM. Depuis des années, des professeurs se succédaient à ce poste les uns après les autres mais aucun ne restait plus d’un an, pour des raisons inconnues et peut-être effrayés par l’attitude méprisante de Severus Rogue qui convoitait ce poste depuis des années.

Ally attendait avec les autres, le ventre noué et appuyée contre le mur, de peur que ses jambes ne se dérobent sous elle à cause de l’angoisse. La salle de classe s’ouvrit brusquement mais personne ne se trouvait à l’intérieur. Les élèves n’osaient pas entrer quand une voix venant de nul part les fit sursauter :

-          Entrez je vous prie.

Ally se figea au son de cette voix qu’elle connaissait si  bien. Elle était devenue livide et ses jambes refusaient catégoriquement de bouger, malgré l’insistance de Drago. Tous les autres s’étaient installés et le professeur Tyler fit bientôt son apparition au milieu des chuchotements et des gloussements des jeunes élèves. Il semblait chercher quelque chose ou quelqu’un du regard puis  se figea, apercevant finalement ce qu’il cherchait :

-          Il y a un problème Mlle ? demanda t-il à l’adresse d’Ally avec un sourire indéfinissable.

Tout les yeux se tournèrent vers elle, la fixant, immobile dans l’embrasure de la porte et livide comme un cadavre. Elle était figée par la terreur et Drago se tenait à coté d’elle, priant pour que son attitude ne lui retombe par dessus par la suite.

-          Mlle ? reprit le « professeur » d’une voix doucereuse. Entrez s’il vous plait.

Ally reprit finalement des esprits et avança à grand peine jusqu’à la table la plus au fond de la salle où elle s’installa avec Drago.

-          Qu’est-ce qui t’as prit ? Lui murmura Drago à l’oreille alors que le professeur écrivait son nom au tableau : ETHAN TYLER.

-          C’est… c’est lui…

-          Lui ? Le mage ? Il est bien trop jeune !

Ally se découragea. Il ne la croyait donc pas lui non plus. Elle se referma et ne desserra pas les dents du cours, tandis que le professeur Tyler expliquait ce qu’ils étudieraient cette année :

-          Cette année est déterminante pour vous. Si vous ne savez pas vous défendre, nul ne peut garantir votre durée de vie sur cette Terre.  L’environnement dans lequel vous évolués est hostile, il faut que vous en preniez conscience. C’est justement l’objectif de votre dernière année à Poudlard. Je vais vous apprendre à repérer les traîtres, a déceler les pièges et à les retourner contre vos attaquants. Dans ce cours, ni ailleurs d’ailleurs, ne vous fiez à personne, pas même à vos amis. Ce sont d’eux dont vous devez vous méfier par dessus tout : ils vous connaissent mieux que personne et à votre âge, il est aisé de vous corrompre avec de belles promesses d’argent ou de pouvoir. Prenez garde.

Dans la classe, tout le monde l’écoutait attentivement, personne ne parlait, comme s’il les avait envoûtés par le simple son de sa voix.  Ally semblait elle aussi sous le charme mais elle reprit rapidement ses esprits, réalisant que son nouveau professeur avait un pouvoir de persuasion étonnant. Les autres se reprirent eux aussi et le professeur commença enfin son cours :

-          Bon ! s’exclama t-il joyeusement. Finis les longs discours à la Dumbledore, il est temps de commencer. Prenez donc vos manuels au chapitre 1 : Histoire de la DCFM

Durant l’heure, Tyler leur raconta comment était venu l’idée d’un cours de DCFM. Ce cours aurait été incroyablement ennuyeux si l’on avait pas constaté la « malchance » permanente dont avait fait les frais chaque magicien ayant voulu enseigner cette matière partout dans le monde. Il n’y avait pas qu’à Poudlard que les professeurs se succédaient à la vitesse lumière et ainsi, il ne restait plus que quatre écoles qui enseignaient cette matière, Poudlard compris.

Les élèves étaient pendus aux lèvres de leur professeur et quand la fin du cours sonna, ils mirent plusieurs instants à s’en rendre compte et à sortir dans les couloirs où les commentaires enthousiastes fusaient de tous côtés :

-          Il a l’air vachement sympa ! Disaient certains.

-          Houai il a l’air compétent, disaient d’autres.

-          Ce qu’il est séduisant ! Gloussaient certaines.

 

Ally commençait à en avoir par-dessus la tête de ces commentaires, d’autant plus que Drago s’y mettait lui aussi, oubliant ce que son amie lui avait dit auparavant. Elle l’entraîna dans les couloirs jusqu’à la salle commune des Serpentards où elle le força ç s’asseoir sur un sofa :

-          Tu ne me crois plus, c’est ça ?

-          C’est vrai que j’ai un peu de mal à croire que Tyler soit un mage noir. Il a l’air plutôt sympa !

-          Bien sur qu’il en a l’air, c’est pour ça qu’il m’a eut ! s’exclama t-elle.

-          Qu’il t’a eu ? Comment ça ?

-          Avec ses airs d’ange ou de bon copain, il est le champion de la persuasion ! Y’avait qu’à vous regarder, vous baviez tous devant lui ! En plus, il sait manipuler son aura pour convaincre les gens… rien de plus simple pour lui de paraître sympa !

-          C’est bon ! Calme toi !… C’est bien joli tout ce que tu me dit mais est-ce que tu as au moins des preuves de ce que tu raconte ?

-          Des preuves ? Tu veut des preuves ?… Attends moi ici.

Et elle partit en vitesse vers sa chambre pour revenir quelques minutes plus tard avec un paquet de photos entre les mains qu’elle lui jeta à la figure :

-          Tu voulais des preuves ? Te voilà servit !

Drago les examina attentivement : chacune d’elles représentaient Ally avec un jeune homme ressemblant de très près au nouvel enseignant de Poudlard. Ally et lui au bord d’un lac, Ally et lui enlacés dans un fauteuil, Ally et lui dansant ensemble, Ally et lui, Ally et lui…. Tant de preuves que Drago ne voulaient pas accepter, partagé entre la jalousie de voir Ally avec un autre, le désir que Tyler soit un super prof et la crainte de l’attaque d’un nouveau mage noir.

Ally attendait sa réaction, craignant soudain d’avoir agit avec trop d’empressement. Puis, après un instant de réflexion, Drago lui rendit ses photos et continua :

-          Ok, je veut bien te croire mais qu’est-ce que tu compte faire ?

-          J’en sais rien, mais je sais qu’il faut l’empêcher de récupérer ses pouvoirs…

-          Et de te faire du mal…

-          Ca va ensemble.

-          Comment ça ?

-          Euh… comment t’expliquer… pour résumer, il a besoin de moi pour récupérer ses pouvoirs.

-          Pourquoi ?

-          Je ne peut pas t’en dire plus pour l’instant mais fais moi confiance… par contre, à seulement deux contre lui, on a pas beaucoup de chances…

-          On arrivera à persuader personne puisqu’il sait si bien manipuler les autres…. Peut-être les professeurs… Rogue ?

-          Il me déteste !

-          Bien sur que non ! Jamais Rogue ne pourrait détester une Serpentard ! Et puis, je crois qu’il m’aime bien.

Drago avait dit cela avec une pointe de fierté dans la voix qui fit sourire Ally.

-          Ok, acquiesça t-elle. On essaiera, en tout cas, j’ai une retenue ce soir… je peut peut-être convaincre Granger.

-          Ne perds pas ton temps avec elle… elle n’en vaut pas la peine… parle lui si tu  veut mais méfie toit quand même.

 

Sur ce, Ils allèrent déjeuner dans la Grande Salle, Ally faisant de son mieux pour éviter le regard inquisiteur d’Ethan. L’après midi, ils eurent cour de botanique avec les Serdaigles, un cours qu’Ally apprécia tout particulièrement, même si récolter de la bave de Cactilimacum n’était pas la plus agréable des activités.

L’heure de retenue arriva ainsi beaucoup plus vite que prévue et elle du se diriger vers les cachots dès 20 Heures. Elle y arriva la première et resta bêtement plantée à l’entrée, fixant le professeur Rogue assis à son bureau, occupé à corriger des copies.  Elle ne savait pas quoi faire mais son estomac se chargea de signaler sa présence en grondant fortement :

-          Ah ! Vous voilà Miss Stanford ! Lança Rogue en levant la tête vers elle. Entrez.

Ally s’exécuta et vint poser ses affaires sur une table devant le bureau. Elle hésitait : devait-elle parler d’Ethan à Rogue comme l’avait suggérer Drago ou bien devait-elle se taire ? Mais Rogue remarqua qu’elle voulait lui parler :

-          Y’a t’il un problèmes Miss Stanford ?

Ally se décida enfin à tenter le coup, avant qu’Hermione n’arrive.

-          Professeur Rogue ?… Je me demandais… voilà : Drago et moi, on se pose des questions à propos du professeur Tyler… il me semble le connaître, l’avoir déjà rencontrer aux Etats Unis.

-          C’est fort possible… le professeur Tyler à beaucoup voyagé à travers le Monde…

-          Oui mais… pas en tant que professeur…

-          …continuez Miss Stanford…

-          Je pense que…

Ally ne put continuer car Hermione arrivait dans la salle. Ally allait la rejoindre pour faire sa retenue quand Rogue l’interpella doucement :

-          Ally ? Vous viendrez me voir dans mon bureau après votre retenue. Nous avons à parler je crois ;

Ally acquiesça et rejoindre Hermione qui nettoyé déjà le mur. Elles ne se parlèrent pas, Ally étant bien trop préoccupée par ses pensées : **Il m’a appelé Ally ? Est-ce que j’ai rêvé ou il ne m’a pas appelé par mon prénom ? Il a du se tromper, c’est tout… Qu’est-ce que je vais bien pouvoir lui dire dans son bureau…. Je peut quand même pas tout lui raconter ?… son bureau ? Au mon Dieu je vais aller dans son bureau !!!… Calme toi Ally, relax !**

L’heure de retenue lui parut une éternité et elle jetait parfois des regards à son professeur, absorbé par la correction de ses copies. Au bout d’un moment, elle l’entendit soupirer et lorsqu’elle se tourna vers lui, elle le vit qui se tenait la tête entre les mains, comme pour chasser une image déplaisante de sa tête. Elle le vit ensuite sortir une petite clé de sa poche et ouvrir un tiroir scellé de son bureau, pour en extraire de mystérieux parchemins qu’il se mit à lire silencieusement, avant de les ranger soigneusement et de refermer le tiroir à clés. Ally moirait d’envie de savoir ce que contenait ce tiroir et elle se jura en elle-même qu’elle découvrirait ce mystère, quitte à passer sa septième année d’études en retenue avec Granger.

Cette retenue eut finalement une fin et lorsqu’ Hermione eut quitté le cachot, Rogue se leva de son bureau :

-          Bien, à nous Miss Stanford, dit-il en rangeant ses copies.

Ils sortirent du cachot, et après qu’il eut fermé la porte, elle le suivit dans les couloirs jusqu’aux cachots des Serpentards et enfin, jusque dans le bureau de Rogue.  Ally avait le palpitant à 240 tandis qu’ils s’arrêtaient devant une lourde porte de chêne brun qui se mit à coulisser lorsque Rogue inséra la clé dans la serrure. Il ouvrit en grand la porte et invita son élève à entrer :

-                      Entrez Ally. Il est temps de parler.

 

 

Chapitre 4 : Premières preuves

 

PDV Rogue

 

Ally obéit timidement et s’installa avec une visible appréhension sur le vieux fauteuil rapiécé placé en face du bureau de Rogue.  Celui-ci referma la porte en poussant un soupir, empêchant ainsi Ally d’entendre le déclic du verrou.  A peine s’était il assis face à elle qu’il se demandait déjà pourquoi il avait laissé entrer une gamine dans son bureau, et encore pourquoi il avait verrouillé la porte. Depuis son arrivée, cette jeune fille l’intriguait et il se méfiait d’elle, encore plus qu’à l’ordinaire. Avait-il peur d’elle ou bien de voir débarqué Tyler dans son bureau ? «  Non, ridicule, pensa-t-il » Aussi étrange que cet homme puisse paraître à ses yeux, aucune de ses actions ou de ses attitudes ne laissait penser qu’il était un traître ou un ennemi. Malgré tout, Rogue ne l’aimait pas du tout, mais, après tout, jamais il n’avait put apprécié un professeur de DCFM alors pourquoi aurait-il apprécié celui là ? Il ne pouvait toutefois s’empêcher de lier le début des évènements très étranges à Poudlard avec l’arrivée de Tyler et Stanford. Il était persuadé que ces méfaits idiots et insensés avaient un rapport avec ces deux nouveaux arrivants… mais lequel des deux ?

Mais pour le moment, il devait essayer de tirer le plus d’informations possible d’Ally et pour cela, il devrait faire preuve de patience… chose extrêmement difficile pour le maître des Potions ! Il se pencha lentement sur son bureau et sortit une plume à papottes de son tiroir et la posa sur un parchemin jauni au milieu d’innombrables alambics et fioles de potion posées en vrac sur le bureau au bois rongé par l’acide. Il se recula dans son fauteuil et joignit les bras sur son torse, se tenant droit et imposant, avant d’engager finalement la conversation d’une voix traînante :

-                      Bien, Miss Stanford. J’aimerais que vous répétiez clairement ce que vous m’avez dits tout a l’heure, et dans les détails s’il vous plait.

Il regrettait déjà son ton froid, de peur d’effrayer encore plus Ally et de la dissuader de se confier. Il reprit plus calmement, d’une voix qu’il voulait plus encourageante mais qui sonnait horriblement fausse et moqueuse aux oreilles d’Ally.

-                      S’il vous plait mademoiselle….

Ally hésita puis commença, d’une voix timide et tremblante :

-                      Oui…euh…eh ben… euh… je crois euh… enfin je suis presque sûre que… (elle prit son souffle un grand coup et reprit d’une haute et intelligible voix :) le professeur Tyler est un mage noir.

-                      Un mage noir, répéta Severus d’une vois monotone sans quitter son expression indifférente alors que son subconscient s’étranglait, partager entre le rire et la surprise. Et qu’est ce qui vous fait croire cela Ally, reprit-il en insistant bien sur le prénom de son élève.

Ally s’arrêta, visiblement troublée par le brusque usage de son prénom et Rogue se demanda un instant ce qu’il lui avait pris de dire cela : «  Mon Dieu cette gamine a l’air terrifiée ! Pourquoi ? J’essaie juste de la mettre à l’aide pour la rendre plus apte aux aveux… Bon d’accord c’est une nouvelle technique que je n’ai jamais employée mais… Je n’ai pas le droit d’être gentil pour une fois ?… On a peut-être pas la même vision du mot gentil apparemment… » Il se mit a la détaillé silencieusement, amplifiant inconsciemment la gêne d’Ally.

«  Joli visage, jolis yeux, jolis cheveux… elle aurait suffisamment de potentiel d’espionne pour un mage noir… mais elle semble trop sauvage et apeurée pour ça… on peut lire la peur dans ses yeux… Quel âge a-t-elle ? Dix sept? Dix huit ? Elle pourrait facilement en paraître dix neuf voir même vingt… assez mûre pour son age, oui assez mure pour avoir choisi un camp… assez mûre pour accomplir une mission pour un camp… assez mûre pour… » Il interrompit ses pensées, réalisant enfin que son regard frôlait les limites de l’indécence et que la jeune fille rougissait fortement.

-                      Alors Miss Stanford ? Je vous écoute

-                      Et bien… en fait je ne crois pas que ce soit une bonne idée d’en parler…

-                      Ecoutez Miss Stanford… vous en avez à la fois trop dit et pas assez…vous en avez trop dit pour que je ne vous écoute pas et vous n’en avez pas assez dit pour que je vous laisse tranquille. Si vous ne m’en parlez pas, je préviens le professeur Dumbledore et le professeur Tyler sera sans doute avertit de vos dires…

-                      C’est bon, c’est bon… en fait… lorsque j’étais en Californie, j’ai rencontré un jeune sorcier qui semblait comme fasciné par la magie noire et la pratiquait couramment. Il m’a appris les bases et petit a petit, il a réuni autour de lui de nombreux amis et c’est constitué une sorte d’armée, un clan. Il l’a baptisé « La cavalerie d’Angmar » et en tant que leader, il se faisait surnommé «  Angmar ». Mais son vrai prénom était Ethan.

Elle s’arrêta, attendant la réaction de son professeur. Il la fixait, partagé entre l’envie de se moquer d’un esprit si créatif, la méfiance et la tentation de croire à cette histoire absurde. Il ne bougea pas avant de demander d’une voix faussement calme :

-                      Bien. Avez vous des preuves ?

-                      Des preuves… je… enfin… je pensais que vous me croiriez…

-                      Et pourquoi devrais-je vous croire Miss Stanford ? Je ne connais rien de vous, à part que vous venez d’arriver et que vous avez déjà réussi à faire perdre 300 points à Serpentard et à récolter une retenue. Tout ce que je sais c’est que depuis que vous êtes arrivés, vous et Mr Tyler, des choses étranges se produisent et jamais il n’y a eu autant de bagarres dans l’enceinte de cet établissement. Je ne dis pas que cela vient de vous mais je pourrais très bien le penser, et je ne suis pas le seul. La question est : êtes vous là pour vous payer ma tête ou pour me prévenir ? Pourquoi êtes vous venue me voir moi ?

-                      Et bien en fait… Drago ma conseillé de venir vous voir et…

-                      Mr Malefoy vous soutient ? Bien que j’apprécie beaucoup  le jeune Malefoy comme étant un de nos meilleurs Serpentard, je ne pense pas que sa compagnie ne vous soit d’un réel appui envers moi ou aucun autre professeur. Drago est réputé pour avoir créé pas mal de problèmes et je ne serais pas étonné qu’il prépare un mauvais coup à nouveau.

-                      Attendez je…

-                      Ecoutez-moi Ally : je ne suis pas patient, je ne suis pas gentil et je n’ai pas de temps a perdre avec les simagrées des nouveaux venus.  Vous savez sans doute que Mr Malefoy adore être entouré et qu’il sait parfaitement dire ce qu’il faut quand il faut pour obtenir ce qu’il veut des gens, et plus particulièrement des filles, vous me comprenez ? Son nom n’est donc aucunement un « pass » auprès de moi, quoi qu’il puisse en dire. Il est également inutile de me cirer les pompes pour sympathiser… je ne mange pas de ce pain là et je suis pas totalement idiot.

-                      Mais je ne voulais pas…

-                      Je n’ai pas fini Miss Stanford ! reprit-il  en se levant et en parlant d’un ton de plus en plus sec. Si cette histoire est une nouvelle invention destinée à faire parler de vous, je vous conseille d’arrêter maintenant avant que je ne perde patience.

Il se tut, laissant Ally réfléchir et ne s’attendant certainement pas à ce qu’elle se lève à son tour et à ce qu’elle réplique aussi vite et sur un tel ton :

-                      Ecoutez à votre tour, MONSIEUR Rogue, commença t-elle d’une voix forte et autoritaire. Si vous pensez que je ‘ai que ça à faire que de m’attirer des ennuis, vous trompez ! Qu’est que vous croyez ? J’aimerais bien moi, savoir m’adapter, me faire plein de nouveaux amis et m’intégrer. J’aimerais bien moi, pouvoir oublier la mort de mes parents ici, avec des amis, sans avoir à me soucier si on va vouloir me faire du mal ou me tuer ! Je n’ai aucune intention de me moquer de vous et de me faire remarquer. Je l’ai trop fait par le passé et je suis trop bien placée pour savoir que ça n’est pas une bonne chose. Si je ne pensais pas que cette histoire était importante je ne serais pas venue vous en parlez au risque de me faire traiter de folle comme vous venez de le faire (elle parlait de plus en plus fort, la colère et les larmes montant de plus en plus dans ses yeux) Je suis bien placée pour penser qu’Ethan prépare quelque chose qui pourrait nuire à Poudlard, voir même au-delà. Il est très dangereux et vous n’avez même pas idée de l’entendue de ses pouvoirs, de ce qu’il est capable de faire, vous n’êtes qu’un…

-                      Miss Stanford calmez vous ! ordonna t-il en essayant de cacher la confusion qui régnait dans sa tête et en se dirigeant vers elle.

-                      Vous n’avez aucune idée de ce qu’il m’a fait et de ce qu’il menace de me faire ! (les larmes inondaient désormais son visage et elle tremblait de tout son corps. Elle essayait maintenant d’ouvrir la porte, mais en vain) Pourquoi avez-vous fermé ?!! Laissez moi sortir !!!

Rogue l’attrapa par les poignet, la tenant si fermement qu’elle ne pouvait plus bouger comme elle le voulait. Il chercha son regard avant de reprendre d’une voix clame qui se voulait rassurante :

-                      Miss Stanford… je vous prie de vous calmer et de cesser de m’insulter afin que l’on puisse éclaircir cette histoire sans incident malheureux. De toute évidence, ou vous êtes une excellente actrice, ou vous croyez dur comme fer à votre récit. Si vous vous asseyez, je vous promets de faire un effort et de vous aider.

Il lui lâcha les poignets et elle sécha ses larmes, avant de retourner s’asseoir dans son fauteuil. Il ne la quittait pas des yeux, cherchant dans son regard le moindre signe de comédie. Mais il n’y voyait que de la tristesse et de la peur. «  Cette fille n’est peut-être pas si folle, pensa t-il. Ca vaut peut-être le coup de prendre en compte ce qu’elle dit ». Il vint s’asseoir face à elle sur le bureau et lui parla doucement, tel qu’il ne c’étai jamais adressé à une élève :

-                      Ecoutez. Je ne dis pas que je vous crois sur parole, mais je ne dis pas que je vous prends pour une fabulatrice. Pour vous croire, j’ai besoin de preuves, et pour avoir des preuves, il va falloir mener une sorte d’enquête sur Mr Tyler. Cela peu se faire non seulement de mon côté mais aussi du votre… DISCRETEMENT, et avec Mr Malefoy à la rigueur qui sera, je suis sur, ravi de vous apporter ses connaissances en matière d’espionnage… il a, paraît-il, beaucoup de pratique en ce qui concerne la surveillance des vestiaires des filles… (Ally esquissa un sourire et Rogue termina :) Vous tacherez de me trouver des preuves à vos spéculations et on verra par la suite, d’accord ?

Ally hocha finalement la tête, n’en croyant pas ses oreilles. Elle le regardait avec des yeux ronds alors qu’il ouvrait la porte d’un coup de baguette magique. Elle lui fit un signe de tête en guise d’au revoir et quitta les cachots à grands pas, sous les yeux étonnées des quelques Serpentard qui traînaient par là. Rogue la regarda s’éloigner puis referma sa porte pour retourner s’installer devant son plan de travail, ses pensées bouillonnant fortement dans sa tête.

 

«  Pourquoi ferais-je confiance à cette enfant ? Après tout, elle n’est rien de plus qu’une nouvelle recrue de ce vieux fou de Dumbledore ! Peut-être est-elle aussi mesquine que Potter… elle semble d’ailleurs s’entendre a merveille avec ce petit prétentieux…Enfin ! Ce Tyler ne m’inspire guère confiance et un prof de DCFM en moins, ça ne peut pas faire de mal ! Maintenant, il me reste à trouver un moyen d’avoir des informations… si Dumbledore en avait, il ne l’aurait pas engagé et je ne vois pas une meilleure solution d’en savoir plus sur Tyler qu’en allant voir ce qui ce cache dans ses appartements… mais comment ? »

Après plus d’une heure de mise au point, il était parvenu à mettre un plan sur pieds qui lui permettait d’investir les lieux sans être repéré. Mais pour cela, il avait besoin d’Ally, elle devrait créer diversion….

 

                                                                    ******************************

PDV Ally

Ally repartit vers sa chambre avec appréhension. Elle se demandait si elle avait vraiment fait le bon choix en allant parler à Rogue. Peut-être allait-il prévenir Tyler ? C’est don avec un nœud au ventre qu’elle rentra dans la salle commune de Serpentard où Drago l’attendait. Elle lui raconta son entrevue et il s’indigna un peu quand à ce que Rogue lui avait dit, non sans rassurer Ally, lui assurant que Rogue n’était pas du genre à dénoncer un Serpentard. Elle alla se coucher et s’endormit bien tard dans un sommeil agité, entre rêves et cauchemars…

 

Lorsqu’elle descendit le matin dans la salle commune, elle eut la surprise d’apprendre par Hermione que leur retenue avait été levée et que Rogue l’avait convoqué ce matin même avant les cours. Elle mangea en vitesse et se rendit dès qu’elle le put aux cachots où Rogue l’attendait pour une petite mise au point.

 

Elle arriva tout juste à l’heure devant la salle de métamorphose pour un cours commun avec les Gryffondor et fila directement vers Harry, sans s’arrêter devant Drago qui semblait vouloir lui parler.

-                      Harry ? Ca te dérange si je me mets à côté de toi en cours ?

-                      Euh … ben en fait je suis avec Mione normalement…

-                      S’il te plait ! J’en ai vraiment assez de Malefoy  et tu est la seule personne que je connaisse qui ne veuille pas me jouer de tour..

Elle usait de tout son charme, jouant d’un regard suppliant et d’un sourire à faire fondre un radiateur, si bien qu’Harry ne put qu’acquiescer, déclenchant les protestations d’Hermione et Ron :

-                      Enfin Harry ! commença Ron. C’est une Serpentard !

-                      Et alors ? lui rétorqua Ally. T’as peur que je te le viole ton Harry ?

Ron ne put répondre car les élèves commençaient à entrer et Ally entraînait déjà Harry dans la salle. Ils s’installèrent au fond sous les regards jaloux d’Hermione et de Malefoy, qui n’appréciait visiblement pas l’attitude d’Ally. Elle déployait toutes ses armes pour charmer Harry et y arrivait visiblement très bien, à en juger par les bégayements et la rougeur du Gryffondor. Quand elle vit enfin le moment idéal arrivé, elle tenta la deuxième phase de son plan, la première consistant à isoler Harry de ses amis.

-                      Dis-moi… chuchota t-elle. J’ai entendu dire que tu avais pas mal d’expérience dans « le non respect du règlement »…

-                      Oui… c’est vrai mais… pourquoi tu demande ça ?

-                      Je sais pas, je trouve ça vachement courageux moi… tu as risqué plusieurs fois l’expulsion en te baladant dans Poudlard la nuit a ce qu’on m’a dit…

-                      Oui enfin je…

-                      Mais comment tu as fait pour ne pas te faire repérer ?

-                     

-                      Parce qu’en fait j’aurais besoin de ton aide… Rogue m’a confisqué quelque chose qui me tient beaucoup a cœur et j’ai vraiment besoin de le récupérer… tu pourrais peut-être m’aider ?

Harry esquissa un sourire et répondit discrètement :

-                      A la fin du cours, viens avec moi… j’ai quelques choses qui pourraient t’intéresser…

Ally n’insista pas, trop contente de voir son plan aboutir, et attendit calmement la fin du cours. Ils partirent tout les deux en vitesse à la fin du cours sans voir les protestations de leurs amis et Harry la conduisit jusqu’à la tour de Gryffondor :

-                      Attends moi. Je reviens de suite.

 

Il revint quelques minutes plus tard avec un sac à dos et ils sortirent ensemble dans le parc, pour se mettre à l’abri des regards. Harry déballa son sac et en sortit une cape et un morceau de parchemin. Ally s’extasiait devant la cape avant de demander :

-                      houa ! C’est une cape d’invisibilité ? Où tu la eu ?

-                      C’est mon père qui me la léguée.

-                      Cool, et ça ? c’est quoi ? demanda t-elle en désignant le parchemin.

-                      Ca c’est la « Carte des Maraudeurs ». Elle permet de voir qui est dans l’enceinte de Poudlard et où sont les passages secrets. Pour la faire marcher tu dit « Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises » et pour rendre le parchemin vierge tu agite ta baguette en disant « Méfait accomplit ! ».

-                      Génial ! Ca va beaucoup m’aider merci ! Merci beaucoup je… comment est-ce que je peut te remercier ?

Pour toute réponse, Harry se pencha vers elle pour l’embrasser mais elle tourna habilement la tête pour recevoir ses lèvres sur sa joue. Elle se leva et repartit, non sans avoir adressé un sourire chaleureux au Gryffondor qui essayait de se remettre de ses émotions.

 

 Elle fila sur le champs vers sa chambre où Drago l’attendait, la faisant sursauté :

-                      Alors ? Comment va Potter ?

-                      Très bien pourquoi ?

-                      Il embrasse bien ?

-                      Je sais pas on en est pas encore là tu sais !

Drago la regardait avec fureur et Ally éclata de rire, comprenant la jalousie de Drago :

-                      Enfin Drago ! Tu ne crois tout de même pas que je vais sortir avec lui ?

-                      C’est pourtant l’impression que tu nous as donné tout à l’heure !

-                      C’était juste pour obtenir ce que je voulais de lui ! Regarde !

Elle lui tendit le sac et il l’ouvrit :

-                      La fameuse cape d’invisibilité de Potter ! Comment t’as fait ?

-                      Ca c’est ce qu’on appelle faire du charme ! Il paraît d’ailleurs que c’est avec ce genre de charme que tu t’es tapé la moitié des filles de Serpentard !

-                      Arrête je suis trop modeste !

Ally éclata à nouveau de rire puis reprit :

-                      Enfin voilà ! J’ai réussit ma première mission et il faut que j’apporte ça à Rogue pour qu’il me donne ma seconde mission… à tout à l’heure !

Elle repartit aussi vite qu’elle était venue, laissant un Drago soulagé de ce qu’il venait d’apprendre.

 

Ally ne parut pas pendant le déjeuner puis revint enfin pour le cours de DCFM où elle s’installa comme d’habitude au fond de la classe avec Drago. Elle prit soin de faire bonne figure devant Tyler, cachant sa gêne et son appréhension pendant près de deux heures. Elle regardait sa montre presque à chaque minute et, quelques minutes avant la sonnerie, elle se prépara à mettre en pratique sa seconde mission. Elle sortit une petite fiole de potion de sa trousse et la débouchonna discrètement, avant d’en avaler le contenu d’une traite. Elle ne sentit d’abord rien puis la réaction attendue commença à pointer le bout de son nez, créant une sensation désagréable au creux de son estomac. Elle commença à tousser fortement, attirant immédiatement l’attention  de toute la classe et de celle du professeur. Elle se pliait, alors qu’elle n’avait pas réellement mal, juste pour authentifier la « scène » et la rendre plus crédible. Sans prévenir, elle sentit son estomac se retourner comme un gant de toilette et elle se mit à vomir, engendrant une réaction quasi instantanée de Tyler qui se précipita vers elle, paniquant :

-                      Mr Potter ! Partez prévenir Mme Pomfresh que je lui emmène une élève ; Dépêchez-vous !

Ally avait envie de rire mais elle ne pouvait pas, sa bouche contractée par les effusions de nourritures et de sang.

La sonnerie retentit et Ally s’évanouie, oubliant la panique qui régnait autour d’elle.

 

PDV Rogue :

Lorsque la sonnerie retentie, Rogue avait déjà renvoyé tous ses élèves et fila rapidement en direction des étages, vers les appartements de Tyler. Il passa devant la salle de DCFM et, y constatant la panique qui y régnait, en conclu qu’Ally avait réussi sa mission. «  Impressionnante cette gamine ».

Il ne prit pas le temps de s’arrêter et monta jusqu’ai 3ème étage où se trouvait les appartements de Tyler. Il s’arrêta devant une statue de vieux sorcier et, sous les conseils d’Ally, récita plusieurs mots de passe susceptibles d’être les bons. La gargouille glissa finalement avec le mot «  Angmar » et Rogue eu un pincement dans l’estomac face à une première preuve des dires de son élève.  Il pénétra dans la chambre, à première vue normale, où les vêtements s’entassaient sur le lit et où les livres s’éparpillaient dans toute la pièce. Quelques photos représentant une vielle dame et un enfant ornaient les meubles mais rien de suspect n’attirait l’attention du maître des potions. Rien, sauf un mur, sur lequel une fissure incroyablement nette semblait se détacher. Pas de doute, il s’agissait là d’une pièce secrète, verrouillée par un sort, bien sure. Il essaya de pousser, le plus fort possible mais rien ne semblait faire bouger la paroi de pierre.

Soudain, il entendit la statue glisser : Tyler revenait. Rogue enfila immédiatement la cape d’invisibilité et se réfugia dans un recoin de la pièce où se trouvait une sorte de placard, fermé par un voile de tissus. Il s’y précipita et arrêta de bouger puis entendit Tyler entrer. Il pouvait le voir à travers le rideau du placard. Il semblait hors de lui, plus paniqué qu’en colère ; Il semblait chercher quelques chose, retournant et cherchant partout, puis il se dirigea avec empressement vers le mur sur lequel Rogue avait repéré la fissure. Il passa ses doigts le long du mur en murmurant des paroles incompréhensibles et la porte s’ouvrit, inondant la pièce de lumière. Rogue n’y voyait plus rien mais entendit la statue glisser, signe que Tyler était partit. Il prit la Carte des Maraudeurs et s’y vit, mais aucune trace de Tyler dans les parages. Il sortit donc de sa cachette, caché sous la cape et impatient de découvrir ce qui se cachait dans cette pièce. A sa grande horreur, il y découvrit toutes sortes d’objets étranges que Rogue connaissait assez bien pour savoir qu’il s’agissait d’objets pour rituels de Magie Noire. De nombreuses plantes et créatures néfastes flottaient dans des bocaux de formoles et il régnait dans cette pièce une ambiance digne des plus grands films de sorciers des années 80. Sur les étagères, des photos d’Ally, de Tyler et d’un groupe de personnes étranges vêtus de soutanes de prêtres et portant d’horribles tatouages sur leur crânes rasés. «  Mon Dieu… ce type est cinglé… il faut prévenir Dumbledore… »

Lorsqu’il se retourna, il eut la grande frayeur de voir Tyler en face de lui, regardant fixement dans sa direction. Protégé par la cape d’invisibilité, Rogue commença à avancer doucement pour sortir mais la voix doucereuse de Tyler le stoppa :

-                      Et bien Severus ? Que me vaut l’honneur de votre visite.

 

Chapitre 5 : Premières alliances

 

(Protégé par la cape d’invisibilité, Rogue commença à avancer doucement pour sortir mais la voix doucereuse de Tyler le stoppa :

-                      Et bien Severus ? Que me vaut l’honneur de votre visite.)

 

 

Rogue ne comprenait rien. Tyler pouvait-il réellement le voir ? Apparemment oui. Il du réfléchir à grande vitesse pour savoir quoi répondre, chose qu’il n’avait pas vraiment envisagé. Ses pensées se tournèrent alors vers Ally. L’avait-elle dénoncé ? Avait-elle tout simplement échouée ? Mais il cessa de penser à cela, estimant que le moment n’était pas bien choisi. Il devait répondre. Mais quoi ?

-                      Et bien professeur Rogue ? relança Tyler. Vous savez, vous pouvez vous débarrasser de cette cape d’invisibilité, elle ne vous est d’aucune utilité ici.

Severus obéit et ôta la cape tout en restant toujours silencieux, ne sachant comment se comporter. Il se décida finalement à attaquer, ne voyant rien de plus constructif à faire.

-                      C’est étrange…comment pouvez-vous voir à travers une cape d’invisibilité ?

-                      C’est simple et extrêmement idiot, commença Tyler, comme s’ils échangeaient des souvenirs devant un café. Une expérience magique de mon adolescence qui a mal tourné. J’ai voulu réduire ma myopie et maintenant, je peux voir certaines choses invisibles à l’œil nu.

-                      Oh… souffla Rogue ne sachant quoi répondre. Et vous…

-                      Et bien ? interrompit Tyler. Je ne pense pas que vous soyez ici pour échanger des banalité n’est-ce pas Severus ? Alors dites-moi ce que vous faisiez dans mes appartements s’il vous plait.

-                      Et bien… je vous cherchais, répondit-il avec une fausse assurance.

-                      Et vous comptiez me parler avec une cape d’invisibilité sur le dos ? rétorqua Ethan avec ironie.

-                      En fait ce qui m’amène est assez personnel et je ne voulais pas que quelqu’un, professeur ou élève, n’apprenne ma venue.

-                      Personnel ? Et qu’est ce qui est si personnel que vous devez m’en parler à moi seul ?

-                      Et bien…  ** Alors là il commence à me faire chier…. Qu’est ce que je vais bien pouvoir inventer **) il s’agit de … j’aurais besoin de votre aide pour un cours.

-                      De mon aide ?

-                      Oui… je voudrais savoir quels sont les poisons les plus utilisés en DCFM car j’avoue que mes connaissances en ce sujet s’arrêtent aux pratiques d’il y a 5 ans…

-                      Oui j’ai entendu parler de cela… à ce que l’on dit, vous préféré nettement certaines  pratiques plus sombres…

-                      Qu’entendez-vous par là ?

-                      Rien… je vous répète seulement ce que l’on m’a dit à votre sujet.

-                     

-                      Enfin. Et c’est pour cela que vous ne vouliez pas être vu en ma compagnie ?

-                      Oh vous savez… j’ai une réputation à garder.

-                      Oui je vous comprends… toujours est-il que j’espère n’avoir jamais à vous reprendre ici, à vous introduire ainsi dans mes appartements… d’ailleurs, comment avez vous trouvez mon mot de passe ?

-                      Quel mot de passe ?

-                      Vous vous foutez de moi, professeur Rogue ?

-                      Pas du tout, votre porte n’était pas verrouillée, je peux vous l’assurer.

-                      Ouaih… assurez m’en… et bien, je vous le répète, je n’apprécie pas du tout votre intrusion ici et si elle venait à se reproduire, je vous assure que je n’hésiterais pas à en informer Dumbledore ou le ministère. Compris ?

Ne supportant pas d’être traité ainsi, Rogue se risqua à se défendre :

-                      Je vous prierais de vous adresser à moi d’une autre manière, professeur Tyler. Je ne suis pas un de vos élèves !

Tyler se mit à sourire, visiblement amusé de l’indignation de Rogue et s’approcha de lui d’un air menaçant jusqu’à ce qu’il soit à quelques centimètres de lui. Ethan était plus grand, plus imposant et il fixait Rogue d’un regard noir et méprisant. C’était comme si ses yeux s’étaient soudain voilés de noir.

-                      Ecoutez : je n’ai rien contre vous Severus mais si vous m’y forcé, je me devrais de vous convaincre de me laisser faire ce que j’ai à faire, car ma vie privée ne vous regarde pas. Vous comprenez ?

Rogue tentait de garder son attitude impassible alors que dans sa tête, les dires d’Ally ressurgissaient et la véritable personnalité d’Ethan Tyler se dévoilait à lui.

-                      Je vous comprends bien. Mais sachez que si je juge vos attitudes nuisibles pour les élèves je ne vous laisserais pas faire.

-                      Bien entendu.

 

Un silence s’imposa durant lequel les deux hommes se défiaient du regard puis Rogue se décida à bouger et contourna Tyler pour sortir. Tyler se retourna pour le regarder partit mais le laissa faire, le laissant partir dans un silence de plomb. Severus redescendit  les étages mais ne s’arrêta pas à son bureau, se dirigeant directement vers la salle commune de Serpentard pour trouver Ally et Drago. Ils n’y étaient pas, alors il se retourna vers la chambre d’Ally. Il les y trouva, Drago s’occupant d’Ally, toujours sous l’emprise de la potion et vomissant environ toutes les deux minutes.  Ils furent étonnés de voir le maître des potions et Ally lui demanda entre deux relents, inquiète :

-                      Alors ? Qu’est-ce qui c’est passé ?

-                      Et bien… je crois que vous avez raison Miss Stanford…

-                      Quoi ? s’exclama Drago qui aurait voulu entendre le contraire. Vous avez vu quelque chose ?

-                      J’ai vu un autel magique, des objets de rituels maléfiques, des photos enfin… des preuves…

Un lourd silence s’imposa puis Ally reprit :

-                      Et qu’est-ce qu’on va faire ?

-                      Prévenir Dumbledore… maugréa Rogue.

-                      Le vieux fou ? Ca va pas ! s’exclama à nouveau Drago.

-                      Oui, continua Ally, Ethan m’a dit qu’il c’était chargé de Dumbledore et qu’il ne me croirait jamais.

-                      Mais si on a des preuves ? suggéra Drago, oubliant son dégoût du vieux magicien.

-                      Lesquelles ? Interrompit Rogue, le regard extrêmement las.

-                      Ben … vous avez dit que vous aviez vu…

-                      On ne peut pas se baser là-dessus. L’infraction est punie et j’imagine que si Dumbledore veut fouiller les appartements, il n’y trouvera plus rien.

-                      Mais il doit bien y avoir une solution ? demanda Drago

-                      Si Dumbledore c’est fait manipuler par lui, c’est qu’il doit être très puissant, susurra Rogue perdu dans ses pensées.

-                      On a pas le choix, coupa Ally : on doit se débrouiller seuls.

-                      Pour faire quoi au juste, Miss Stanford ?

-                      Déjouer ses plans !

Après un long silence où Drago les observait, Rogue admit :

-                      D’accord mais comment ? Il se méfie de moi maintenant.

-                      Mais de moi non, Proposa Ally. Je peux servir d’appât !

-                      D’appât ? demandèrent les deux autres en chœur.

-                      Oui, je fais semblant de me rapprocher de lui, j’en apprends plus sur  ses projets et comme ça, on sera près à intervenir !

-                      Vous êtes folle Miss Stanford ! Vous risquerez gros si vous faites ça !

-                      Et alors ? De toute façon j’ai rien à perdre ! Il a besoin de moi pour ses projets et il n’hésitera pas à me tuer si je ne coopère pas !

-                      Mais allez vous enfin vous expliquer clairement ! Pourquoi a t-il besoin de vous ?

-                      Et bien… (elle semblait hésiter et profita d’un nouvel élan de son estomac pour choisir ses mots. Comme si relater ces souvenirs était bien plus douloureux que de vomir, elle commença lentement :) Quand je l’ai rencontré, il n’avait rien de dangereux, il était même charmant. Puis il m’a séduite et convaincue de rejoindre son clan. Comme je sortais avec lui, il avait confiance en moi et je suis devenue son bras droit. On a fais un rituel pour protéger ses pouvoirs : s’il les avaient gardé en intégralité, son aura aurait été repérable par n’importe quel auror et du coup, on a partagé tout les deux.

-                      Vous voulez dire que vous avez des pouvoirs de mage ?

-                      En quelques sortes oui. Mais comme je ne veut plus m’en servir, je les retient à l’aide d’un pendentif (elle désigna l’insigne chinois autour de son cou).

-                      Pourquoi tu t’en sert plus ? interrompit Drago.

-                      Des pouvoirs de mage noir, ça corrompt, c’est dangereux, c’est incontrôlable et ça rend fou. Je n’arrivais plus à me contrôler. Et je n’arrive pas à m’en débarrasser.

Un nouveau silence s’imposa puis Rogue conclut, déterminé à convaincre Ally :

-                      Je vous déconseille fortement de vous présenter comme appât. C’est très dangereux. Je trouverais une idée… Soyez patients.

Et sur ce il les laissa là, dans un silence lourd et gêné.

Ally et Drago restèrent là en silence jusqu’à ce qu’Ally se remette a vomir, brisant le silence.

-                      En tout cas on peut dire que cette potion est efficace non ?

-                      Je ne comprends pas sa réaction, commença t-elle comme si Drago n’avait rien dit.

-                      Il a raison je trouve.

-                      Quoi ?!! brusqua Ally en le foudroyant du regard.

-                      C’est vrai que c’est dangereux, Ally, tu ne peut pas sauver le Monde toute seule.

-                      Mais qui te parle de sauver le Monde ? Je veux juste avoir des informations pour pouvoir l’empêcher de faire du mal…

-                      On trouvera un autre moyen … fait confiance en Rogue, il trouvera quelque chose…

Ally ne répondit rien et avala un cachet pour dormir, en attendant que les effets de la potion s’effacent. Drago veilla sur elle jusqu’à ce qu’elle s’endorme et repartit vers son dortoir, ne sachant plus quoi penser. // Cette fille me rends dingue ! Quand je pense qu’il y a une semaine je ne pensais qu’à l’empêcher de voir Potter et que maintenant je dois veiller à ce qu’elle ne se jette pas dans la gueule d’un mage plus puissant que Voldi… Enfin, la nuit porte conseille dit-on…. Espérons qu’elle aura abandonné ses idées folles demain matin. //

 

                               Le lendemain matin, Ally ne semblait plus penser aux évènements de la veille et elle se portait pour le mieux, effaçant pour Malefoy et Rogue toute crainte de comportement dangereux envers Tyler. Durant toute la semaine elle resta sagement avec Drago, ne parlant de Tyler que modérément après les cours de DCFM durant lesquels elle faisait bonne figure, réussissant peu à peu à considérer Tyler comme un simple professeur. Lui ne la lâchait pas du regard, savourant à chaque instant le pas de plus qu’elle faisait vers lui au fur et à mesure qu’elle relâchait sa garde. Il attendait avec impatience le moment où elle franchirait la ligne qui les séparait, le moment où elle viendrait lui parler. Il n’allait d’ailleurs pas avoir à attendre longtemps.

 

-                      J’en peut plus… couina discrètement Drago à Ally, affalé sur sa table en cours d’Histoire de la Magie. S’il continu encore comme ça, je lui fait manger son bouquin, je lui fait vomir, et je lui fait remanger le tout après l’avoir fait cuire comme une omelette !

-                      Charmante vision, maugréa Ally dans le même état d’anesthésie que lui.

La fin du cours sonna enfin, annonçant par chance la fin de la semaine. Les élèves sortirent de la salle dans un brouhaha infernal et Drago prit la direction de la salle commune. Ally l’arrêta :

-                      Je viens pas avec toi faut que j’aille à la bibliothèque pour finir mon de voir de Runes.

-                      OK. Je t’attends pour le dîner ?

-                      Non ce sera pas la peine merci. A demain !

Elle le regarda s’éloigner puis prit le chemin de la bibliothèque avant de détourner son chemin vers le 1er étage, vers la salle de DCFM. Elle hésita un instant puis frappa à la porte. Après quelques instants d’attente, elle recommença mais elle n’eut aucune réponse. Ne sachant pas vraiment quoi faire, elle vagabonda dans le couloir, réfléchissant à ce qu’elle devait faire ^^ Bon sang je suis folle ! J’ai parcouru des milliers de kilomètres pour le fuir et voilà que je le cherche ! Mais il n’y a pas d’autre moyen… je doit savoir…^^

Perdue dans ses pensées, elle ne vit pas la personne arriver et la percuta de plein fouet, tombant sur le sol dans un bruit sourd. Elle ressentit une vive douleur dans sa cheville mais ce ne fut rien comparé à ce qu’elle ressentit dans son estomac en constatant qu’elle avait percuté Ethan. Il paraissait aussi étonné qu’elle de la trouver ici mais semblait vraiment ravi, à en juger par le large sourire qu’il arborait. Il se baissa pour l’aider à se relever :

-                      Est-ce que ça va ?

Ally frissonna au contact des mains d’Ethan sur sa peau et de son souffle dans son cou, ces sensations lui rappelant tellement de souvenirs, bons et mauvais.

-                      Oui merci. Je ne t’avais… ne vous avait pas vu.

-                      Tu peut me tutoyer tu sais… comme avant.

Ally rougit violemment et regarda autour d’elle, de peur que quelqu’un n’ai entendu.

-                      Tu cherchais quelque chose.

-                      Ben en fait… je te cherchais.

Un étrange sourire apparut sur le visage de l’enseignant :

-                      Moi ? Que me vaut cet honneur ?… Viens… on sera plus à l’aise pour parler dans ma salle de cours.

Il l’aida à aller jusque dans la pièce, l’installa sur le bureau et alla fermer la porte. Il revint vers elle et prit une chaise pour s’asseoir en face d’elle puis déchaussa son pieds blessé. Il examina sa cheville et commença à la masser, alors qu’ Ally ne savait plus quoi faire, troublée par l’attitude chaleureuse d’Ethan. Après quelques instants de silence, il demanda, sans lever les yeux de la cheville :

-                      Alors ? Tu voulais me parler ?

-                      Oui je… en fait, je me posait pas mal de questions et je… je pensais que tu pourrais peut-être m’aider à trouver des réponses…

-                      Bien sûr mon Ange… quel genre de questions ?

Ally s’arrêta, surprise par le brusque emploi de ce surnom, qu’elle aimait tant entendre par le passé.

-                      Des questions à propos de nous.

-                      De nous ? (Il arrêta son massage et leva son regard brillant vers elle, désormais voilé par un peu de colère :) Je croyais qu’il n’y avait plus de nous ? C’est bien ce que tu m’as dit ce soir là ? Que plus jamais tu ne voulais entendre parler de moi, que j’avais détruit ta vie et que plus jamais tu n’envisagerais de « nous » ?

-                      Euh oui et bien… c’est justement de cela qu’il s’agit… je voulait savoir pourquoi tu est revenu… et comment…

-                      Comment, ça je ne peut pas te le dire mais pourquoi, ça je pensais que tu le savais déjà.

-                      ….

-                      J’ai besoin de toi Ally, pour plusieurs raisons et que tu le veuille ou non. D’abord parce que tu as mes pouvoirs, et ensuite parce que je… (il s’arrêta, réalisant l’importance des mots qu’il allait prononcer et se rapprocha un peu plus d’elle, se retrouvant à quelques centimètres du visage de la jeune fille) Je t’aime Ally, et tu le sais. J’ai besoin de toi, de ton odeur, de ta peau et de ta voix. Et je suis prêt à tout pour te récupérer.

Ally ne pouvait pas répondre, paralysée par la peur et l’émotion d’être face à lui. Il ne bougeait pas, hésitant visiblement à franchir le pas qui le séparait des lèvres de la jeune fille. Il se recula finalement et continua :

-                      D’autres questions ?

-                      Euh… non enfin… je voulais te dire que… j’ai beaucoup regretté de t’avoir…

-                      Assassiné ?

-                      … ce n’est pas vraiment le mot que j’aurai employé mais oui c’est ça. J’aurais voulu que ça se passe autrement…

-                      Moi aussi Ally. Moi aussi j’aurais voulu cela.

 Un nouveau silence s’instaura durant lequel ils regardaient tout les deux le mur puis Ally prit la parole, un peu maladroitement et la voix tremblante :

-                      Bon… je crois que je devrais y aller ou Rogue va me faire passer un sale quart d’heure !

-                      Oui vas y … reviens me voir quand tu veut.

Ally lui sourit et se rechaussa avant de partir avec soulagement et de rejoindre son dortoir en boitant légèrement.

 

Deux semaines plus tard 

 

-                      Miss Stanford votre conduite est tout simplement inadmissible ! s’époumonait McGonagall devant une Ally totalement indifférente. Et vous Mr Londubat, veuillez aller informer le professeur Rogue de l’attitude de son élève. Il doit être au courant.

Neville sortit avec peine du bureau de la directrice de Gryffondor et se dirigea en tremblant de froid dans ses vêtements mouillés vers les cachots. Il revint quelques minutes plus tard avec un Rogue visiblement agacé d’être dérangé en plein milieu de soirée. Il cessa de respirer à l’instant où il vit Ally qui l’attendait dans le bureau telle une prisonnière de guerre.

-                      Professeur McGonagall vous m’avez demandé ?

-                      Oui en effet ! Je voulait vous avertir de la conduite intolérable de cette élève : depuis plusieurs jours, elle semble prendre un mal et un plaisir à malmener certains élèves. Ainsi, Mr Londubat  vient d’être victime d’une farce qui a faillit lui coûter la vie : Miss Stanford a du trouver cela amusant de tester le sort de lévitation sur un camarade et de l’envoyer dans le lac… je la soupçonne également d’être à l’origine d’un mauvaise farce qui a enfermé des élèves de Serdaigles durant toute une journée dans un placard avec un épouvantard. C’est inadmissible et j’attends que vous la sanctionniez !

-                      Et bien assurez vous, Minerva, qu’elle sera punie comme il se doit. Miss Stanford suivez moi.

Ally se leva en soupirant et jeta un regard noir à Neville puis un regard de dédain à Minerva. Elle suivit son professeur sans broncher mais se détourna du chemin pour lui échapper, partant dans les couloirs en courant à toute allure et en riant comme une folle. Elle percuta Rogue de plein fouet et s’arrêta de rire, sonnée.

-                      Oh !! Vous pourriez pas être un peu moins violent non ? Ca se fait pas de frapper les gens comme ça !

Il la releva brutalement et la traîna sans un mot jusqu’aux cachots sous les regards étonnées de ceux qui passaient par là. Il la fit entrer de force dans son bureau et s’asseoir dans ce même fauteuil où elle  lui avait confié pour la première fois ses craintes à propos de Tyler. Rogue s’approcha d’elle sans ménagement et se mit à parler du ton le plus autoritaire qu’il soit capable de prendre :

-                      Mais êtes vous devenue folle ? Vous jouez a quoi enfin ? Voilà plusieurs semaines que vous vous comportez comme le pire des cancres que Poudlard n’est jamais vu ! Voulez vous compromettre toutes vos chances de réussite ?!

Ally ne répondit et se contenta de sourire, d’un sourire étrange et machiavélique, comme si elle s’amusait énormément de ce qu’elle voyait. Puis elle mit à rire, avant de répondre d’une voix à la fois douce et menaçante :

-                      Si vous croyez me faire peur Severus, vous vous trompez ! (Son sourire s’effaça alors et elle se dressa brusquement, criant presque :) comment pouvez vous parler de réussite alors que deux mages noirs menacent nos vies à chaque instant !

-                      Je ne vois pas le rapport Miss Stanford ! Il a toujours été de même : il y a toujours eu quelqu’un pour répandre la terreur sur nos vies mais ce n’est pas pour cela que tout le monde devenait hystérique !

-                      Je ne suis pas hystérique !

-                      Non vous êtes irresponsable, irrespectueuse, méchante, égoïste et insupportable !

-                      Et alors ? Je profite de la vie, est-ce un crime ?

-                      De la manière dont vous en profitez, oui !

-                      Et vous osez me dire ça alors que vous même avez toujours été irrespectueux, méchant et égoïste envers tout vos élèves ?

-                      Là n’est pas la question Ally !

-                      Mais elle est où alors ? La question, elle est là où vous la voulez !

-                      Ally calmez vous s’il vous plait !

-                      Je me calmerais si je veux ! Et arrêter de m’appeler Ally !!!

Rogue essaya de lui attraper les poignets pour qu’elle se calme mais Ally, prise d’un excès de colère, le repoussa violemment contre le bureau et tenta de sortir. La porte était à nouveau verrouillée et Rogue l’entoura de ses bras pour l’arrêter. Voulant le repousser, Ally se servit de ses pieds pour le faire reculer en arrière et il bascula, entraînant avec lui la jeune fille. Dans la chute, le bras de Rogue s’accrocha dans le pendentif d’Ally qui céda, glissant discrètement sous le bureau. Elle ne s’en rendit pas compte, à l’inverse de Rogue qui remarqua immédiatement le changement dans le regard de la Serpentard. Sa colère était désormais parfaitement visible, ses yeux étant voilés d’une épaisse brume noire et une aura maléfique semblant s’échapper d’elle, une aura menaçante et inquiétante, même pour Rogue. Ils étaient désormais face à face, sans bouger mais Severus sur la défensive, sentant que la jeune fille pouvait perdre le contrôle à tout instant. Il essaya finalement de s’approcher d’elle mais Ally le repoussa, avec un geste de la main dont Rogue n’aurait jamais soupçonner la puissance. Ce fut comme si une tornade avait pénétré dans la pièce pour emporter le maître des potions qui fut projeté en un souffle contre la vitre qui vola en éclats. Il tomba dans l’inconscience et Ally s’enfuit, rejoignant sans doute Ethan Tyler.

 

Lorsque Rogue se réveilla, sa tête lui faisait horriblement mal : il avait l’impression qu’une cavalerie de trolls s’amusait à courir dans son crâne. Il se leva tant bien que mal pour rassembler ses idées et, après s’être souvenu de ce qui c’était passé, ramassa le pendentif chinois d’Ally et partit vers les dortoirs, espérant l’y trouver. Mais elle n’y était pas. Seul Drago était là et lui annonça qu’il avait vu la jeune fille se diriger vers les cachots. Rogue fila sans un mot vers ses salles de cours où un inquiétant silence régnait. Il visita les salles une à une avant d’arriver vers sa salle principale, celle où il faisait cours aux 7ème années. La porte était étrangement fermée et il dut la forcer pour pouvoir entrer. Là, la pièce baignait dans la pénombre, la vitre étant obstruée par une planche de bois noir. Il avança à tâtons dans le noir jusqu’à la fenêtre et ôta la planche, éclairant la pièce comme si la lumière n’y était jamais venue.  Il se retourna et étouffa un cri en trébuchant sur quelque chose de mou qu’il n’identifia qu’en la tenant dans ses mains : sa chouette. Sa jolie chouette noire ébène gisait dans ses mains, son sang presque noir gouttant sur le sol dallé dans la pénombre. Severus avait une horrible envie de vomir, et ce fut bien pire lorsqu’il détourna les yeux et que son regard tomba sur le mur, nimbé de taches de sang mais pas n’importe comment : des taches qui formaient des lettres, des lettres qui formaient deux mots et ces deux mots qui formaient une phrase, une menace :

 «  Prenez garde…  »

Severus ne savait comment réagir et il resta là, sans bouger, fixant cette menace qui planait littéralement au-dessus de sa tête. Cela venait de Tyler, il en était certain mais quoi faire, il n’en avait pas la moindre idée.  Il se décida finalement à aller voir Dumbledore, même si c’était loin d’être la bonne solution. Peut-être le vieux sorcier pourrait il lui venir en aide.

Il se dépêcha de monter jusqu’à la statue du bureau de Dumbledore et prononça le mot de passe que tout les directeurs de maisons connaissaient puis grimpa l’escalier en colimaçon quatre à quatre. Il ne prit pas la peine de frapper mais le regretta à l’instant même où il entra, trouvant Dumbledore en compagnie de Cornélius Fudge et de quelques membres du ministère de la magie qui fixèrent Rogue d’un air sévère comme s’il venait de les insulter.

-                      Excusez-moi messieurs mais … bafouilla t-il a bout de souffle. Professeur Dumbledore j’aurais besoin de vous s’il vous plait.

-                      Bien sûr Severus mais cela ne peut-il pas attendre quelques minutes ? demanda le vieil homme avec son air toujours malicieux.

-                      Avec tout mon respect professeur, non cela ne peut pas attendre.

-                      Bien dans ce cas (Dumbledore s’adressa aux autres :) veuillez m’excusez mes amis je reviens dans quelques instants.

Il se leva et invita Severus à le guider vers les cachots sans se rendre compte que les autres curieux du ministère les suivaient aussi. Severus expliqua à Dumbledore la situation sans évoquer Ally, Drago, et l’armée de Tyler. Bref, il n’avait parlé que des menaces et de l’attitude étrange de Tyler.

Arrivés aux cachots, Rogue laissa passer Dumbledore devant lui et, sans qu’il n’ait son mot à dire, Fudge et ses lèches bottes. Il n’eut pas le temps de rentrer à son tour que Fudge s’exclamait :

-                      Dieu du ciel mais qu’est-ce qui se passe ici ?! Severus allez vous vous expliquer ?!!

-                      Je n’y suis pour rien je…

En entrant dans la pièce, il eut une réelle décharge au cœur, plus forte encore que lorsqu’il avait percuté la fenêtre peu de temps auparavant. Cornélius tenait dans ses bras Ally, inconsciente, le visage marqué de bleus et d’ecchymoses…

 

Chapitre 6 : Premier coup dur

 

(En entrant dans la pièce, il eut une réelle décharge au cœur, plus forte encore que lorsqu’il avait percuté la fenêtre peu de temps auparavant. Cornélius tenait dans ses bras Ally, inconsciente, le visage marqué de bleus et d’ecchymoses…)

 

Rogue ne comprenait rien : les menaces sur le mur avaient disparues et Ally tenait dans sa main des cheveux… une poignée de cheveux identiques à ceux de Rogue. Rogue, lui, avait le pendentif d’Ally dans la sienne… comme si une bagarre avait eu lieu entre eux. Il se précipita vers elle mais Fudge recula en lui jetant un regard noir. Rogue s’en énerva et protesta :

-                      Vous ne croyez tout de même pas que j’ai attaqué cette jeune fille Mr le Ministre ?

-                      Et bien Severus, j’avouerai que la situation est troublante : nous trouvons dans votre classe une jeune fille évanouie et visiblement blessée qui tient dans sa main vos cheveux…

-                      Rien ne prouve que ce sont les miens ! Je n’ai aucun problème capillaire à ce que je sache !

-                      Calmez vous Severus, coupa Dumbledore. Personne ne vous accuse et nous n’avons pas le temps de débattre maintenant, il faut emmener Miss Stanford à l’infirmerie et attendre son réveil.

Ils se dirigèrent tous vers l’infirmerie et attendirent dans le couloir, dans un silence lourd que même Dumbledore n’arrivait pas à briser avec ses blagues vaseuses.  Au bout d’une demi heure, des pas précipités se firent entendre dans le couloirs et Drago apparu, essoufflé et visiblement très inquiet. Lorsqu’il vit Rogue, il se précipita sur lui et, sans prévenir, lui administra un formidable crochet du droit qui envoya Rogue droit sur sa chaise. Fudge se précipita pour le retenir mais Drago le repoussa pour se ruer à nouveau sur le maître des potions.

-                      Qu’est ce que vous lui avez fait espèce d’immonde crapule !

-                      Mais rien voyons je …

-                      Ouaih je vous crois ! Comment avez vous osé alors que nous vous faisions confiance ! Si ça se trouve vous nous avez vendus ?!!

Rogue se releva et se redressa face au serpentard en colère :

-                      Taisez vous M Malefoy ! Je ne lui ai rien fait ! Je l’ai trouvé dans cet état (puis a voix basse :) Ne parlez pas de ça si vous ne voulez pas que le ministre ne nous pose de questions…

Ce fut justement Fudge qui les interrompit :

-                      Et bien jeune homme, qu’est-ce qui vous fait croire que votre professeur est responsable de cet incident ?

-                      La dernière fois que j’ai vu Rogue, il cherchait Ally et paraissait en colère… mais…

-                      Mais ?

-                      C’est vrai que je n’ai jamais vu le professeur Rogue lever la main sur un élève, reprit-il pour rattraper l’affaire.

-                      Ca reste à prouver, murmura Fudge.

-                      Pardon ? demanda Drago sentant le piège que tendait le ministre.

 

Mais celui-ci ne répondit rien car Mme Pomfresh laissait rentrer Dumbledore, Fudge et Rogue dans l’infirmerie : Ally était réveillée. Le directeur fit signe à Rogue de se tenir hors de vue en attendant la réaction de celle ci… au cas ou.

Il prit une chaise et s’assit aux cotés de la blessée pour l’interroger doucement :

-                      Et bien Ally ? Tu te sens mieux ?

-                      C’est comme j’étais passée sous les roues d’un camion qui m’avait traîné de Paris à Perpignan, répondit elle d’une voix faible en faisant une grimace de douleur.

-                      Je suis désolé Ally que tu es été victime d’une telle agression. Pourrais tu me dire ce qui c’est passé ?

-                      Je… j’attendais le professeur Rogue dans son bureau pour lui parler de mes problèmes et puis… il est arrivé en trombe et a commencé à me hurler dessus en me disant que j’étais une incapable et que j’allais payé mon insolence…

-                      Votre insolence ?

-                      Ben… je venais d’aller dans son bureau et c’est vrai que je ne m’étais pas vraiment laissée faire…

-                      Et ensuite ?

-                      Il m’a frappé…

Rogue s’avança brusquement vers le lit. Ally recula, comme effrayée de le voir ici.

-                      C’est totalement faux ! Elle ment !

-                      Ca suffit Severus ! objecta Fudge. Je vous prie de sortir, je crois que nous en avons entendu assez pour agir. (Puis, se tournant vers Dumbledore :) Cela fait trop longtemps, Albus, que le ministère s’inquiète de voir cet homme à Poudlard et je crois que cet incident est la preuve que le cas de Mr Rogue doit être étudié avec attention. Je réclame une audience au ministère pour demander son renvoi immédiat !

 

Le soir même, dans sa chambre, Rogue faisait ses bagages en vue d’un séjour au ministère où il devait être jugé le lendemain matin. La perspective de dormir dans une cellule du ministère ne l’enchantait guère, encore moins que de devoir être jugé. Le ministère allait ressortir des affaires de son passé, il en était sur, et ça, il ne voulait pas. ** Mais pourquoi a t-elle dit ça nom de Dieu ?!! C’est pas possible ! Cette idiote a du rejoindre le mage… mais pourquoi avoir réclamé mon aide si elle était du côté de Tyler ?… a moins qu’elle ne l’ai rejoint qu’après… ou peut-être l’a t-il forcé, menacé, ensorcelé ?**

Il ne savait plus où donner de la tête mais s’interrompit en apercevant un reflet dans le miroir… celui d’Ally. Il sursauta et se retourna devant la jeune fille qui souriait et le regardait avec amusement.

-                      Comment êtes vous entrée ici Miss Stanford ? Vous n’êtes pas à l’infirmerie ?

-                      Transplaner, vous connaissez non ?

-                      Il est impossible de transplaner dans l’enceinte de Poudlard.

-                      Cela dépend de la puissance de votre magie, répliqua t’elle avec un clin d’œil.

-                      Pourquoi êtes vous ici ?

-                      Je voulais apaiser vos tourments professeur, et répondre à certaines questions que vous vous posez…

-                      Que…

-                      Oui professeur Rogue, j’ai rejoint Tyler et sachez que si vous vous étiez montré moins dure envers moi, je ne l’aurais peut-être pas fait. La vérité c’est que j’avais de la sympathie pour vous, professeur, alors que vous vous m’avez toujours détestée. Mais ça n’est pas grave… je m’en suis remise…Oh… encore une chose (elle releva sa manche et passa sa main sur une plaie qui s’effaça immédiatement) C’est ça la magie ! Un petit tour et Rogue s’en va !

Elle transplana en un claquement de doigt, laissant Rogue dévasté par la colère et le désarroi.

 

                                Le lendemain matin, Rogue fut réveillé dans sa cellule à l’aube et conduit dans une petite pièce où il put déjeuné et prendre sa douche. Il dut revêtir la robe de sorcier ringarde bleu marine réservée aux « accusés » mais il ne ressentait rien. Persuadé de finir en prison, et non à Azkaban, il ne voulait pas se triturer le cerveau pour rien et restait impassible, afin de pouvoir garder le contrôle face à ces idiots du ministère.

Vers 10H, il fut conduit dans une salle de conférence vide, et installé sur une chaise au milieu de la pièce. A sa grande surprise, aucune chaîne ne vint le ligoté. Les membres du ministère arrivèrent un à un, mais Severus n’en connaissait pas la moitié. Des petits, des grands, des gros, des femmes immondes et pour finir Fudge. Non, ce n’était pas fini, restait encore à venir Dumbledore suivi d’Ally, Drago et enfin Tyler. Ally était soutenue par des béquilles et avait encore de nombreuses ecchymoses. Drago semblait extrêmement mal à l’aise et n’osait pas regarder Rogue, pas plus qu’il ne regardait Ally, remarqua l’homme. ** Peut-être a t-il décelé le double jeu d’Ally… et enfin arrêté d’écouter ses hormones…**

Tyler n’avait aucune expression sur son visage mais Rogue crut déceler dans ses yeux une grande satisfaction à la vue du maître des potions au milieu de juges ministériels.

La séance commença rapidement, tout d’abord par la présentation des charges retenues contre lui :

-                      Severus Trojan Rogue, vous êtes accusé de coups et blessures sur votre élève Miss Ally Lucile Stanford, ici présente. Nous allons d’abord écouter son témoignage et vous pourrez ensuite vous défendre.

Rogue acquiesça et écouta attentivement le récit d’Ally, le même que lors de son réveil à l’infirmerie mais avec plus de détails. Il n’intervint pas, même lorsque Drago témoigna de l’état de colère dans lequel Rogue était avant de retrouver Ally, bien que le jeune serpentard admis avoir un doute sur la culpabilité de son directeur de maison.  Vint alors l’attaque à laquelle il ne s’attendait pas : Ethan Tyler entra en scène et présenta une lettre, écrite de la main de Rogue, et déclarée authentique après analyse de l’écriture et de l’encre. Cela donnait cela :

«  Cher professeur Tyler,

J’ai une requête à faire. Je vous l’avait précédemment énoncé mais puisque vous n’y avez prêté guère d’attention, je me doit de la réitérer : Je vous serais fortement reconnaissant si vous vous décidiez enfin à reconnaître que vous n’avez rien à faire à Poudlard. Je suis persuadé que vous trouverez un emploi facilement dans un autre établissement car votre présence en Angleterre n’est pas du tout la bienvenue. Si vous ne me donner pas entière satisfaction, je me verrais dans l’obligation de prendre les choses en main et de vous donner une bonne raison de quitter l’Angleterre. J’attends donc de vous une coopération exemplaire qui vous permettra de partir en bon terme.

Veuillez agréer, votre plus fidèle ami, Severus Rogue. »

Rogue était abasourdi, s’il s’attendait à des coups bas, il ne s’attendait certainement pas à cela. Tyler enchaîna :

-                      J’ai eu cette lettre hier après midi, lors d’une visite du professeur Rogue dans ma salle de classe où je m’entretenais avec cette élève. Il s’est montré très dur avec elle et lui a demandé sèchement de quitter la pièce et de l’attendre dans son bureau… la suite, vous la connaissez désormais tous.

Ce fut à ce moment que Rogue explosa. Il se leva et parla d’une voix forte et autoritaire :

-                      Tout cela est totalement faux, demandez donc au professeur McGonagall, elle était là lorsque j’ai demandé à Miss Stanford de me rejoindre dans mon bureau à propos de son comportement !

-                      Nous l’avons fait Severus, et figuré vous que Minerva admet vous avoir vu faire cela, mais bien plus de 2 heures avant l’accident. Ce qui laisse parfaitement le temps à Ally d’aller voir Mr Tyler et à vous de la convoquer.

-                      C’est absurde ! Pourquoi aurais-je écris une lettre pareille en sachant très bien que le professeur Tyler la montrerais à Dumbledore ?

-                      Tout simplement parce que vous pensiez que la menace que vous aviez formulée était suffisamment intimidante pour que Mr Tyler ne dise rien.

-                      Mais pourquoi aurais je frappé Miss Stanford ? Je ne bats pas les enfants moi !!

-                      En êtes vous sur ?

Un silence s’installa face à ce que venait de lancer Fudge, de par l’incompréhension de la majorité des personnes présentes, mais aussi par l’expression figée que venait de prendre Rogue. Cette simple expression suffisait à faire comprendre que Severus comprenait de quoi le ministre de la magie voulait parler. Fudge reprit en se levant, comme le plus brillant avocat moldu :

-                      Après avoir consulté attentivement votre dossier, professeur Rogue, nous avons put constater que ce n’était pas la première fois que vous étiez convoqué ici pour ce motif. En effet, il y a 9 ans, vous avez été arrêté pour coups et blessures sur un élève prénommé Brian Sweeny, un jeune serpentard. Mais vous n’avez pas été inculpé faute de preuves et grâce à la généreuse intervention d’Albus Dumbledore. Cet enfant à été malgré tout envoyé à Sainte Mangouste en soins intensifs ! Qu’avez vous à répondre Mr Rogue ?

Rogue se rassit, abasourdit mais calme, et répondit mollement, comme fatigué d’avoir à répété la même chose à longueur de temps :

-                      Le jeune M Sweeny était devenu dangereux pour les élèves : il recrutait des mangemorts au sein de Poudlard et menaçait ceux qui n’acceptaient pas…

-                      Et vous trouver sans doute que c’est une raison suffisante pour lui régler son compte ?

-                      Je ne l’ai pas frappé ! C’est lui qui m’a attaqué ! J’ai essayé de le résonner mais il n’a pas voulu écouter. Il s’est attaqué à moi ! Je n’ai fait que me défendre !

-                      Et bien je dirais que vous êtes malgré tout un homme dangereux, Severus Rogue. Vous vous êtes peut-être contrôlé pendant longtemps mais votre tempérament violent semble refaire surface. Je demande le renvoi immédiat du professeur Rogue du collège de Poudlard !

C’est alors que le professeur Dumbledore fit son intervention, mais pas exactement celle à laquelle Rogue s’attendait :

-                      Messieurs voilà une conclusion bien hâtive ! Vous ne m’avez pas demandé mon avis, et en tant que directeur de Poudlard, j’ai mon mot à dire dans cette affaire. Je vous accorde que les charges contre Severus sont accablantes mais je voudrais que vous réfléchissiez un peu : ai-je déjà fait, par le passé, la moindre erreur à propos d’un professeur engagé à Poudlard ?

-                      Ombrage… répondit aussitôt Fudge, agacé par l’intervention d’Albus.

-                      Je vous rappelle, Cornélius, que c’est vous qui me l’avez imposé !

-                      Enfin Albus, vous n’êtes pas Dieu ! Vous n’êtes pas à l’abri d’un changement de personnalité, ou d’une trahison !

-                      Severus ne m’a pas trahi, je lui donne mon entière confiance et c’est pour cela que je n’ai pas l’intention de le renvoyer définitivement. Jusque là vous n’avez que des témoignages mais aucune preuve matérielle. Moi même je n’en ai aucune. C’est pour cela que je vous propose une chose : le professeur Rogue est suspendu jusqu’à ce que l’affaire soit éclaircie mais il reste toutefois à Poudlard.

-                      Mais c’est absurde Albus ! Vous n’allez pas laissez cet homme dangereux au milieu d’élèves ?

-                      Severus réside à Poudlard depuis maintenant plus de 15 ans et je ne l’enverrai pas à la rue sans aucune preuve réelle de sa culpabilité !

Un lourd silence s’installa dans la pièce et les membres du ministère se regardèrent avec incertitude avant que Fudge ne tranche d’une voix agacée :

-                      Bien ! Je déclare donc Severus Trojan Rogue libre mais sous surveillance dans l’enceinte de Poudlard. Il lui est désormais interdit d’enseigner et de se trouver seul avec moins de trois élèves dans une même pièce. La séance est close !

Les membres du ministère sortirent avec grand bruit, suivis de Tyler, Stanford et Malefoy. Dumbledore resta un instant dans la pièce avec Severus qui lui lança d’un ton légèrement reprochant :

-                      Merci mais vous auriez put essayé de me faire garder mon poste !

-                      Désolé Severus mais c’était le mieux que je puisse faire. Je me doutais qu’ils ressortiraient l’affaire Sweeny, mais j’avais pensé que devant des inconnus comme Ally, Tyler et Drago, ils éviteraient les détails. Espérons qu’ils n’en parlent pas.

-                      A mon avis, Miss Stanford ne se gênera pas pour le raconter à qui veut l’entendre.

-                      Ne vous en faites pas, cela s’arrangera Severus, je vous en donne ma parole.

Severus ne répondit rien et suivi Dumbledore le couloirs du ministère pour retourner à Poudlard où son calvaire ne faisait que commencer.

 

                               Le lendemain, la nouvelle de la mise à pied de Rogue avait envahie l’établissement et une étrange euphorie régnait dans les couloirs, les élèves semblant fêter quelque chose… on se demandait bien quoi !

Severus n’avait pas quitté son bureau et y réfléchissait à propos du piège dans lequel Ally et Tyler l’avait entraîné et sur la façon dont il devait réagir. Il avait finalement trouvé une idée pour laquelle il avait besoin de Drago. Il voulut lui envoyer une lettre par hibou, oubliant que sa chouette avait disparue suite à l’incident avec Ally. Il déposa finalement sa lettre sous la porte de sa chambre et attendit la nuit, moment plus prudent pour convoquer le jeune Serpentard.

Drago arriva vers 11h dans un état pitoyable, les vêtements tachés de farine et autres ingrédients, les cheveux en bataille et la mine fatiguée.

-                      Désolé… il y avait une fête dans la salle commune…

Rogue ne répondit rien et lui fit signe de s’asseoir, gardant son air maussade et impassible. Drago demanda finalement :

-                      Alors. J’imagine qu’il s’agit d’Ally ou sinon vous n’auriez pas pris le risque de me faire venir ici en pleine nuit ?

-                      C’est exact. La vérité est que je me retrouve désormais dans une position délicate. Tout mes faits et gestes sont épiés et je ne peux pas agir à ma guise. C’est sans doute ce que voulais Tyler. Et c’est pour cela que je vais désormais avoir besoin de vous plus que jamais Mr Malefoy.

-                      Besoin de moi ? J’espère que vous n’allez pas me demander des trucs trop… nuls.

-                      Ne vous inquiétez pas, je ne vous demande pas de tuer quelqu’un mais de devenir une sorte d’espion.

-                      Espion ? C’est cool… et sachez que s’il y a besoin d’éliminer quelqu’un, je saurais affronter ma conscience pour vous rendre service professeur.

-                      Votre dévouement me touche beaucoup, ironisa Severus en un souffle.

-                      Alors, ma première mission ? Infiltrer le gang d’Angmar, kidnapper Tyler, le tuer…

-                      Filer Ally dans l’enceinte de Poudlard.

-                      Quoi ? Attendez, ça je ne peut pas…

-                     Pourquoi donc ? Vous étiez prêt à tuer alors ne me dîtes pas que vous avez peur de Miss Stanford !

-                      Non mais Ally… c’est pas pareil… elle va tout de suite s’en rendre compte je…

-                      Mais c’est justement pour ça que je vous le demande. Vous êtes assez rusé pour trouver un moyen de faire cela dans la discrétion. Sinon je me verrais dans l’obligation de demander à quelqu’un d’autre…

-                      Comme qui ?

-                      Potter peut être… il semble s’entendre très bien avec elle. Il est donc le candidat idéal…même si cette solution ne m’enchanterait guère.

-                      J’accepte, coupa Drago, agacé par le mot « Potter ».

-                      Bien. Pour commencer, je vais vous donner des renseignements sur l’appartement de Tyler, car il est fort possible qu’Ally s’y rende souvent.

-                      L’appartement de Tyler… je vais devoir y aller ?

-                      Oui… cela vous pose un problème ?

-                      Non, mentit Drago pour ne pas avouer son appréhension.

-                      Bien. Le mot de passe est « Angmar » et je vous conseille fortement d’utiliser une cape d’invisibilité agrémentée du sort de protection que je vous ai écrit sur ce parchemin.

-                      D’accord mais je la trouve où la cape ? Je la ponds ?

-                      Il me semble que Potter en a une…

-                      Oui et alors ? (comprenant où en venait Rogue :) Alors là non ! Jamais je n’irais demander à Potter de me la prêter… et puis il ne sait rien, on va pas le mettre au courant, si ?

-                      Et bien puisque vous en parler… j’ai mis Dumbledore au courant de nos soupçons…

-                      Quoi ? Vous êtes taré ?!

-                      Cet homme est très convaincant et m’y a forcé ! Je n’avais pas le choix ! Après tout, il m’a permis de rester ici donc je devais lui en parler.

-                      Et qu’est ce qu’il a dit ?

-                      Il trouve cette histoire très fantaisiste et pense qu’Ally l’a raconté pour se faire remarquer. Apparemment Ally a un passé difficile, notamment à propos de la mort mystérieuse de ses parents, mais Dumbledore n’a pas voulu en parler plus. En gros il a pleine confiance en Tyler mais il m’encourage à essayer de trouver des preuves de ce que j’avance, au cas où il ait tord.

-                      Pas con le vieux fou, murmura Drago.

-                      Il m’a même suggéré d’en toucher mot à Potter qui lui a parlé également de Tyler avec méfiance.

-                      Potter se doute de quelque chose alors ?

-                      Oui je pense.

-                      Bon ben j’ai pas le choix à ce que je vois… me voilà collé au cul de Potter… génial !

Drago sortit de la pièce et rejoignit son dortoir.

 

                               Le lendemain, Drago dut jouer des pieds et des mains pour réussir à coincer Potter seul dans une partie du château. L’occasion se présenta finalement après un cours de Soins aux Créatures Magiques. Tous les élèves semblaient partis et il ne restait plus qu’Harry, pour une fois seul, qui parlait avec Hagrid. Lors qu’il eut fini et qu’il se retourna, il se trouva nez à nez avec un Malfoy plus gêné que jamais et particulièrement énervé.

-                      Qu’est ce que tu me veux Malefoy ? lança le gryffondor d’un air dédaigneux.

-                      Tu peux pas changer de disque un peu ? Ca fait sept ans que tu dis la même chose à chaque fois qu’on se voit !

-                      Bon t’accouche ou je te plante là !

-                      C’est Rogue qui m’envoie…

-                      Rogue ? qu’est ce qui me veut encore celui là ? Il n’a plus d’autorité sur moi maintenant qu’il est plus prof !

-                      Et Dumbledore aussi voulais que je vienne…

Harry s’arrêta de respirer comme pour montrer à Drago qu’il avait réussit à capter son attention.

-                      Qu’est-ce qui ce passe, demanda t-il le plus sérieusement du monde.

-                      C’est à propos de Tyler.

Drago expliqua toute l’histoire à Harry qui l’écoutait attentivement. A la fin, il répondit simplement :

-                      Je n’en reviens pas pour Ally. Elle avait l’air assez normale pourtant. Pour Tyler je dis pas, il me paraît pas clair.

-                      Pourquoi tu penses ça ?

-                      Je ressens des choses bizarres quand il est là…

-                      Tu as peut être le béguin pour lui ? se moqua Drago.

-                      C’est un peu comme en présence de Dumbledore ou d’un auror très puissant : on ressent son aura, sauf que là, elle semble mi- protectrice, mi-maléfique.

-                      Etrange oui. Rogue m’a demandé de filer Ally et j’a besoin de ta cape d’invisibilité pour infiltrer les appartements de Tyler, lança Drago dans la conversation, l’air de rien.

-                      Je ne prête jamais ma cape à personne.

-                      Tu l’as pourtant prêté à Ally !

-                      C’était différent. C’était contre Rogue, pour qu’elle puisse récupérer des affaires qu’il lui avait prise.

-                      C’est ce qu’elle t’a raconté. La réalité c’est qu’on en avait besoin pour Rogue puisse fouiller les appartements de Tyler pendant qu’elle faisait diversion !

-                      La garce !

-                      Oh tu parles d’elle autrement ! Mais c’est vrai qu’en ce moment elle se conduit comme une…Serpentard.

Harry esquissa une sorte de sourire puis se remit à réfléchir à propos de la cape d’invisibilité. Il acquiesça finalement :

-                      Ok mais seulement avec moi !

-                      Comment ça ?

-                      Tu te serviras de ma cape mais à conditions que je t’accompagne ;

-                      Tu plaisante j’espère, Mr Têtard Potter ?!

-                      Oui en fait c’est plutôt toi qui m’accompagneras… après tout, c’est ma cape… T’en es ?

Drago dut se triturer la cervelle. Si Rogue apprenait qu’il avait tout raconté a Potter pour finalement abandonner, il se ferais tuer.

-                      Ok vendu. Mais on ne dit rien à personne ! admit finalement Drago

-                      Comme si je voulais qu’on sache qu’on bosse ensemble !

D’un geste forcé et crispé, ils se serrèrent la main pour accorder le pacte et Harry partit, laissant Drago seul à côté de la cabane d’Hagrid. Il allait repartir quand il entendit un bruit derrière lui. Il se retourna, réalisant que des bruit de pas venaient de la Foret interdite. N’écoutant que son courage, il décida de ne pas aller voir ce que c’était et de repartir vers le château pour espionner l’équipe de Pompom girls dans les vestiaires. Mais il se heurta à quelque chose derrière lui. Il ne put rien voir car on venait de lui mettre un sac en toile sur la tête alors que l’on lui ligotait les mains dans le dos. Il commença à tenter d’appeler à l’aide mais un coup de poing dans son estomac lui coupa le souffle, l’empêchant de crier avant que l’on ne l’assomme pour l’emporter dans la forêt….

 

Chapitre 7 : Première humiliation

 

(Drago commença à tenter d’appeler à l’aide mais un coup de poing dans son estomac lui coupa le souffle, l’empêchant de crier avant que l’on ne l’assomme pour l’emporter dans la forêt….)

 

                                Quand il reprit ses esprits, une douleur lancinante dans sa tête l’assomma un moment, des bruits assourdissants envahissant ses tympans. Il attendit un instant puis ouvrit les yeux, se découvrant solidement attaché, pieds et poings liés, à l’ombres des arbres épais de la Forêt Interdite. Il n’avait eu le temps de rien voir avant d’être frappé mais il était persuadé d’une chose : cette attaque venait de Tyler. Pourtant, les murmures qu’il percevait non loin de lui semblait le contredire : on aurait dit des gloussements de filles. Là, Drago n’y comprenaient plus rien : Tyler avait-il enrôlé des élèves ? Des gamines ?… Non, impossible, Tyler était bien trop intelligent pour faire une connerie pareille. Ce n’était donc pas Tyler.

Le véritable responsable de cet enlèvement fit bientôt son apparition, alerté par les froissements de feuilles engendré par la tentative d’évasion de Malefoy. Drago s’arrêta en l’apercevant puis, reconnaissant la personne, fit une moue de dégoût :

-                      C’est pas vrai Parkinson, qu’est ce que tu me veux encore ?!!

-                      Moi ? Rien Draguichou… les autres, elles, t’en veulent pour pas mal de chose…

Une quinzaine de filles d’âges assez variés s’avancèrent vers eux, le regard brûlant de haine et de jubilation.

-                      Alors Drago, fit l’une d’elle, tu fais moins le malin quand c’est toi qui est attaché !

-                      Tu vas pas me dire que tu m’en veux pour ce truc là Marie ?! C’était sympa non ?

-                      Pour toi oui… surtout que le lendemain tu te passais le temps avec une autre !

-                      Ah c’est pour ça ?!!! Vous êtes toutes là pour vous venger parce que j’ai profité de vous sans vous demander en mariage ? s’exclama t-il avec un soupçon de moquerie et de soulagement dans la voix.

-                      Ya quand même une nuance entre demander en mariage et passer plus d’une seule nuit avec la même fille ! s’exclama une autre de quatrième année.

-                      Et qu’est-ce que vous voulez les filles ! Je suis très demandé et la liste d’attente s’allonge de jour en jour !

-                      Tu me dégoûtes Malefoy ! s’indigna la plus âgée, suivit par l’accord général des autres.

-                      Oui oui et je vous dégoûte tellement que vous vous êtes toutes précipitées dans mon lit en sachant pertinemment le comportement  que j’ai avec les filles… si vous voulez protéger vos semblables féminines de moi, prévenez les parce que moi je n’ai pas l’intention de changer !

-                      Mais qu’est ce que tu es con ma parole ! s’exclama une autre. Mais qu’est-ce que ça t’apporte au juste ?

-                      Rien à part un tableau de chasse bien fourni et une connaissance parfaite du corps féminin… mais avez vous pensez une seule seconde que le fait que je ne reste jamais avec une fille viendrait aussi de vous mesdemoiselles ?

-                      De nous ?

-                      Oui… quand je vois comment vous vous comportez avec vos petits copains, je les plaint : vous les exhibez comme des butins de la même façon que vous me reprochez d’exhiber mes conquêtes, et lorsque vous en trouvez un plus attrayant vous succombez à vos désirs et laissez tomber l’autre. Au final, vous ne valez pas mieux que moi, d’autant plus que vos charmes, très attrayants lorsque vous étiez jeunes et innocentes, sont devenus inexistants cachés par les tonnes de maquillages qui vous font ressembler à des prostituées de bas étage. Si je devais m’attacher à une fille, se serait certainement pas à une dans votre genre. Désolé les filles mais votre petit numéro de vengeance, ça marche plus sur moi. Si vous voulez bien m’excuser, j’ai rendez vous avec une jeune demoiselle.

Il se releva et, à la grande surprise des ados perturbées, sortit les mains de son dos pour se libérer les jambes. Il se détacha mais les filles se jetèrent sur lui avec une rage visible mais ridicule. Il parvint à se débarrasser des premières mais les plus fortes réussirent à le faire basculer au sol et à l’immobiliser. En une seconde qui parut une éternité au pauvre Drago, elles lancèrent sur lui a pleine force une volée de pierre droit en dessous de sa ceinture, réduisant ses atouts masculins à une douleur lancinante et insupportable. Elles le lâchèrent et le regardèrent se tordre de douleur en rigolant avant de s’en aller en papotant comme si de rien n’était. Drago resta là pendant plusieurs longues et interminables minutes, attendant que la douleur passe mais ne la sentant que s’amplifier avec le temps. Il se força finalement à se lever, réalisant que passer une nuit dans la forêt interdite n’était pas un bon plan. Il se traîna avec difficulté d’arbre en arbre jusqu’à ce qu’il tombe nez à nez avec la cabane d’Hagrid, qu’il n’avait pas vu arriver tant la douleur à son entre jambe l’aveuglait (moralité : ne sous-estimez jamais le pouvoir d’un bon coup bien envoyé là où ça fait mal...)

 

 Ecrasé par la douleur, il s’allongea là, ne s’attendant pas à ce que quelqu’un le trouve avant qu’il reprenne ses forces. Mais c’est ce qui arriva car, quelques instants plus tard, une jeune fille sortit de la cabane d’Hagrid, toute joyeuse, cherchant la gamelle de Crockdur pour y mettre une énorme cuisse de poulet. C’est ainsi qu’elle trouva Drago qui réalisa qu’il venait d’être découvert dans une situation humiliante par la benjamine Weasley, Ginny.

-                      Qu’est-ce que… murmura Ginny. Malefoy ?! Qu’est-ce que tu fais là ?! … Mais… tu es blessé, qu’est ce que tu t’es fait ?

-                      Lâche moi tu veux ! lâcha Drago pour se défendre.

-                      Oh ne commence pas ! Bon… je vais t’emmener à l’infirmerie et on en parle plus…

-                      Non c’est pas la peine d’aller là bas… je veux pas qu’on me voit dans cet état… laisse moi je me débrouillerais !

-                      Pas question ! Tu es à côté de la forêt interdite et Hagrid est ivre mort… je vais pas te laisser là !

-                      Et pourquoi pas ! Pourquoi tu me laisserais pas là, après tout on est pas amis… lâche moi et retourne à ton fan club Harry Potter !

-                      Quelle galanterie espèce d’avorton ! Discute pas je t’embarque !

-                      Ok mais pas à l’infirmerie ! Ni là où on risquerait de me voir…

-                      En gros, je dois utiliser les passages secrets de ton ennemi Potter pour te conduire à l’abri ?

-                      Ouaih si tu veux…

-                       D’acc mais à une seule condition : tu me dit ce que t’as.

-                      Pas question !

-                      Ok ! Alors je vais prévenir Pomfresh et plusieurs Gryffondors que tu t’es fait tabasser !

-                      Non !… et comment tu sait ça ?

-                      J’imagine que tu ne t’es pas fait mal par plaisir… alors ? Qu’est-ce que tu as, je ne vois qu’un seul bleu sur ton visage et j’imagine que ce n’est pas ça qui te clou au sol ?

Drago ne répondit rien, et pour toute réponse, ôta sa main de son entre jambe : on pouvais voir sur son pantalon noir quelques marques foncées et sur sa main plusieurs taches de sang. Ginny déglutit :

-                      Mon Dieu ! Qu’est ce qu’on t’a fait ?

-                      Quelques bons coups de pierres bien placés et voilà le résultat …

-                      Qui t’a fait ça ?

-                      Quelques ex en colères…

Ginny eu un instant un sourire amusé puis, réalisant le regard noir que lui jetait Drago, reprit un air indigné :

-                      Il faudrait te plaindre à Dumbledore il…

-                      Dumbledore Dumbledore Dumbledore… vous les Gryffondors vous avez que ce nom à la bouche ! vous devriez créer un fan club joint à celui du balafré !

Ginny se mit à rire, au grand étonnement de Drago, puis se releva, tendant sa main au serpentard :

-                      Allez bouge toi espèce de demeuré geignard !

Drago lui prit la main à contre cœur et poussa un gémissement de douleur en se relevant.

-                      Ca va aller ? demanda Ginny. On va passer par l’arrière du terrain de quidditch, le passage secret mène droit aux appartements des mecs de Serpentard.

Drago la regarda d’un air soupçonneux :

-                      Dis-moi, tu connais tous les passages secrets par cœur ?

-                      Ben… tu sais c’est vachement pratique pour les rendez-vous secrets tard dans la nuit…si tu vois ce que je veut dire… !

-                      Miss Weasley a des copains… ton frère est au courant ?! répondit il d’un ton moqueur.

-                      Je te ferais remarquer que j’ai 16 ans et que mon frère n’a pas le droit de m’empêcher de faire quoi que ce soit…

Drago ne répondit rien, ne sachant quoi répliquer et quelques peu fatigué par la douleur. Il suivit Ginny sans broncher et ils atteignirent rapidement les cachots. Là, Ginny le laissa littéralement tomber et il s’écroula sur le sol dans un bruit sourd.

-                      Bon, et bien ma tâche de bonne Gryffondor serviable étant remplie, je retourne à mes occupations… c’est que j’ai un fan club à faire tourner moi ! lâcha Ginny en rebroussant chemin avant de s’arrêter pour lancer : Ah oui : maintenant j’ai un bon moyen de chantage, si tu me cherche moi ou mon frère, je répète tout sur cette nuit à Peeves ! Tchao et soigne bien tes « très petites affaires » !

Drago la regarda partir et lança finalement, d’une voix peu assurée :

-                      Si tu crois que tu m’impressionnes espèce de naine attardée !

Puis pour lui même : « Si elle me vend, je lui arrache la tête et je m’en fait un lampadaire ! » et sur ce, il se força à se relever et, après s’être assuré que personne n’allait le voir, regagna sa chambre pour une séance de soins particulièrement désagréable.

 

                               Le lendemain, sa démarche était tout sauf normale : il boitait, ses jambe légèrement archées, mais cachés par la robe de sorcier, on pouvait croire qu’il se donnait un genre. En sortant de sa chambre, il croisa Ally, visiblement de très bonne humeur :

-                      Salut toi ! T’étais où hier je t’ai cherché partout ! C’est que je m’inquiétais moi !

-                      Oh je suis sortit… j’avais envie de prendre l’air.

-                      T’es bizarre en ce moment non ?

-                      Non… et toi t’es tellement de bonne humeur que je me demande bien pourquoi !

-                      Bah… c’est pas trop tes affaires en fait ! répondit elle avec un sourire. Quand tu seras devenu ma meilleure amie, je pourrais te le dire !

-                      En gros c’est des affaires de cœur j’imagine ?! souffla t-il d’un air faussement exaspéré.

-                      Tout compris ! Bon je te laisse… j’ai des premières années à martyriser moi !

-                      Amuse toi bien !

-                      Compte sur moi !

Drago se rendit dans la grande salle pour déjeuner et aperçu Potter qui lui faisait signe discrètement de sortir de la grande salle. Il mangea en vitesse et sortit quelques minutes après lui, le suivant à distance jusqu’à un couloir désert. Là, Harry s’arrêta et lui demanda :

-                      Alors ? Tu veux qu’on y aille quand ?

-                      Après le cours de DCFM, vu qu’on avait potions, on n’a pas cours et je sais que Tyler n’a plus cours après celui de ce matin.

-                      Ok…  on s’attend à la sortie ?

-                      Très discret ça ! Non, je vais rester avec Ally et m’incruster, sinon elle va finir par avoir des soupçons : il ne faut pas que je change d’attitude avec elle.

-                      Ok mais on se rejoint où ?

-                      Au troisième étage, à l’aile Sud du couloir… je sais où sont ses appartements et le mot de passe.

Sans un mot de plus, Drago le bouscula et repartit d’un pas assuré malgré son « boitillement » douloureux.

 

                               Le cours de DCFM fut horrible pour Drago. Il appréhendait beaucoup le moment à venir et il observait attentivement Ally et Tyler, tout deux de forte bonne humeur. Il pouvait voir de temps en temps des regards complices échangés et cela le répugnait. Désormais, il se demandait vraiment s’il éprouvait des sentiments pour elle. Il se posait des questions à ce sujet depuis un moment et il ne savait vraiment pas pourquoi cette fille le fascinait. Mais maintenant, il éprouvait tantôt du dégoût à son égard, tantôt de la pitié. Elle était si loin de la jeune fille qu’elle était à son arrivée. A coté d’elle, il faisait semblant d’être content et de s’amuser des idioties qu’elle inventait pour gêner les Gryffondors et il attendit la fin du cours avec impatience // qu’on en finisse une bonne fois pour toute !// pensa t-il.

Et la fin du cours arriva finalement, avec quelques heures de retard aux yeux de Drago. Il aperçu que Potter lui avait jeté un coup d’œil avant de quitter la pièce. Ally ne se dépêchait pas et il ne resterait bientôt plus qu’eux et Tyler dans la salle de Défense contre les Forces du Mal.

-                      Ally ? interpella Drago pour la sortir de ses pensées. Tu viens au parc avec moi ?il paraît que Goyle a préparé un mauvais coup contre les Serdaigles de troisième année.

-                      Oui je sais, répondit-elle distraitement, c’est moi qui l’ai organisé. Mais là je peut pas j’ai un truc à faire pour le cours de Métamorphose. On se voit plus tard !

-                      Ok je t’accompagne jusqu'à la salle commune ?

-                      Non c’est pas la peine faut que je demande un truc à Tyler.

-                      A plus tard alors ! lança Drago en sortant de la salle.

 

La porte se referma derrière lui et il fonça à toute vitesse à l’aile droite du troisième étage. Il n’y avait personne. Drago maudissait silencieusement le balafré quand il entendit des pas de l’autre côté du couloir. // Merde je suis arrivé plus vite que Tyler et Ally// Il ne savait pas où se mettre quand il sentit qu’on le tirait par la manche. Il ne vit rien jusqu’à se qu’il arrive dans les bras d’Harry, sous la cape d’invisibilité.

-                      Je vais te tuer Potter si tu me touches encore d’aussi près ! grogna t’il.

-                      La ferme.

Il regardèrent Ally et Tyler, bras dessus bras dessous, se diriger vers la statue, prononcer le mot de passe et rentrer des les appartements du professeur. Les deux ennemis attendirent une dizaine de minutes avant de s’y aventurer, jetant un sort d’insonorisation pour que leurs mouvements ne soient pas entendus, Harry ayant préalablement renforcé d’un sort la puissance de la cape. Il grimpèrent l’étroit escalier de pierre et arrivèrent dans la chambre où il n’y avait… personne. Ils observèrent attentivement la pièce sous tout les angles : rien de suspect. Tout comme Rogue avait pu l’observer plusieurs jours auparavant, cette chambre ressemblait tout simplement à une chambre, une chambre de mec avec les vêtements en désordre, la nourriture sur le lit et les livres éparpillés au sol. Il y avait également de nombreuses photos d’une vielle femme, et d’Ally… de vielles photos d’elle car on pouvait la voir assez jeune, environ 14 ans, comme sur celles qu’elle avait montrée à Drago. C’est alors qu’il remarqua la fissure dans le mur, celle que Rogue avait essayé d’ouvrir sans succès. Ils poussèrent mais rien n’y fit, la porte était bloquée.

-                      Comment on va faire ? demanda Drago, exaspéré par cet obstacle. Je suis sure que c’est important si c’est verrouillé !

-                      Arrête de paniquer pauvre idiot ! Je vais essayé un truc… j’avais prévu que ce ne serait pas si facile d’entrer ici alors au cas où j’avais prit une potion…

Il sortit de sa poche un petit pot contenant une espèce de crème verdâtre.

-                      Tu comptes refaire la peinture le balafré ? se moqua Drago avec une moue déconcertée.

-                      La ferme Malefouine ! C’est pour voir à travers les murs…

-                      Mais il va s’en rendre compte !

-                      Mais c’est fait exprès, c’est que dans un seul sens… aucun danger !

-                      Oh… faudra que tu me donne la formule… très pratique cette pommade pour les douches des filles.

-                      Pas idiot ça… murmura Harry avec un demi sourire en étalant une noix de pommade sur la porte.

En quelques secondes, la lumière provenant de la pièce secrète inonda les visages des deux espions et ils purent, avec horreur, voir ce qui se passait à l’intérieur : Une quinzaine de formes noires vêtues de cagoules encerclaient Ally, vêtue elle aussi de noir et le visage maculé de traces rouges et noires. Elle se tenait assise sur ses genoux, la tête levée vers le ciel, la bouche ouverte et le regard habité par un plaisir démoniaque. Tyler présidait la séance qui était, sans l’ombre d’un doute, l’initiation d’Ally au sein du clan d’Angmar. Un à un, les disciples de Tyler se passaient une petite dague, se coupaient la paume de la main et versaient quelques gouttes de leur sang sur Ally, dans sa gorge. Harry et Drago avaient envie de vomir et étaient pétrifiés, réalisant la puissance qui se dégageait de ce groupe. Bientôt, se fut Ethan qui se trancha la main, mais cette fois, il ne versa pas son sang sur Ally. Il s’agenouilla devant elle, lui décrocha son pendentif du cou et lui trancha à elle aussi la paume de la main. Le pendentif au creux de ses doigts, il prit la main d’Ally dans la sienne et ce fut à se moment précis qu’un choc parcouru l’ensemble du château. Au moment où leur sang se mélangea, le temps sembla se figer, et chacun crut que le ciel allait s’écrouler, tant sa couleur devenait sombre et sang. Le sol tremblait, les murs saignaient et la panique enveloppa les résidents de Poudlard. En une seconde, tout s’arrêta et le temps reprit son court normal, le ciel redevenant bleu et chacun reprenant ses activités comme si de rien n’était. Harry et Drago eux, avaient sentit ce choc de si prêt qu’il leur avait semblé qu’on venait de leur jeter un AvadaKedavra extrêmement puissant. Des larmes de douleur coulaient sur leurs joues tandis qu’ils continuaient d’observer le rituel qui touchait à sa fin. Harry souffla à Drago :

-                      Au mon Dieu… Tu vois ça ?

-                      De quoi, ce qui viens de se passer ?

-                      Non… l’aura qui entoure Ally !

-                      Tu vois son aura ?

-                      Oui… elle est presque aussi sombre que celle de Voldemort.

Drago sursauta à ce nom mais ne répondit rien. Les lumières s’estompèrent une à une alors que les disciples d’Angmar quittaient la pièce par un couloir secret et Ethan releva Ally pour la prendre dans ses bras.

-                      Te voilà à nouveau des nôtres maintenant ! lui susurra t-il avec fierté au creux de l’oreille.

Il l’aida à marcher et les deux espions durent se cacher en vitesse derrière le rideau du placard alors que Tyler et Ally revenaient dans la chambre. Ethan referma la pièce secrète et la scella. Ally attendait, appuyée contre le mur et le regardant avec contentement et désir. Lorsqu’il rencontra ce regard, Ethan s’approcha d’elle et l’embrassa, la bloquant contre le mur avec possession. Leurs caresses se mélangeaient et leurs vêtements se soulevaient dans une étreinte sauvage et passionnée. Dans leur coin, Harry et Drago ne savaient pas quoi faire. Impossible de bouger, impossible de fuir, obligés de regarder, d’entendre leurs ébats sans broncher.

-                      C’est pas vrai, murmura Harry avec panique, y vont pas faire ça maintenant ?!

-                      Je crois bien que si…

Partagés entre la gêne, la curiosité et la jalousie, ils durent rester là à attendre, attendre que la nuit soit fini pour s’enfuir…

 

Chapitre 8: Premier ébat …euh… débat

 

Dans son bureau, Rogue faisait les cent pas. Il regrettait finalement d’avoir envoyé Malefoy là-haut. Pour Potter, il n’en avait strictement rien à faire, mais il serait embêté que Drago se fasse prendre par Tyler… les représailles pourraient être sévères.

Mais dans son coin, caché sous la cape d’invisibilité aux côtés d’Harry, Drago se fichait pas mal de se faire prendre, il ne ratait pas une miette du spectacle, notant dans sa tête les bonnes idées qu’il remarquait et qu’il ne manquerait pas d’essayer dès qu’il en aurait l’occasion. Harry lui, ne savant plus où poser son regard, suivait avec attention la trajectoire des vêtements volant dans la pièce jusqu’à ce qu’un pantalon mal envoyé atterrisse sur sa tête, lui assenant un bon cou de boucle de ceinture dans l’œil. Il l’ôta sans bruit et se décida finalement à faire comme Drago, prétextant qu’il pourrait peut-être relever des indices utiles à Rogue.

Tout allait très vite car ils avaient devant eux un couple passionné, amoureux mais pas comme les autres. Ils étaient liés par bien plus que l’amour et l’attraction physique, comme s’ils étaient liés par leurs pouvoirs. Ils se connaissaient par cœur et chaque geste était à la fois brusque, attentionné et calculé, chacun sachant les points faibles de l’autre. Ils échangeaient des mots doux avec une animosité surprenante qui effrayait presque les deux observateurs.

Les deux amants étaient toujours contre le mur, ôtant à la va vite leur derniers vêtements sans interrompre leur baiser. A demie nue, Ally repoussa vivement Ethan qui tomba sur le lit et la regarda avec désir ôter sa jupe, presque entièrement déchirée, puis s’avancer vers lui avec séduction. Elle l’allongea encore un peu plus sur le drap et entreprit de le caresser à sa manière, effleurant du bout des doigts son torse frêle et son ventre marqué de bleus et de petites cicatrices. Voyant son homme un peu à l’étroit dans ses sous-vêtements, elle se décida à le libérer de son boxer, découvrant l’effet qu’elle lui faisait dans cette tenue. Elle passa sa langue le long de ce sexe offert, arrachant des gémissements étouffés de la part d’Ethan et une montée d’adrénaline au niveau du bas ventre de Drago et Harry. Elle remonta vers lui, laissant une trace humide sur son corps avant de l’embrasser avec tendresse. Il l’agrippa par la taille et la tourna doucement sur le lit de façon à l’allonger à coté de lui, avant de faire apparaître quelque chose au creux de sa main. Elle ne put voir ce que c’était jusqu’à ce qu’il le pose sur elle, la faisant sursauter par le contact froid d’un glaçon au creux de son cou. Il s’en empara avec sa langue afin d’échanger un baiser exotique, leur langue s’échangeant le glaçon avec lenteur, puis il le retira finalement pour le faire glisser doucement en soufflant dessus, passant entre ses seins, le long de son ventre jusque sur son nombril, atteignant bientôt son intimité. Très vite, il ne resta plus de glaçon, la chaleur du corps d’Ally ayant favorisé la fonte de la glace. Elle avait la chair de poule tandis qu’il s’activait entre ses cuisses, dirigé par le rythme qu’elle lui imposait de sa main posée dans ses cheveux. Il remonta vers elle et l’embrassa. Toute brusquerie avait désormais disparue, faisant place à la tendresse et à la douceur. Il fit courir sa main le long du corps de sa maîtresse jusqu’à son bas ventre et elle compris immédiatement son intention, écartant les jambe pour le laisser entrer au plus profond d’elle. Elle noua ses jambes autour de sa taille, se laissant aller au plaisir qui l’envahissait tandis qu’il faisait des vas et viens de plus en plus rapides et de plus en plus profonds. Elle passa ses bras autour de lui et prit le dessus, imposant désormais le rythme que donnait son bassin. Ethan la regardait, l’embrassant et la caressant sans la quitter des yeux, admirant les courbes de ce corps qu’il n’avait pu oublié et qui avait hanté ses nuit pendant si longtemps. Pour lui comme pour elle, le temps semblait s’être arrêté et ils savouraient chaque mouvement, chaque caresse et chaque baiser échangé dans un souffle entre les plaintes et les mots d’amour.

Alors qu’ils s’emmêlaient dans les draps, bougeant sans cesse et changeant de dominante sous l’afflux du plaisir, Ally s’agrippa brusquement à l’oreiller, serrant les poings si fort que ses jointures en devinrent blanches. Le mouvement d’Ethan se fit plus fort et plus rapide alors que sous lui, Ally se tordait de plaisir, submergée par l’orgasme. En quelques secondes, son amant la rejoignit enfin, se libérant en elle dans un long râle. Elle le repoussa doucement, ses mains glissant sur son torse à cause de la sueur. Elle posa sa tête sur son torse alors qu’il dirigeait sa main vers la table de chevet, y attrapant un cachet doré qu’il avala sans cérémonie. Sans un mot et après un baiser, ils s’endormirent, laissant la voix libre aux deux voyeurs dissimulés sous la cape.

                Au fil de la scène, Drago et Harry en avaient oubliés leur état de prisonniers, obnubilés par le spectacle qui se déroulait sous leurs yeux. Mais lorsque ce fut fini, ils réalisèrent finalement leur position, et avec qui ils se trouvaient. Si Drago n’était pas gêné plus que ça, Harry lui se sentait énormément honteux d’avoir regardé la scène et sa teinte rouge homard en attestait clairement. Pour Drago, c’était la blancheur de ses cheveux qui avait déteint sur son visage sous l’afflux de la jalousie envers Ethan et Ally. Autant dire que le jeune Serpentard n’appréciait pas beaucoup de voir sa protégée dans les bras d’un autre. Mais ça n’était plus le moment d’avoir des états d’âme. Il était temps de quitter la pièce le plus discrètement possible pour se mettre à l’abri du moindre dérapage. D’un signe de tête ils se mirent d’accord pour se préparer à partir. Ils se levèrent, tirèrent le rideau sans bruit et avancèrent à petit pas au milieu de la chambre sombre et silencieuse. Malgré leur peur et leur tremblement, ils ne parvinrent pas à troubler le sommeil paisible des deux amants et réussirent à regagner le corridor après avoir fait glisser la gargouille grâce au mot de passe. Mais alors qu’ils ôtaient la cape pour quitter au plus vite le second étage, une voix riante les interpella, une voix qui ne leur inspira que terreur et folle envie de disparaître.

-                      Alors les garçons ? demanda Tyler, vêtu d’une robe de chambre noir et debout face à eux à l’autre bout du couloir. Le spectacle vous a plut ? (devant le silence béat des deux garçons, il continua, en s’avançant lentement vers eux :) J’imagine que vous ne vous êtes pas introduit dans mes appartements seulement pour vous rincez l’œil… cela sent le complot à plein nez… et j’ai l’impression qu’un certain professeur se sert de vous pour m’espionner… mais je vais faire comme si je ne le savait pas et passerai l’éponge là-dessus… cela va sans dire que je ne dirai rien à Miss Stanford à condition que je ne vous retrouve plus dans mes pattes à fouiner… parce que je suis sure qu’elle n’apprécierai pas du tout de savoir  que vous nous avez vu ce soir… à bon entendeur : bonsoir.

 

Et sur ce il retourna dans ses appartements, laissant là les deux adolescents, pétrifiés de stupeur et d’étonnement. Ce ne fut qu’après quelques secondes qui leur parurent des heures qu’ils se décidèrent à retourner dans leur dortoir pour tenter de dormir un peu. Mais a peine atteignaient-ils le bas des escaliers que Rogue déboula devant eux, le regard étrange. Il semblait agité, préoccupé et près de faire une crise cardiaque… mais tout ceci « à la Rogue », seulement dans son regard, gardant un certain calme et un visage inexpressif. Il s’adressa à eux à basse voix mais sur un ton qui ne présageait rien de bon :

-                      Venez, suivez-moi vite dans mon bureau. Vous me raconterez ce que vous avez  vu mais pour l’instant il y a plus urgent. J’ai découvert des choses inquiétantes à propos de Stanford et Tyler.

Harry et Drago échangèrent un regard alarmé et le suivirent sans un mot à travers les couloirs silencieux et désert de leur école. Si les deux adolescents n’étaient pas habitués à se balader la nuit dans les couloirs, ils auraient été surpris par l’étrange spectacle qui s’y déroulait la nuit. Car au rez-de-chaussée, quand ils pensaient que tout le monde dormait, les comparses contenus dans les tableaux se plaisaient à se rejoindre dans la plus grande pièce d’art du château intitulée « Argent et décadence au Parthénon » pour des soirées aussi féeriques que déjantées au milieu des muses de l’Antiquité grecque. Alors que les chevaliers de l’ordre de Merlin du XIXème siècle effectuaient un poker particulièrement arrosé et que Betsie, premier elfe de maison déclaré au service d’un sorcier, se lançait dans une danse du ventre effrénée devant les yeux ébahis des anciens professeurs de potions de Poudlard, les trois hommes rejoignaient enfin le couloir des cachots, puis le bureau de Rogue. Ils s’y installèrent et Rogue garda un instant le silence avant de commencer d’une voix essoufflée, s’appuyant sur une pile de dossiers impressionnante.

-                      Je ne vais pas vous faire languir plus longtemps, vous savez déjà tout les deux beaucoup à propos de cette affaire et au point où nous en somme… j’ai réussit à me procurer un tas d’informations à propos de nos deux « ennemis » et je dois vous dire qu’il va falloir agir au plus vite. Commençons par Ally : que savez vous sur elle ?

-                      Euh… commença Harry. Elle est Américaine, ses parents ont déménagé ici cette année, elle était à Darkfield  l’an passé et…

-                      Moi je sais qu’elle a eu une liaison très forte avec le mage Tyler et qu’apparemment elle c’est remise avec…. Qu’elle n’aime pas les potions, qu’elle a peur du professeur Rogue mais qu’elle l’aime bien… et qu’elle a un chat, mais elle ne sait pas d’où il vient… ah oui : vous m’aviez dit que ses parents avaient disparus.

-                      Bien. Abrégea Rogue. Remettons les pendules à l’heure : Ally est bien américaine et elle était bien à Darkfield. Elle n’a pas déménagée ici avec ses parents. Elle a été placé ici par le ministère de la magie américain chargé des peines judiciaires pour les criminels de moins de 17 ans.

-                      Des criminels ? interrompit Harry. Qu’est-ce que cela veut dire ?

-                      Elle a été arrêtée l’an dernier pour meurtre sur les personnes de sa famille et de ses amis. D’après ce qu’elle a dis lors de son procès, elle a été influencée par le mage Ethan Tyler et l’a fait dans la croyance d’une légitime défense. Elle était également soupçonnée d’autres meurtres et enlèvements de personnes importantes dans le milieu de la magie. Seulement, l’existence du mage Tyler n’a jamais put être prouvée et elle aurait du être envoyée à Azkaban si Dumbledore n’avait pas intervenu.

-                      Dumbledore est au courant ? Pourtant il ne vous croyait pas après le procès !

-                      J’y viens : c’est lui qui m’a remis ces dossiers lors d’une convocation. Il se trouve qu’Albus se retrouve face à la première erreur de sa carrière : il ne croyait pas non plus l’existence du mage Ethan Tyler et l’a engagé en pensant qu’il pourrait l’assagir si il était vraiment mauvais.

-                      Taré le vieux fou… c’est ce que je disais…. Marmonna Drago.

-                      Toujours est-il qu’il c’est rapidement rendu compte de cette erreur et a tout mis en œuvre pour apprendre le plus de chose sur lui et son armée… et autant dire qu’il a bien fait.

-                      Pourquoi ça? demanda Harry, redoutant la réponse.

-                      Et bien, il semblerait que Tyler soit plus dangereux que l'on ne le pensait.... et je crois  qu'Ally ne le sait pas elle-même.

-                      Oui allez-y, pressa Drago de plus en plus inquiet, arrêter de tourner comme ça autour du pot!

-                      D'après les informations communiquées par un ami américain de Dumbledore, Ethan John Tyler serait né dans une campagne du Missouri au sein d'une famille entièrement moldue en..... 1903.

-                      Quoi?!!! s'exclamèrent en cœur Harry et Drago, avant qu'Harry ne commente: Il serait plus vieux que Voldemort?

Drago frissonna à ce nom puis le professeur reprit:

-                      Il semblerait oui... et cessez de m'interrompre avec vos commentaires idiots où l'on risque d'y passer la nuit! Enfin... toujours est-il qu'il eu une enfance plutôt heureuse malgré la pauvreté de sa famille. Mais ce fut lorsqu'il découvrit ses pouvoirs vers l'âge de 15 ans que tout se compliqua légèrement. D'abord considéré comme magicien et adulé par ses camarades, il fut ensuite considéré par les adultes comme un sorcier, quelqu'un de dangereux, puisque ce mot signifiait- et signifie toujours pour certain- "adepte de magie noire". Il dut se cloîtrer chez lui pendant des mois entiers avant de s'enfuir de la maison pour protéger ses parents contre les réactions violentes des habitants du village. Il avait seulement 16 ans.

-                       Et du coup il s'est servit de la magie noire pour se venger, conclut Harry avant que Rogue ne s'énerve pour de bon:

-                      Je vous ai dit de cessez de m'interrompre Mr Potter!!!!(puis il reprit de sa voix monotone:) Ca n'est pas aussi simple figurez vous. Il ne connaissait rien à la magie, ne savait pas utiliser ses pouvoirs et ne savait pas pourquoi et comment il les avait eu...

-                      Alors il a parcouru le monde pour trouver des réponses! coupa Drago.

-                      Exactement, répondit Rogue, agacé.

-                      C'est pas un peu téléphoné, non? reprit le Serpentard. On voit ça partout, on dirait un pauvre bouquin moldu avec les pauvres orphelins qui veulent découvrir leurs origines à travers le monde!... j'y crois pas une seule seconde!

-                      Et bien si vous n'y croyez pas je ne vois pas pourquoi je perds mon temps à vous raconter cela! Laissez moi au moins terminer! C'est trop vous demander?

-                      .....

-                      Bien. Il partit donc à travers le pays a la recherche d'autres magiciens. Il découvrit ainsi SpellTown Square, l'équivalent du chemin de traverse, au sein de la ville de Chicago. Il avait 17 ans, c'était donc en 1920. Il ne connaissait personne et se méfiait de tous ses gens semblant considérer la magie comme quelque chose de naturel jusqu’à ce qu’il ne rencontre une jeune fille un peu plus âgée que lui, du nom de Chryséis Tyndare. Issue d’une famille riche de sang pur, elle se prit malgré tout d’amitié pour lui et lui tomba amoureux d’elle. N’étant que de passage à Chicago, la jeune fille proposa à Ethan de l’accompagner chez elle, en Angleterre. Il partirent donc pour l’île où elle l’hébergea, contre l’avis de sa famille, dans la maison familiale qu’elle possédait à côté de Londres, en plein quartier moldu. Pendant plusieurs années, elle lui enseigna la magie sans que jamais il n’ose lui avouer ses sentiments. Il finit par le regretter lorsque Chryséis rencontra un moldu prénommé Thomas. Peu à peu, elle s’éloigna de Tyler, devant cacher à Thomas son identité magique. Elle partit finalement vivre avec lui pour l’épouser, ignorant les conseils d’Ethan qui pressentait que cette histoire tournerait mal. Lui avouant qu’elle est enceinte, elle quitta finalement le jeune homme rongé par la jalousie envers Thomas et l’enfant que Chryséis portait. 

-                      Oui bon, coupa Drago. C’est bien joli tout mais vous voulez pas en venir aux faits s’il vous plait ?

-                      Minute. S’il était en colère, il respectait malgré tout le choix de cette femme qu’il respectait plus que tout. Mais lorsqu’il appris que Thomas, découvrant la réelle identité de son épouse, la mit dehors, enceinte dans le froid, il se décida à la venger. Apprenant par la suite la mort de celle-ci alors qu’elle mettait au monde l’enfant, il en devint presque fou.

-                      Alors Tyler a voulu récupérer l’enfant, l’élever et en faire un grand mage noir ! s’exclama Drago, de plus en plus moqueur.

-                      Pas du tout. C’est là que cette histoire prend un autre tournant. Après avoir mis au monde son fils, elle le confia avant de mourir à un jeune couple inconnu qui plaça l’enfant à l’orphelinat où, il faut le dire, il n’était pas heureux. Il vécut ensuite à Poudlard où il fit de brillantes études, mais avec d’autres projets en tête. Et alors que Tyler cherchait Thomas à travers le pays, ce fut finalement l’enfant qui tua son propre père à l’âge de 21 ans.

-                      Attendez, coupa Harry, pensif.  Cette histoire me rappelle quelque chose. (puis, comprenant :) ne me dites pas que l’enfant était….

-                      Si… répondit simplement Rogue alors que Drago n’arrivait plus à suivre :

-                      Vous pourriez développer s’il vous plait, parce que j’ai pas fait « Trelawney » en seconde langue moi !

Rogue reprit :

-                      Lorsque Chryséis mit son fils au monde, elle l’apporta donc à un couple inconnu à qui elle donna une ultime recommandation avant de mourir : elle veut que l’enfant porte le nom de son père, mais aussi, en souvenir de son ami Ethan, les initiales TEJ(Tyler, Ethan John). Elle demanda donc à ce que l’enfant grandisse sous le nom de Tom Elvis Jedusor.

Un lourd silence s’installa avant que Drago ne le brise, exaspéré :

-                      Cette histoire est bien trop tirée par les cheveux pour être vraie ! C’est n’importe quoi ! On continue dans le cliché à deux balles de la pauvre femme qui accouche sur le pavé et crève en mettant au monde un être hors du commun. Balivernes !

-                      C’est pourtant la véritable histoire de Voldemort ! intervint Harry, faisant frissonner les deux autres.

-                      C’est peut  être vrai mais de là à dire que Vous Savez Qui est lié à Tyler…. Et puis, comment pouvez vous avoir tant de détails alors que Tyler est sois disant presque inconnu des Aurors ?

-                      C’est que… hésita Rogue, nous avons reçu une aide très précieuse et inattendue. (Il se retourna vers un petit passage dans le mur, pas plus grand qu’un trou de Nifleur, et appela d’une voix qui se voulait douce :) Mystère !

-                      Mystère ? s’étonna Drago. Le chat d’Ally ?

-                      Oui, le chat qu’Ally a reçu un jour sans savoir d’où il venait, répondit calmement Rogue alors que le chaton venait se poser gracieusement  sur le bord du bureau.

Drago allait éclater de rire mais il ne le fit pas, effaré alors que l’animal se transformait progressivement en… femme.

Drago se frotta les yeux et souffla, épuisé :

-                      C’est moi ou cette histoire commence sérieusement à se compliquer ?

 

 

Chapitre 9 : Premières désillusions

 

C'était une assez belle femme à dire vrai. Cheveux noirs de jais, yeux bleus presque violets, la peau bronzée comme si elle avait passé sa vie sur une gouttière ensoleillée... Drago aurait presque bavé si les circonstances avaient été différentes. Mais la première chose qui lui vint à l'esprit fut d'autant plus dramatique :

-                      Mais... mais... vous êtes animagus depuis le début ? s'épouvanta-il. Promettez moi de ne dire a personne ce que vous avez vus dans mes appartements !

-                      Je n'en dirais pas un mot, fit-elle d'une voix douce agrémentée d'un clin d'œil complice tandis que Rogue se murmurait à lui même :

-                      Je ne veux même pas savoir ce qu'elle y a vu ...

C'est alors qu'Harry intervint, agacé de tout ces rebondissements à répétition :

-                      Qui êtes vous ?

-                      Je m'appelle Marta et j'ai été servante dans la famille Tyndare pendant des années avant de devenir ce que je suis...

-                      C'est à dire ? Plus chat que femme en fait... a vrai dire, un chat magique.

-                      Mais encore, pressa cette fois Drago, lui aussi agacé.

-                      Une sorte d'animagus. Je dispose de neuf vies d'environ 18 années maximum, et j'en suis désormais à ma sixième. En partant de chez elle, Chryséis me prit avec elle, et avant que je ne meurt de vieillesse, la jeune fille que j'avais élevé me fit l'honneur de me transformer en cet animal.

 

Harry et Drago ne répondirent rien, fatigués de tout cela, leur cerveau peinant à assimiler toutes ces histoires rocambolesque mais visiblement vraies. Rogue fit un signe à Marta pour qu'elle continue :

-                      J'ai suivit ma maîtresse jusqu'à sa mort, et ensuite, j'ai pensé surveiller et protéger son fils. Lorsque la route de Tom croisa celle d'Ethan, j'ai su que je serais plus utile à ce dernier plutôt qu’à ce jeune garçon déjà si mauvais.

-                      Et lors de cette rencontre, que c'est-il passé? demanda Drago.

Elle prit une inspiration et commença son récit en fronçant ses jolis yeux comme une vielle femme qui peine à se souvenir:

-                      Et bien... ce n'est pas facile à raconter mais...voilà: C'était à Little Hangleton en 19....

Elle ne put continuer car la sonnerie se mit à retentir dans tout le château, annonçant aux pauvres élèves que le temps était venu de quitter les bras de Morphée pour ceux du "Dieu des Etudes". Harry et Drago s'effondrèrent dans leurs sièges, effarés:

-                      Je ne tiendrai jamais toute la journée, souffla Harry.

-                      Et moi je tiendrai certainement plus longtemps que toi, annonça Drago avec défi mais peu de conviction.

Rogue et Marta les regardaient avec agacement, peu satisfaits du manque de politesse dont ils venaient de faire preuve en laissant paraître le peu d'intérêt qu'ils portaient aux histoires de Marta. Rogue les congédia avec colère et pria Marta de reprendre son apparence féline pour rejoindre Ally avant qu'elle ne se réveille.

Drago et Harry s'étaient quittés sans un mot et rejoignirent chacun leur dortoir en marchant comme de véritable zombies. Le jeune Serpentard ne vit aucune trace de sa colocataire mais n'y fit guère attention, se préparant pour ses cours avec une énergie phénoménale, proche de celle d'une limace grippée. Lorsqu'il descendit déjeuner dans la grande salle, Harry y était déjà, affalé dans son assiette sous les regards compatissants d'Hermione et de Ron. Drago en fut un peu agacé mais n'y pensa plus, trop fatigué pour pouvoir réfléchir. Il allait s'endormir sur place quand des chuchotements et des rires l'interpellèrent. Il releva la tête puis suivit le regard des autres élèves. Ally venait de débarquer en trombe dans la Grande Salle, visiblement très en colère. Elle se dirigea droit sur Harry et lui flanqua une gifle Royale:

-                      Comment as-tu osé, Potter?! hurla-t-elle. Attends-moi dans le couloir on a à se parler je crois.

Harry obéit, tout penaud, et quitta la salle sous les rires et les commentaires des autres,"Le survivant a peur d'une fille!" se moquaient-ils. Ally se dirigea ensuite vers la table des Serpentards et Drago, avalant sa salive, compris qu'Ally était au courant de leur petite escapade nocturne. Mais au moment où elle allait le gifler à son tour, il lui prit le poignet fermement et la regarda avec froideur, la coupant avec autorité:

-                      Pas de scandale, je t’interdis de me parler comme tu viens de le faire avec Potter. Je te suis.

Ally fut déstabilisée un instant, quelque peu vexée aussi d'être humiliée en public par quelqu'un qu'elle voulait punir, mais partit rejoindre le Gryffondor, suivie par Drago. Dans le couloir, Harry paniquait un peu mais il fut rassuré en constatant que Drago ne perdait pas son sang froid et ne laissait pas Ally les diriger:

-                      Allons dans nos appartements, l'endroit n'est pas très bien choisit, ordonna-t-il.

Ils montèrent tout les trois en silence chez les Serpentards sous les regards incrédules de ceux-ci qui n'avaient pas l'habitude de voir Drago Malefoy en compagnie d'Harry Potter. Ils s'enfermèrent dans les appartements des préfets et Ally fonça dans sa chambre pour revenir avec un sac, celui d'Harry, qu'elle lui balança à la figure en hurlant:

-                      Alors? Ca vous a plut?!!

Harry ne répondit rien, rouge pivoine, mais Malefoy décida de jouer la carte de la provocation:

-                      Oui c'était très intéressant. Moi qui te croyait "Sainte Nitouche", j'ai découvert ton autre facette de "Tigresse au plumard".

-                      Espèce de salaud! s'exclama-t-elle à son égard.

-                      Je te retourne le compliment! Coucher avec l'ennemi ça doit être sympa non?

Ally, folle de rage, voulut le gifler de nouveau mais Drago l'en empêcha, lui saisissant les mains et la renversant sur le sofa pour la bloquer sous lui avant de reprendre avec dédain:

-                      Ah oui, c'est vrai que c'est Toi, l'Ennemi, maintenant! Qu'est-ce que tu comptes faire? Régner sur le Monde aux côtés de Tyler? Tu crois peut-être qu'il va te laisser en vie après tout ça?!

-                      Arrête tes conneries et lâche-moi Drago! protesta-t-elle.

-                      Je t’interdis de prononcer mon nom!!! explosa-t-il en lui assenant une gifle qui la sonna un instant.

-                      Comment as-tu osé me frapper?! s'indigna-t-elle.

-                      Et toi comment as-tu osé me trahir pour rejoindre ce salaud qui a bousillé ta vie?!! Je te faisais confiance!!

-                      Je l'aime, répondit-elle simplement, les larmes aux yeux.

-                      Et alors? répondit-il, insensible.

-                      Il m'aime, continua-t-elle, pleurant de plus en plus.

-                      C'est ce que tu crois!

-                      Quoi?

-                      Il ne t’est jamais venu à l'esprit qu'il aurait pu se servir de toi pour protéger ses pouvoirs? Qu'il t'aurait séduite pour se protéger lui-même?

-                      Jamais il ne me mentirait, et je m'en serais rendue compte!

-                      Tu m'as pourtant dit qu'il était l'as dans l'art de manipuler les gens! Pourquoi il ne t’aurait pas manipulé toi?!

-                      La ferme !!! rétorqua telle, perdue.

-                      Tu es au courant que cette année il atteint le centenaire? Qu'il a près d'un siècle? Ou bien a-t-il jugé qu'il n'était pas utile de te prévenir?

-                      Tu es complètement taré!

-                      Mais bien sûr! ria-t-il avec ironie. C'est toi qui bois le sang d'un mage et c'est moi qui suis taré! (Il reprit plus calmement et avec une expression sévère sur le visage:) Tu es au courant qu'il a été initié à la magie noire par la mère de Voldemort, qu'il voulait se venger de lui et que...

Drago s'arrêta, réalisant qu'il n'en savait pas davantage sur Tyler et qu'Ally était déjà en pleurs. Il la relâcha et repartit au fond de la pièce, se recoiffant dans le miroir d'un air indifférent alors qu'Ally se relevait péniblement et qu'Harry restait collé contre la porte, pétrifié. La jeune fille se dirigea vers lui pour sortir et lui demanda d'une voix éteinte:

-                      Et toi? J'imagine que tu es d'accord avec lui?

Harry hocha positivement la tête et Ally reprit:

-                      Pourquoi je vous croirais? Vous n'en avez aucune preuve!

-                      Suis ton instinct, proposa Harry alors que Drago suggérais, sans se retourner vers elle:

-                      Parle à Tyler de Chryséis Tyndare, on verra ce qu'il en pense.

Ally resta plantée là alors que Drago quittait la pièce sans un regard pour elle, suivit par un Harry plus gêné que jamais. Ce jour-là, il n'y eut aucun cours de DCFM et Ally n'assista à aucun de ses cours.

 

Après le départ des deux garçons, Ally était restée là plusieurs minutes, perdue au milieu de ses certitudes et de ses doutes. L'intervention de Drago et Harry l'avait beaucoup touchée. Tout d'abord parce qu'il s'agissait de deux personnes qui se détestaient et qui s'étaient malgré tout alliés pour la protéger. Ensuite parc que jamais elle n'avait vu Drago se comporter d'une telle manière avec elle. Les durs mots du jeune Serpentard lui avaient fait comprendre qu'elle avait perdu tout estime auprès de lui, et ça, elle le regrettait. De plus, elle se doutait que toutes ces manigances étaient sous l'initiative de Rogue, et elle ne savait pas pourquoi, cela lui faisait plaisir. Elle décida finalement d'aller parler avec Ethan, mais en faisant tout de même attention à ce qu'elle allait dire et de quelle manière, car si jamais les garçons disaient vrai, il ne fallait pas que cette discussion tourne mal.

Les cours commençant dans plus de vingt minutes, elle passa par la salle du professeur mais ne l'y trouva pas. Elle monta alors dans ses appartements et pris garde à reprendre son air habituel, oubliant les mots troublants de Drago. Mais dès qu'elle aperçu Ethan, elle ne put s'empêcher de ne pas douter de lui et s'élança dans ses bras. Sortant de la salle de bain et vêtu d'une simple serviette, il la rattrapa au creux de ses bras, surpris par cette visite imprévue:

-                      Et bien mon ange! Tu ne peux plus te passer de moi!

Ally ne répondit rien, blottissant sa tête dans le cou du professeur. Il la berça un moment puis la fit asseoir sur le lit pour qu'il puisse s'habiller. Regardant avec admiration ce corps façonné par les épreuves et orné de petites perles d'eau, elle se souvint finalement de la raison qui l'avait amenée ici. Prenant son courage à deux mains, elle décida de ne pas trop tourner autour du pot:

-                      Dis-moi... je me demandais si tu avais déjà rencontré Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom?

-                      Oui je t'en ai déjà parlé, répondit-il, dos à elle, en cherchant une chemise pour aller avec son pantalon de cuir.

-                      C'était il y a longtemps?

-                      Oui, assez, répondit-il distrait. Pourquoi?

Ally, ne sachant plus comment venir au sujet, commença par le commencement:

-                      J'ai été voir Potter tout à l'heure parce que, figure-toi que j'ai découvert qu'il nous avait espionné cette nuit, et avec Malefoy qui plus est!

-                      Tu l'as découvert comment? questionna-t-il en enfilant ses chaussettes.

-                      J'ai trouvé son sac dans la penderie et un morceau cassé du bracelet de Drago.

-                      Pas très doué les deux gosses, commenta-t-il simplement avant de se retourner vers elle. Pour tout t'avouer, je le savais déjà.

-                      Et tu ne m'as rien dit?! s'offusqua t-elle. Tu l'as su quand?

-                      Très vite à vrai dire, se contenta-t-il de répondre avec un sourire malicieux dont lui seul avait le secret.

-                      C'est-à-dire?

-                      Quand tu m'as déshabillé, tu as envoyé valser mon pantalon, comme d'habitude d'ailleurs. Sauf que mon pantalon s'est mit à flotter dans le vide un instant avant de n'être détourné et reposé sur le sol sans bruit. C'est là que j'ai compris que quelqu'un devait être caché sous une cape d'invisibilité ou un autre sort quelconque.

-                      Pourquoi tu n'es pas intervenu?! s'écria t-elle, quelque peu gênée.

-                      Bah... dans le feu de l'action, j'avais pas envie d'arrêter... enfin de t'arrêter... et puis... je dois avouer que de savoir qu'on nous regardais ne me déplaisais pas...

Ally lui flanqua une tape sur l'arrière du crâne et il l'embrassa alors qu'elle bougonnait:

-                      Pervers...

-                      Oui et fier de l'être! rétorqua-t-il avec un sourire puis se levant pour finir de s'habiller.

Une fois habillé, il se tourna vers son miroir pour coiffer au mieux ses cheveux, relançant alors la conversation:

-                      Alors? Tu me disais que tu étais allée voir Potter à propos de cette nuit et...?

-                      Ah oui, eummm.... bah j'ai parlé avec lui et Malefoy jusqu'à ce qu'ils me prennent en grippe à propos de nous (ne sachant plus comment s'y prendre, elle balança sa question en faisant semblant de rire comme si elle rapportait la dernière blague des frères Weasley:) ils racontent que tu... pff c'est idiot... que tu as un siècle!

-                      Ah oui? répondit Ethan en se retournant d'un air étonné. Et tu les crois?

-                      Non, bien sur!... je devrais?

-                      Et bien... à vrai dire ils n'ont pas tord... je ne t'ai rien dit parce que...

-                      Parc que tu n'as pas confiance en moi! s'énerva soudainement la jeune Serpentard.

-                      Mais non ce n'est pas ça...

Il vint s'asseoir à ses côtés et Ally crut, pour la première fois, déceler un gêne dans l'attitude de son amant.

-                      Je vais te raconter l'histoire du début puisque c'est ce que tu me demandais: je suis né en 1903, ça c'est vrai. Mes parents étaient moldus et j'ai dut quitter mon village pour partir en Angleterre, mais ça tu le sais déjà. J'y ai appris qu'un jeune homme propageait des idées raciales à l'encontre des sangs mêlés ou des « sang de bourbe » comme moi, et j'ai décidé de le rencontrer.

 

Flash-Back

 

J'ai fini par retrouver sa trace à Little Hangleton et je me suis joint à un groupe d'adeptes des idées de Jedusor qui devait le rencontrer et se joindre à lui, le fameux "Voleur d'âme", comme il se faisait surnommé il y a longtemps. Le rendez-vous était tenu à la maison des Jedusor, bien entendu, et nous étions une petite dizaine à pénétrer dans la vieille bâtisse en plein hiver 19... Nous l'avons rencontré dans un large salon, à peine meublé de quelques tapisseries et d'un grand fauteuil ancien installé face à la cheminée. Il était impressionnant, ce gamin, vêtu d'une robe de sorcier de velours noir et accompagné d'un serpent qui reposait à ses pieds en sifflant. Les pauvres gosses qui étaient présents buvaient ses paroles comme du lait de licorne et approuvaient tout ses mots avec ferveur. Je n'avais plus entendu une voix si douce scander un chant aussi sombre depuis le troisième Reich:

 

" Vous êtes là, comme moi, pour défendre vos droits. Vous descendez de familles de haut rang, de sang pur, et vous devriez être les seuls à pouvoir décider du devenir de la communauté sorcière. cette communauté est maintenant assaillie et envahie pour des enfants de moldus, des sang-mêlées, des enfants de traître et d'incapables. Après avoir envahis nos villes, nos écoles, certains envahissent désormais notre ministère. Il est temps de reprendre en main notre de magie et de protéger notre descendance contre la souillure de ces bridés."

 

Lorsque l'on pense qu'avec ce discours Voldemort avait réussit à rallier une armée, on se demande bien ce qu'il pouvait bien y avoir dans la tête de ces jeunes gamins. Jamais il ne leur vint à l'esprit qu'ils pouvaient être, eux, les Sang pur, les "immondices" de la communauté sorcière. Enfin... Mes camarades furent conduits au sous-sol du manoir où, je pense, ils furent initiés et devinrent les Mangemorts au service de Tom. Mais je n'avait pas l'intention d'en devenir un et je n'était là que pour me confronter à lui... je restai donc là, décidé à parler seul à seul avec lui malgré les conseils généreux de ses serviteurs. Sans prononcer un mot je ne bougeais pas, attendant qu'il se retourne enfin vers moi. Il me dévisagea et me jaugea de la tête aux pieds avant de s'adresser à moi d'une voix ennuyée:

-                      Et bien? Qu'attends-tu?

-                      Je désirerais vous parler, Monseigneur, répondis-je en exagérant bien le mot de façon à ce qu'il comprenne mon dédain.

-                      Fais-vite.

-                      Je n'irais pas par quatre chemins: Je suis ici pour vous proposer un Duel.

-                      Un Duel? s'étonna t-il, amusé. Que me vaut cet honneur?

-                      Je suis un vieil ami de votre mère et je ne pense pas qu'elle se plairait à voir son fils traîner dans la boue des gens semblables à ceux qu'elle protégeait.

-                      Ne parle pas de ma mère, tu n'en as aucun droit, tu ne sais rien d'elle! protesta vivement le jeune homme en se levant et perdant brusquement son sourire.

-                      J'en sais certainement plus que toi mon garçon. Elle a aimé un moldu, votre père, et m'a protégé moi, né de parents moldus,...

-                      Tais-toi! hurla Jedusor en perdant tout contrôle, apparaissant pour la première fois tel qu'il était: un jeune garçon seul et plein de haine. N'offense plus sa mémoire et sort d'ici avant que je ne te tue!

-                      Je ne partirais pas avant de t'avoir affronté, Gamin. Et je te prierai de me vouvoyer, je suis ton aîné et tu me dois le respect.

Tom fulminait et je m'en réjouissais. Il s'avança et me fit face, ôtant sa cape et sortant sa baguette. Je fis de même et quelques secondes plus tard, les sorts fusaient de toutes parts. Mais chaque attaque était détournée et aucun d'entre nous ne parvenait à prendre le dessus. Très vite, nos auras apparurent, attestant de l'énergie considérable que nous utilisions et nous entourant de Noir pour lui et de rouge pour moi. Le combat durait, encore et encore alors que les serviteurs du Lord essayaient vainement d'ouvrir les portes verrouillées. De plus en plus fatigués et notre énergie magique diminuant au fil du temps, nous savions que l'issue du Duel dépendais du premier qui trébucherais. Et se fut lui qui, déstabilisé par un sort, perdit l'équilibre et fut désarmé. Je le tenait en joug prêt à le tuer, mais alors qu'il était au sol, je ne put me résoudre à le faire... je savais que sa mère, là où elle repose, m'en aurait voulut. Et je quitta la sinistre cabane et y laissa Tom en me promettant que tant que je serais vivant, les sangs purs ne prendrais pas le pouvoir du ministère.

 

Fin du Flash-Back

 

Ally le regardait, presque attendrie mais quelques peu offensée de n'apprendre toute cette histoire qu'après plusieurs années passées auprès de lui. Et ce fut à ce moment qu'elle se souvint des mots de Drago. Sans attendre elle se jeta à l’eau :

-                      Qui est Chryséis Tyndare?

La réaction ne se fit pas attendre et Ethan fit exactement ce qu'Ally redoutait: il s'arrêta brusquement et, lorsqu'il se retourna vers elle, il affichait une expression choquée sur le visage et ses yeux brillaient d'une lueur étrange.

-                      Comment as-tu appris ce nom? interrogea-t-il, presque en colère.

-                      C'est la mère de Jedusor, n'est-ce pas? continua-t-elle sans répondre à sa question.

-                      Comment as tu appris ce nom?! reprit-il avec plus de force.

-                      Ca ne te regarde pas, répondit-elle en défi. Qui est-ce ?

-                      Mon passé... ça ne te regarde pas, scanda t-il à son tour.

-                      Nous sommes ensemble, Ethan, et tout ce qui est de mon passé tu le connais déjà. Alors j'ai le droit de connaître le tien!

Ethan réfléchissait. Il n'avait jamais reparlé de Chryséis depuis sa mort et l'entêtement d'Ally l'agaçait de plus en plus. Il se décida finalement à lui en parler, mais avec colère et dédain:

-                      Chryséis a été la seule amie que je n’ai jamais eue. elle m'a tout appris. C'est grâce à elle que j'ai acquis une telle maîtrise de mes pouvoirs. Je lui dois tout.

-                      C'était ta maîtresse? demanda Ally avec jalousie.

-                      Ca ne te regarde pas!

-                      Mais c'est une simple question: vous avez été amants oui ou non?

-                      Arrête un peu veux-tu?!

-                      J'ai le droit de savoir non? Tu m'as dit que tu n'avais jamais aimé quelqu'un d'autre que moi mais quand tu parles d'elle, tes yeux trahissent ton mensonge... dit-moi la vérité!

Ethan explosa, la faisant sursauter:

-                      D'accord: tu veut la vérité, tu va l'avoir! Chryséis était la seule femme que je n’ai jamais aimée et que je n’aimerais jamais!

Ally, sous le choc, mit un instant à reprendre ses esprits:

-                      ... la seule? Alors tu... et moi?

-                      Toi? répondit-il en riant, tellement énervé qu'il ne paraissait plus en colère. Toi, tu n’es pas une femme Ally, tu n’es qu'une gamine!

-                      Attends qu'est-ce que...

-                      Qu'est-ce que quoi?

-                      Ca n’est pas possible ! Tu…

-                      ….

-                      Tu... tu ne m'as jamais aimé... murmura t-elle alors que les larmes coulaient à flots sur ses joues pour la seconde fois en moins d'une demie heure.

-                      Ecoutes (reprit-il, soudainement plus calme, mais avec un sourire sadique et carnassier sur le visage:), il est temps de te dire la vérité. Je suis fatigué de te mentir, de faire semblant, et en plus, tu commence à mettre en danger tout nos plans avec tes conneries.

-                      Qu'est-ce que ça veut dire, balbutia-t-elle alors qu'il se penchais vers elle pour la regarder dans les yeux.

-                      Je ne t'aime pas, Ally Stanford, je ne t'ai jamais aimé. J'avais besoin de toi et je me suis servit de toi.

-                      Mais...mais... tu m'as dit que...

-                      Et alors peu importe ce que je t'ai dit! Cesse de croire tout ce qu'on te dit! Si Voldemort te proposait de faire la paix en échange d'une carte de Chocogrenouille tu le croirais?

-                      Tu m'as... trahie! pleurnicha t-elle, pathétique.

-                      Je ne t'ai pris que ce que je voulais te prendre! J'avais besoin d'un ado docile pour garder mes pouvoirs quelques temps, et je t'ai trouvé! Génial non?!

-                      Pourquoi moi?

-                      Je n'en sais rien! Tu était la candidate idéale... tu me semblais à la fois la plus faible et la plus forte... faible pour pouvoir te corrompre et forte pour supporter mes pouvoirs....

-                      Mais... quand je t'ai tué? demanda-t-elle, perdue et trahie par ses propres souvenirs.

-                      Pure mise en scène ma chère! ria-t-il. Je devait disparaître un temps car les Aurors commençaient à se douter de quelques chose... alors on a tout fait pour te retourner contre moi!

-                      Et tu... tu avais prévu que je reviendrai vers toi ici? continua-t-elle, choquée, blessée, égarée, humiliée, désespérée.

-                      Bien sûr! La seule chose que je n'avais pas prévu au départ c'est que tu tombe amoureuse de moi... ça c'est avéré utile en fin de compte!

Ils se turent et Ethan se releva, ôtant sa robe de professeur et se dirigeant vers le mur magique. Ally, aveuglée par les larmes, ne le regardait plus. Tout venais de s'écrouler autour d'elle et désormais, elle ne savait plus quoi faire. Elle murmura faiblement:

-                      Et maintenant?

Elle leva les yeux et vit qu'Ethan avait ouvert la porte du passage secret et que déjà, une vingtaine de ses hommes tatoués, sans cagoules, offrant leurs visages horribles à la jeune fille, se tenaient derrière lui. Dans un élan de lucidité, Ally tenta de s'enfuir mais déjà, les hommes se saisissaient d'elle pour l'emporter dans le sanctuaire d'Angmar.

 

Chapitre 10 : Premières cuites

 

                    Dans la bibliothèque, Harry ne parvenait pas à se concentrer. Il regardait Hermione griffonner ses parchemins sans relâche tandis que Ron tentait désespérément de rester éveillé devant un énorme bouquin de Potions que lui avait dégotté Herm deux heures auparavant.  Harry, lui, ne cessait de penser à Ally et regrettait amèrement la scène qui venait de se passer sous ses yeux. Il aurait du empêcher Drago d’y aller aussi fort car désormais elle n’avait plus confiance en eux. Comment avait-il pu faire confiance à Malefoy, par Merlin !? Celui-là était incapable de respecter les gens, pas même ceux qu’il apprécie. Car Malefoy était amoureux d’Ally, n’est-ce pas ? Il en avait eu l’impression tout à l’heure, sa réaction étant totalement celle d’un homme jaloux… « Même pas dans tes rêves, Malefoy, tu n’auras Ally… j’en fait le serment » se promis Harry avant de réaliser qu’il parlait tout fort et que la moitié de la bibliothèque l’observait avec étonnement serrer de toutes ses forces un pauvre parchemin réduit en miettes. Confus, le Survivant barragouina qu’il devait sortir prendre l’air et en profita pour monter en haut de la tour d’astronomie, son endroit favori pour réfléchir.

Après cette « légère altercation » avec Ally, Drago était sortit en trombe de la salle commune des Serpentards, se dirigeant avec rage vers l’extérieur, ou plus précisément vers les serres, l’endroit idéal pour être en paix à cette heure de la journée. Il passa la porte et se dirigea vers le fond de la salle d’où l’on pouvait s’enfuir en cas de problème sans être repéré. En arrivant vers le fond il ralentit brusquement en entendant des bruits étranges qu’il identifia ensuite comme des gloussements, ou plus précisément des rires étouffés. En arrivant au fond il découvrit deux jeunes filles assises l’une en face de l’autre en tailleur autour d’une bouteille qu’il reconnaissait comme étant un dérivé de bièraubeurre très alcoolisé. Lorsque l’une d’elle aperçu Drago, elle perdit instantanément son sourire et se mit à bégayer, effrayée pour on-ne-sait-quelle-raison, avant de s’enfuir sous le regard incompréhensible de son amie. Celle-ci étant de dos, elle n’avait pas remarqué la présence de Drago et elle fit un bond phénoménal quand il se pencha vers elle pour voir de qui il s’agissait. La tête enfoncée dans un bonnet péruvien orange et vert, il n’avait pas pu voir la chevelure dorée de Ginny, ni son teint incroyablement rouge et vert, mélange des plus étonnant entre Gryffondor et Serpentard. Légèrement éméchée, Ginny avait encore toute sa raison pour pouvoir envoyer paître le jeune serpent, agacée d’être dérangée lors d’un si bon moment :

-                      Va t’en Malefoy, va voir ailleurs si Rogue y est.

-                      Mais c’est toi qui me suis partout ma pauvre Weasley ! Je ne peux pas faire un pas sans te retrouver sur mon chemin !

-                      Et bien change de chemin et va t’en !

Drago resta planté là un moment avant de se baisser pour arracher la bouteille des mains de la rouquine et en boire une longue gorgée. Il fit alors demi-tour vers la sortie de la serre sans un mot de plus sous les yeux effarés et agacés de la jeune Gryffondor. Bien décidée à récupérer cette bouteille qui lui avait coûté trois Gallions, elle partit à sa suite dès qu’elle fut capable de distinguer ses pieds de ses mains. Quand elle sortit de la serre, il n’y avait plus aucune trace de Drago. Elle chercha un peu partout dans le parc mais son état physique laissant à désirer elle décida de voir s’il n’avait pas emprunté le passage secret qu’elle lui avait montré l’autre soir. Avec un courage proche de la nausée, elle trouva la force de se diriger vers le terrain de Quidditch. Désorientée, elle prit le mauvais chemin et fit donc un détour à travers le terrain où, par chance, elle aperçu une tête blonde avachie dans les gradins des Serpentard. Elle grimpa alors à quatre pattes les longs escaliers et arriva enfin auprès de lui pour constater qu’il avait vidé la bouteille et qu’il ronflait désormais bruyamment. Ginny, au bord des nerfs à cause de l’alcool et de la fatigue se mit à le secouer violement en criant «  Tu va me le payer Malefoy ! » jusqu’à ce que celui-ci n’ouvre les yeux et ne commence à divaguer :

-                      Eh doucement Chloé ! Ya pas le feu ! On a toute la nuit devant nous ! lança t-il d’un ton nonchalant.

-                      Rends moi ma bouteille ! J’ai soif ! implora la Gryffondor désespérée.

-                      Ben je crois qu’il y a un problème, s’excusa t-il en regardant dans la bouteille comme dans des jumelles. Yen a plus ! Mais attends…

Il sortit alors de sa poche une petite gourde et l’ouvrit, reniflant la bonne odeur avec envie avant que Ginny ne lui prenne des mains et ne vide son contenu d’un trait. Drago la regarda ébahi avant d’éclater de rire, rapidement suivit par la jeune fille.

 

A l’autre bout du château, Harry était au bord du gouffre, sur la petite colline qui surplombait le lac. Aussi saoul que ses deux comparses, il fixait sans relâche la falaise béante qui s’étendait sous lui, obnubilé par les mouettes qui faisaient « Cui-cui ! » et les feuilles qui s’envolaient dans le vent. Inconscient du danger qu’il courait aussi près, il se plaisait à oublier ses problèmes et rêvait à un monde meilleur où Rogue ne serait plus là et où les Chocogrenouilles et les bièraubeurre seraient gratuites. Il se sentait si misérable d’être dans cet état à cause d’une fille qui l’ignorait totalement qu’il buvait de plus en plus à chaque pensée pessimiste, du genre « Personne ne m’aime » ou encore « Je n’ai plus qu’à crever là en attendant d’être bouffé par des taupes enragées ». Epuisé par toutes ses larmes et tous les litres d’alcool emmagasinés il s’endormi là, au même titre que Ginny et Drago, ivres morts dans le terrain de Quidditch.

 

Lorsque Ginny et Drago se réveillèrent, ils avaient chacun l’impression d’avoir avalé une tonne de bombabouses et d’avoir été frappés par une douzaine de cognards en furie. Tout les deux étaient étendus comme de vieux chiffons dans l’herbe humide du terrain et semblaient incapables de faire le moindre mouvement, excepté lorsqu’ils réalisèrent qu’ils étaient collés l’un à l’autre. Ils se relevèrent instantanément, se jaugeant avec méfiance de haut en bas pour essayer de voir lequel des deux avait fauté… à moins que ce ne soit les deux… Ginny brisa le silence :

-                      Qu’est-ce que tu m’as fait Malefoy ?!!

-                      Quoi, moi ?! Comme si c’était moi ! C’est sans doute toi qui as… qui nous a mis dans cette… cette, euh… dans cette position !

-                      Mais bien sur ! Lequel de nous deux est un obsédé dit moi ?

-                      C’est moi l’obsédé ?!!! s’indigna Malefoy. Comme si tu n’en étais pas une, toi, la sainte nitouche des Weasley ! Trop de temps passé à être couvée par tes grands frères t’a frustré et maintenant tu drogues les garçons pour leur sauter dessus après !

-                      On peu dire que tu as vraiment l’imagination fertile toi ! se moqua Ginny en le regardant avec dédain.

-                      C’est bon je m’en vais, je n’ai pas envie d’être vu en ta compagnie une fois de plus !

-                      Oh c’est dommage… souffla la jeune gryffondor avec malice, oubliant la douleur lancinante qui lui triturait le crâne pour suivre Malefoy qui s’en allait. L’humiliation te va si bien !

-                      Lâches moi et retourne dormir dans l’herbe !

-                      Hou !!! Tu me fais peur ! Et si je disais aux autres que tu as essayer d’abuser de ma gentillesse pour…

-                      Arrête ce petit jeu là Weasley, ça ne marchera pas cette fois ci ! Dégage de là et va voir ailleurs si j’y suis !

Ginny, finalement vaincue par la douleur qui l’habitait, ralenti et laissa Drago passer devant, se dirigeant lentement vers un des passages secrets pour retrouver son dortoir avant le couvre-feu. Drago était juste devant elle et ne faisait pas attention à elle jusqu’à ce qu’il ne se retourne vers elle, visiblement encore très en colère :

-                      Attends une minute, lança t-il brusquement, se rappelant du chantage qu’elle exerçait sur lui. J’imagine que ton cher grand frère ne serait pas très content d’apprendre que sa soeurette chérie est une alcoolique non déclarée ! Ce petit secret pourrait remettre les compteurs à zéro, tu ne crois pas ?

Ginny le regarda, amusée, mais ne répondit pas, passant devant lui pour entamer le passage secret. Il reprit son chemin pour revenir à sa hauteur, continuant sa plaidoirie en chuchotant :

-                      Franchement si tu persiste à vouloir me tenir en laisse avec ce chantage, je vais finir par faire l’inverse de ce que tu veux : je vais te rendre la vie impossible, traiter Potter et Granger avec plus de haine qu’avant et prendre un malin plaisir à faire traîner des tas de rumeur sur votre compte !

-                      Et tu crois que tu me fais peur ? répliqua finalement la rouquine, en se massant toujours les tempes pour se soulager… Bon sang ça fait mal ! fit-elle pour elle-même, oubliant le regard haineux de Drago. Sérieux, comment tu fait pour ne pas être malade après tout ce qu’on as bu ?

-                      Hein ? répondit Drago, plus qu’étonné par le ton que prenait soudainement la conversation. Euh… Simple question d’habitude je suppose… mais arrête d’essayer de détourner la conversation. C’est un marché équitable : On remet les compteurs à zéro en oubliant réciproquement « l’agression par des folles furieuses » et « Weasley l’alcoolique »… c’est à prendre ou à laisser.

Ginny continua son chemin en faisant mine de ne pas avoir entendu ce qu’il avait dit et s’arrêta finalement au carrefour de leurs chemins respectifs. Elle se tourna alors vers le jeune serpentard :

-                      OK j’accepte le marché. Mais n’oublie pas que tu me dois une bouteille de bièraubeurre bourbon brut de deux litres ! Je la veux dans moins de deux semaines !

Malefoy la laissa partir sans un mot, plutôt soulagé à l’idée d’avoir effacé ses dettes qu’énervé à l’idée de devoir lui payer une bouteille. Il repartit donc vers son dortoir sans un bruit et ne cessa de se demander tout le long du chemin ce qui avait bien put se passé ce soir pour qu’ils se réveillent dans cette position… « Peut importe, du moment qu’elle ne s’en souviens pas elle non plus! ». Mais Ginny, elle, ne l’avait pas oublié : ces souvenirs lui revenaient au goutte à goutte à mesure que sa nausée s’estompait et que la nuit lui portait conseil. Maintenant, elle connaissait tout de la vie de Drago Malefoy, de ses problèmes familiaux à son attirance pour Ally, en passant par bien des détails intimes qu’il n’aurait révélé pour rien au monde. Pour la première fois dans sa vie _ alors qu’elle n’aurait jamais imaginé cela possible_ la jeune Weasley se réveilla avec la furieuse envie de revoir Drago…

 

                A son réveil, Harry réalisa avec difficulté qu’il était toujours sur cette falaise, à quelques centimètres du bord du précipice qui menaçait dangereusement de l’engloutir au moindre faux pas. Le Gryffondor domina alors sa nausée et ses vertiges pour reculer en rampant et se mettre en sécurité plus loin, s’adossant à un arbre pour reprendre ses esprits. Devant lui, le Soleil se levait doucement sur la Lac, même si pour lui, cette espèce de satanée lumière ne faisait que l’aveugler tandis que les rafales de vent le rendait sourd en raisonnant horriblement contre les parois de son crâne ankylosé par l’alcool. Il se leva finalement quelques minutes plus tard pour rejoindre son dortoir où Ron et Hermione l’attendaient avec impatience :

-                      Bon sang Harry tu n’as rien ?! Fit Hermione en se jetant presque à son cou.

-                      Hein ? Fit simplement le Survivant en plissant les yeux pour distinguer laquelle des deux Hermione était la vraie.

-                      Où est-ce que tu étais ? renchérit-elle alors qu’il la repoussait doucement pour s’asseoir sur son lit.

-                      Euh… quelque part dehors… j’avais besoin de prendre l’air…

Ron s’approcha de lui et huma l’air avant de capituler :

-                      Pour te complaindre dans la déprime et l’alcool oui !

-                      Quelque chose comme ça oui… répondit simplement Harry en se relevant pour aller dans les douches.

 

Il les rejoignit plus tard dans la Salle Commune pour prendre son petit déjeuner, tentant désespérément de ne pas penser à cet horrible mal de crâne qui lui triturait la cervelle. A ses côtés, Ginny semblait elle aussi fort mal en point, fixant son assiette avec dégoût, livide à la seule idée de devoir avaler quelque chose. Ron ne put s’empêcher de remarquer les brefs regards que sa sœur jetait de temps à autre à la table des Serpentards, réalisant finalement qu’elle guettait l’arrivée de quelqu’un avec impatience. Il comprit enfin ce qui se tramait lorsqu’elle fut brusquement secouée d’une crise de rires étouffés à l’entrée d’un Drago très mal en point, débraillé, pâle et visiblement très en colère contre ses sous-fifres. Là, Ron ne put se retenir d’intervenir :

-                      Mais bon sang qu’est-ce qui t’arrive Ginny ?

-                      Rien, rien, répondit-elle, désormais plus rouge que son frère le jour où il avait reçu sa beuglante.

-                      Toi aussi tu es prise pour une brusque admiration des Serpentards ?

-                      J’espère pas ! intervint Hermione. Parce qu’entre toi qui surveille Malfoy et Harry qui est obnubilé par Ally, je ne sais pas comment on va s’en sortir !

A ces mots, Harry quitta finalement sa torpeur et se rappela de la veille, s’exclamant assez fort pour alarmer à son tour son ennemi serpentard :

-                      Au fait : Où est Ally ?

 

Ooooooooooooo

 

                Dans son cachot, Ally elle, n’espérais plus que deux choses : Soit on la délivrait sur le champ, soit on abrégeait ses souffrances. Car d’être faite prisonnière par le seul homme que l’on n’ait jamais aimé alors que celui-ci a décidé de vous tuer, c’est une des pires expériences au monde. Aveuglée par le sang qui coulait de son front, elle apercevait tout ce petit monde qui s’agitait autour d’elle, préparant l’autel pour la cérémonie qui s’annonçait. Car comme chaque semaine, les habitudes ne changeaient pas : réunion du clan pour revoir le plan et les progrès du « projet ».  Mais Ally n’en avait plus rien à faire : le monde pouvait s’écrouler, brûler, tout le monde pouvait mourir, elle resterait indifférente. Le désespoir laissait place à la haine car en moins de quelques secondes, toute sa vie s’était écroulée sous ses yeux. Plus d’amour, plus d’amis, plus d’espoir… peur, horreur, douleur, malheur… Mourir mourir mourir ! Elle sentait toute la haine contenue depuis tant d’années resurgir à un tel point que la nausée la gagnait dès qu’elle osait ouvrir la bouche pour respirer. Elle ne disait rien, même quand quelques coups s’abattaient sur elle lorsqu’un disciple profitait de l’absence de son maître. Prostrée dans le silence et l’immobilité, elle attendait patiemment que son heure arrive ou que sa vengeance soit accomplie.

 

                Harry et Drago parcouraient les couloirs à une vitesse hallucinante, haletants, oubliant presque qu’ils étaient ennemis et que leur initiative était une des plus dangereuses qu’ils n’aient jamais entreprise. Arrivant finalement à la porte du cachot de Rogue, ils entrèrent sans frapper, peu inquiets de s’attirer les foudres du maître des Potions en cette situation inquiétante. Mais la pièce était vide, aucune trace de leur professeur, car celui-ci était déjà en route depuis longtemps, conscient que son élève courait un danger important.

La veille, alerté par l’absence d’Ally et de celle du professeur de DCFM, il s’était empressé d’aller cueillir des informations auprès de l’élève qu’il détestait le plus au monde _ Harry Potter_   qui lui apprit que Drago avait tout raconté à la jeune fille. Severus compris alors qu’elle avait du se réfugier chez Tyler, soit pour oublier, soit pour avoir des explications. Prenant son mal en patience, il avait attendu le lendemain matin pour voir si la situation n’était pas une fausse alerte, car bien des nuits, Ally avait déserté le dortoir pour n’y reparaître qu’au petit matin, les cheveux encore ébouriffés par sa nuit passée avec Tyler. Tout cela avait rendu Severus malade : voir petit à petit se détruire une jeune fille sans pouvoir rien y faire le décourageait, son inquiétude dépassant curieusement son indifférence habituelle. « Tant de prises de tête pour une simple gamine ! ». Mais le maître des Potions n’avaient plus la tête à se poser des questions sur son intérêt pour elle, car le lendemain matin, en ne la trouvant pas dans la salle commune, il réalisa finalement que son entrevue avec Tyler c’était mal passé. Déterminé à la retrouver et à la sortir de là, il quitta la Salle Commune en direction des appartements d’Ethan Tyler, Angmar le Tout Puissant…

 

Chapitre 11 : Dernière chance

 

Cela faisait maintenant plus de dix ans que Severus n’avait été dans cet état. Insensible à toute idée de danger, il se dirigeait avec détermination vers les appartements d’Ethan Tyler, ou plus précisément, vers l’antre d’Angmar. Montant les marches du château quatre à quatre, il fut rapidement arrivé à la porte du professeur de DCFM qu’il ouvrit d’un coup de baguette magique sans aucun problème. Bien sur, dans l’état d’esprit dans lequel il se trouvait à ce moment précis, il ne se demanda absolument pas pourquoi Tyler n’avait pas changé le mot de passe alors qu’il savait très bien que Malefoy, Potter et lui le connaissait. En temps normal, Severus aurait pensé à un piège, mais pas aujourd’hui. Aujourd’hui il n’avait qu’une seule chose en tête : retrouver Stanford avant qu’il ne soit trop tard.

Dans l’appartement, le passage secret était encore ouvert lorsqu’il arriva et l’on pouvait entendre l’écho d’un tumulte lointain, signe d’une grande agitation dans les sous sols. Severus n’y fit guère attention et s’engouffra dans le petit passage entre les étagères couvertes de bocaux de formoles et d’uniformes. Le petit couloir était très sombre et la seule chose qui pouvait le guider était les voix d’hommes qu’il percevait depuis qu’il avait pénétré dans l’appartement. Mais bientôt, il put percevoir très loin devant lui une faible lumière qu’il s’empressa de suivre, annonçant à quelques mètres de là un carrefour. Il se retrouva finalement dans un petit virage, nez à nez avec une porte. Tout de même avec une certaine hésitation, le maître des Potions poussa le battant pour se retrouver devant un nouveau couloir, plus éclairé cette fois-ci. Il refit la même chose et trouva une autre entrée qu’il le conduisit devant un nouveau corridor serpentant de droite à gauche vers une destination inconnue. Il atteignit finalement un véritable carrefour où se trouvaient deux énormes portes de fer forgé, imposantes et menaçantes, semblant prévenir aux imprudents égarés que cet endroit n’était pas pour eux. Il se dirigeait cependant vers celle de droite, il manqua de pousser un gloussement de surprise lorsque, posant sa main sur la porte pour tester sa résidence, il sentit sa main s’enfoncer à travers comme l’on passe à travers un buisson de feuilles fraîches. Mais comble du désespoir, il se trouva à nouveau dans un couloir sombre et du se résigner à avancer, réalisant que la porte derrière lui était devenue un mur infranchissable.

Cela faisait maintenant plus d’une heure que Severus rôdait à travers le dédalle des couloirs du château, espérant à chaque porte que cette fois ce serait la bonne. Mais à chaque fois, il ne rencontrait que de nouvelles impasses. Seulement maintenant, les choses étaient plus compliquées. Passées la rage et la fougue du début de sa quête, il devait désormais faire appel à sa raison pour se sortir de là, maintenant que des « cavaliers d’Angmar » étaient à ses trousses. A force de courir et de passer les entrées à une vitesse plus que soutenue, il avait finit par comprendre pourquoi il ne découvrait jamais aucune issue… Bien que de le deviner aurait été facile au bout de dix minutes… En effet, il avait eu le loisir d’observer à plusieurs reprises le petit jeu de cache-cache qu’effectuaient les portes, glissant le long des murs et disparaissant de temps à autre pour empêcher Rogue de se repérer. La pire des choses était donc arrivée à notre pauvre Severus : se retrouver coincé dans un labyrinthe magique, et qui plus est, dédalle ensorcelé par un mage noir.

 

Ooooooooooo

 

Ne trouvant pas Severus, Harry et Drago avaient finit par se résoudre à aller tout raconter à Dumbledore : la situation était trop dangereuse pour continuer à faire cavaliers seuls. Arrivés devant la gargouille ils prononcèrent le mot de passe et se laissèrent porter jusqu’au bureau, maudissant intérieurement la lenteur de l’escalier magique. Lorsqu’ils pénétrèrent dans le bureau, ils furent tout les deux étonnés de voir le Directeur dans une forme aussi olympique : Dumbledore avait revêtu une robe de sorcier des plus fluorescentes, et s’amusait visiblement beaucoup à monter et descendre sur les marches de pierre derrière son bureau à la façon d’un cours d’aérobic. Lorsqu’il aperçu enfin les deux nouveaux arrivants, il bondit littéralement dans les airs et se précipita vers eux, leurs présentant avec enthousiasme un plateau de bonbons très appétissants. Harry et Drago échangèrent un regard méfiant : même si Dumbledore avait souvent tendance à être très enthousiaste, son attitude sortait tout de même de l’ordinaire. Il semblait totalement inconscient du Monde qui l’environnait et avait presque déjà oublié ses deux visiteurs au bout de deux minutes. Harry tenta alors de lancer une conversation :

-                                  Bonjour professeur Dumbledore, vous allez bien ?

Le Directeur se tourna vers lui avec un sourire béat et répondit d’une voix haut perchée :

-                                  Merveilleusement, merveilleusement mon petit Harry. Et toi ? Ca va mieux tes problèmes d’acné ?

-                                  Euh… Enfin …Bafouilla Harry, gêné. C'est-à-dire que… Je ne suis pas vraiment là pour ça.

-                                  Ah oui ? Répondit Dumbledore avec une moue joueuse. Tu est là pour m’apporter un de ces gâteaux moldus dont tu m’avais parlé ?

-                                  Non en fait c’est bien plus grave qu’une histoire de sucreries ! Fit Harry avec défi mais en fixant toujours le Directeur avec un regard apeuré.

-                                  Houhou ! Ricana Dumbledore comme un vieux grand père rabougri, rien n’est jamais grave si l’on a un chariot de bonbons en réserve ! Rien de mieux pour se détendre que de dévorer un énorme paquet de maxi chocogrenouilles !

Harry ne comprenait rien tandis que Drago, resté en arrière, regardait Dumbledore d’un air dubitatif :

-                                  J’ai toujours dit que ce vieux vous était totalement attardé !

-                                  Je… Je n’y comprends rien, répondit Harry profondément déboussolé. Il… Je crois qu’il faudrait mieux prévenir Mcgonagall, elle saura quoi faire. J’y vais ! Toi, pendant ce temps là, occupe toi de lui !

-                                  Eh minute le bigleux ! intervint Drago en retenant le gryffondor par le bras. Et je suis sensé faire quoi, moi, pendant ce temps là ? Du Papy sitting peut être ?

Harry lui lança un regard réprobateur et lui répondit sans trop y croire :

-                                  Ben je ne sais pas moi… Parles lui, distrait le, essaie de comprendre ce qui lui arrive ! …Du moment qu’il reste là, ça va !

-                                  Eh mais je…

Mais Drago ne finit pas, Harry ayant déjà quitté la pièce à toute vitesse. Il fixa la porte un moment pour se donner du courage puis se retourna finalement vers Dumbledore qui le fixait sans bouger avec un sourire ébahi. « On dirait un membre du fan club du bigleux en extase devant Saint Potter », ne pu t-il s’empêcher de remarquer avec dégoût. Le vieux magicien avança alors et se mit à tourner autour du jeune serpentard, le regardant avec attention sous toutes les coutures. Drago ne dit rien et se laissa faire, avant de sursauter légèrement quand Albus resurgit à nouveau devant ses yeux en demandant avec avidité :

-                                  J’adore ta cravate ! Tu me la prêtes ?

-                                  Euh… Si vous voulez…

Drago s’exécuta et lui tendit la cravate, immédiatement saisie par le Directeur qui retourna s’asseoir à son bureau. Drago en profita pour s’asseoir à son tour et essayer d’entamer une conversation avec un Dumbledore occupé à nouer la cravate autour de son cou :

-                                  En fait, Potter et moi sommes venus ici pour vous faire part de notre inquiétude à propos de la disparition d’Ally… Nous pensons qu’elle…

-                                  Oh Ally ?! Coupa le Directeur. Quelle charmante jeune fille ! Une chance pour elle que le Ministère ai accepté de la laisser sous notre protection.

-                                  Et bien justement, continua le jeune serpentard, nous pensons qu’elle est en danger et…

-                                  En danger ?! A Poudlard ! Jamais ! S’exclama soudain Albus avec un grand sourire. Cette école est une des plus sure au monde ! Croyez moi cher Drago, ceux qui sont en danger, ce sont ceux qui vivent hors d’ici !

-                                  Sauf votre respect Monsieur, vous vous trompez ! Risqua Drago.

Les yeux de Dumbledore se mirent à briller alors qu’il lançait avec amusement :

-                                  Vous croyez ?... Très bien ! Nous allons jouer à un jeu : si vous gagnez, vous avez raison ; mais si vous perdez, c’est moi qui ai raison ! Un paquet de dragées surprises de Bertie Crochue à la clé ! Qu’en pensez vous ?

-                                  C’est ridic…

Il ne put continuer car une voix indignée s’élevait dans la pièce :

-                                  Mais enfin Albus ! Que vous arrive t-il ?!

-                                  Oh ma belle et merveilleuse Minerva ! Vous égayez pour moi cette journée jusqu’ici si terne et sans couleur ! S’exclama t-il en se levant pour accueillir le professeur de Métamorphoses à bras ouverts.

-                                  Mais… mais… Enfin Albus ! Je peux savoir pourquoi vous êtes si joyeux ?!

-                                  Vous ne trouvez pas que la vie est belle Minerva ? Allons ! Cessez de faire cette tête et prenez donc un chocolat, je viens juste de les recevoir !

Il tendit à Minerva la boîte de sucreries et elle se servit sans le quitter des yeux, persuadée elle aussi que son supérieur avait perdu la raison. Elle allait manger le chocolat quand elle arrêta sa main à quelques centimètres de sa bouche, une idée effleurant son esprit.

-                                  Albus ? D’où proviennent ces sucreries ?

-                                  De mon fournisseur habituel pourquoi ? Vous voulez en commander vous aussi ?

-                                  Vous en êtes certains ? (Sous la confirmation d’Albus, Minerva se tourna vers les deux élèves :) Il a peut être été empoisonné ou ensorcelé par le biais des sucreries…

Drago pouffa, peu convaincu par la thèse de son professeur.

-                                  Si c’était ça, il serait déjà mort ! Fit-il remarquer.

-                                  Pas si celui qui a concocté ça veut juste détourner la vigilance du directeur, proposa Harry, pensif.

-                                  Oui… marmonna Mcgonagall… Et si… Un sort de…

-                                  De... ? relancèrent Harry et Drago à l’unisson, pendus aux lèvres de Minerva.

-                                  Venez avec moi ! Se contenta t-elle de répondre. Albus ven… Non posez ce jus de citrouille ! Donnez moi ça et suivez moi !

Elle se saisit de la boîte de chocolat et du verre de jus de citrouille pour conduire les trois autres jusqu’à l’infirmerie ou Mme Pomfresh sembla confirmer leurs inquiétudes. Après quelques tests, elle revint vers la directrice de Gryffondor :

-                                  Vous aviez raison Minerva : le professeur Dumbledore a bel et bien été ensorcelé par une potion d’euphorie… le jus de citrouille en contient une très forte concentration.*

-                                  Une potion d’euphorie ? S’étonna Drago ; Quel intérêt ?

-                                  Comme l’a suggéré Mr Potter tout à l’heure, répondit Mcgonagall, cette potion est un excellent moyen pour tromper l’attention de notre cher Albus… Mme Pomfresh ? Vous pouvez faire le contre sort ?

-                                  Bien sur ! Ce sera prêt dans quelques minutes.

 

Oooo

-                                  Mon Dieu Minerva, réalisait Dumbledore quelques instants plus tard, immunisé contre l’effet du sort. Je n’aurais jamais pensé qu’Ethan en fut capable.

-                                  Êtes vous sur que le professeur Tyler y est pour quelque chose ? Personnellement je n’ai jamais eu aucun soupçon vis-à-vis de ses intentions.

-                                  Moi non plus, moi non plus Minerva… Mais je crois qu’il est temps de faire pleinement confiance à ces deux garçons. Ce ne sont pas les premiers à venir me voir pour ce motif, rappelez vous Severus et son horrible procès… J’ai bien peur que tout cela n’ai été qu’une habile machination et je pense que nous avons à faire à un adversaire de taille… ce sera difficile…

-                                  Qu’est-ce que vous proposez professeur ?

 

Ooooooooooo

 

Severus n’en pouvait plus. Perdu dans ce labyrinthe magique, il était condamné à errer en coursant les portes sans même savoir vers où il se dirigeait. Se promettant d’écarteler Tyler à sa sortie d’ici, il lui arrivait parfois de se demander si Ally n’était toutefois pas toujours dans l’autre camps : « après tout, l’Amour rends aveugle ». Mais ça n’était plus le moment de se remettre en question : maintenant qu’il y était, il devait aller jusqu’au bout. La perspective de mourir dans ce piège à nifleur ne l’enchantant guère, il finit par se résoudre à tenter d’utiliser la magie pour s’y retrouver, même si quelque chose au fond de sa raison lui suggérait que ça n’était pas vraiment une très bonne idée. Il tenta d’abord tous les sorts de première main, les plus connus et les basiques pour faire apparaître une porte, pour trouver le bon chemin, faire apparaître une signalisation, faire exploser un mur… mais pas moyen : ce foutu souterrain ne voulait rien comprendre. Il tenta alors quelques sortilèges plus compliqués qu’il avait appris durant son adolescence de rat de bibliothèque et qui lui avaient été utiles de nombreuses fois par le passé pour se sortir des horribles farces des Maraudeurs… mais rien : pas le moindre bruissement de vent, pas la moindre fissure dans le mur, pas le moindre esprit pour le guider dans les dédales, juste quelques cavaliers d’Angmar qui parvenaient de temps à autre à retrouver sa trace. A chaque fois il s’échappait de justesse par une des portes mais bientôt il du se résigner à se défendre… peut être même que s’il en attrapait un vivant, il pourrait le forcer à le faire sortir d’ici, lui et Ally. Ce fut ainsi sur le qui vive qu’il continua son ennuyeux pèlerinage, traînant des pieds et essuyant les indénombrables gouttes de sueur perlant sur son front.

Seulement quelques minutes plus tard, il perçut finalement un bruit léger de pas derrière lui et se retourna pour faire face à nouveau avec un homme d’une carrure impressionnante, toujours vêtu d’une soutane comme les autres et gratifiés de tatouages effrayants sur le crâne. Il eut à peine le temps de lever sa baguette et de prononcer un sort de défense qu’un éclair jaillit entre eux, aveuglant le maître des potions pendant plusieurs secondes. Lorsqu’il put enfin réadapter ses yeux à la lumière des torches des sous sols, il constata avec étonnement et soulagement que les interminables couloirs avaient disparus et qu’il se trouvaient maintenant dans une salle « Comment ?... Je n’ai rien… Le sort n’était pas censé me transporter… c’était juste un sort… (Il comprit) de magie noire ». Comment avait-il pu ne pas y penser : dans un lieu si malsain, la manière d’en sortir n’en pouvait être que des plus machiavélique. Tombé au sol sous le choc il se releva, se fracassant douloureusement le crâne contre le plafond trop bas. Obligé de se déplacer complètement plié en deux, il s’efforça d’ignorer la douleur lancinante de sa tête pour se concentrer sur cet endroit, sombre et froid tel le couloir de la mort. Soudain il aperçu une force repliée silencieusement dans un coin sombre… C’était Ally.

Elle ne bougeait et semblait à peine consciente, le regard droit et inexpressif fixé sur le sol sans ciller. Elle était couverte de marque de coups et du sang coulait de son arcade jusque dans sa bouche mais elle semblait ne rien ressentir… à peine aurait-elle parut respirer. Rogue la secoua et tenta un premier contact pour lui montrer son aide et son soutien : « Miss Stanford vous allez bien ? ». Sans réponse, il recommença : « Miss Stanford ? Venez je vais vous sortir de là, levez vous ! … Miss Stanford ?... Ally vous allez bien ? » Mais la jeune fille ne cillait pas, ne semblant pas même entendre le son de la voix de son professeur. Quelque peu destabiliser par l’état de la jeune fille Rogue resta un instant là à la regarder, se demandant vraiment ce qui avait pu lui arriver pour qu’elle soit dans cet état « En tout cas, elle n’est certainement plus du coté de Tyler »… Oui, c’était une certitude.

Il se décida finalement à prendre les choses en main et s’approcha d’Ally pour la saisir du bout des bras d’abord, puis passant ensuite des bras sous le creux de ses genoux et sous sa nuque. Il se releva péniblement et tenta d’avancer le plus vite que la hauteur de la pièce et le poids de son nouveau fardeau le lui permettaient. Mais il réalisa bien vite qu’il s’était réjouit trop vite, car à peine sortit d’un labyrinthe magique, il se retrouvait maintenant dans un cachot sans la moindre issue…

 

Ooooooooooooo

 

A l’entrée de la pièce secrète du professeur de DCFM, Dumbledore semblait déconcerté : Comment avait-il pu laisser passer un tel être néfaste sans avoir le moindre doute ? Après le procès, les accidents et tout ce que lui avaient racontés Severus et les autres, il n’avait pourtant pas daigné y prêter un peu d’attention… Tyler était vraiment très fort, il ne pouvait le nier, car aussi loin que sa mémoire lui permettait de se souvenir, jamais ô grand jamais un sorcier n’avait pu abuser de la crédulité du Directeur de Poudlard, jamais aucun sort n’avait réussit à le toucher, et jamais personne n’avait réellement osé s’attaquer au vieux sorcier… seul Voldemort avait eu ce cran et il l’avait bien des fois regretté. Et maintenant, Dumbledore ne devait sous aucune forme que ce soit prendre cette nouvelle menace à la légère : Angmar était puissant  et ils allaient devoir y faire face… Mais d’abord, c’était à lui de l’affronter, lui seul.

C’est ainsi qu’il se tourna vers Harry et Drago qui le suivaient de près et s’arrêtèrent en voyant le regard de Dumbledore. Harry compris aussitôt :

-          Non, professeur : cette fois vous ne m’écarterez pas de cette histoire ! Cela me regarde autant que vous et…

-          ET tu n’as pas le choix Harry ! Coupa Albus avec une autorité qu’on ne lui voyait pas souvent. Cette étape est trop dangereuse et trop importante pour que vous y risquiez votre vie. Croyez moi, si mes plus amères craintes s’avèrent fondées, vous aurez tout le loisir de participer à la suite des événements.

Sans un mot de plus il quitta l’antichambre pour pénétrer dans le souterrain à son tour, laissant les deux élèves profondément indignés mais condamnés à rester en arrière par un sort leur entravant le passage.

Habitué à ce genre de mission périlleuse, Dumbledore n’était absolument pas angoissé ni même hésitant. Bien qu’il ne connaisse pas grand-chose de son ennemi, Albus savait exactement ce qu’il devait faire, toutes ces innombrables années lui ayant donné tant d’expérience que désormais aucune méthode ne lui était inconnue. C’est ainsi qu’il ne mit que quelques minutes à comprendre qu’il se trouvait dans un labyrinthe magique, réfléchissant rapidement au sort qu’il pouvait utiliser pour se sortir de cette impasse. Bien évidement, Dumbledore n’utilisait jamais de simples sorts, et son expérience lui permettait désormais n’analyser lequel serait le plus adapté. C’est ainsi qu’il murmura faiblement quelques mots étranges en regardant sa main, y faisant apparaître petit à petit quelques éclats de lumière qui grandirent jusqu’à devenir de petites billes volantes fluorescente, un peu comme des vifs d’or, mais à peine plus grandes que des lucioles. Il lança alors sa main en l’air pour libérer ces petits êtres magiques qui s’envolèrent sur le champs, filant dans le couloir à une vitesse hallucinante. Dumbledore n’eut alors pas d’autre choix que de les suivre aussi vite qu’il le pouvait, oubliant ses douloureux rhumatismes pour se concentrer sur son périple. Tournant encore et encore au milieu des couloirs et des passages, les choix des petites lucioles étaient à chaque fois si rapides que les portes n’avaient pas le temps de bouger où de disparaître. Il ne fallut donc pas plus de dix minutes au Directeur pour sortir enfin de ce dédale, reprenant difficilement son souffle après cette course effrénée. Lorsqu’il leva les yeux, il pu observer autour de lui une large pièce d’où provenaient plusieurs chemins et au fond de laquelle trônait un gigantesque mur orné de divers signes rituels qu’Albus reconnus comme étant de la Magie Noire. Cherchant des yeux les lucioles qui devaient, théoriquement, lui indiquer où se trouvaient les disparus, il réalisa qu’elles se trouvaient justement sagement collées contre le mur, ne bougeant plus au centre d’un insigne étrange.

Comprenant que ce mur était le lieu de convergence de différentes pièces cachées, il entreprit de déchiffrer ce signe pour pouvoir être prêt à ouvrir le passage aux prisonniers. Plongé dans sa réflexion, il n’entendit d’abord pas approcher les serviteurs d’Angmar, avant d’être réveillé par des éclats de rire mesquins :

-          Et bien, regardez moi ça ! S’exclama un homme en soutane en désignant Albus du doigt. Notre très cher et très vieil Albus Dumbledore, plus grand magicien parmi les plus grands ! Peut être a-t-il décidé de venir nous botter les fesses?!!

Les autres se mirent à rire eux aussi un moment mais finirent par se taire à l’approche d’une ombre vacillante, celle d’Angmar, leur puissant et vénéré mentor. Albus de bougea pas, plus occupé à observer avec avidité l’ombre approchant qu’à remarquer avec quelle discipline les hommes s’étaient soudain rangés en cercles le long des murs. Ethan entra alors dans la pièce et le cœur d’Albus fit un bond dans sa poitrine : Celui-ci était bien loin de l’Ethan Tyler que le Directeur avait côtoyé pendant ces derniers mois ; le même, oui, mais en plus imposant, plus noir, plus effrayant, plus maléfique. Dumbledore pouvait percevoir cette énorme aura noire qui l’accompagnait et comprenait désormais pourquoi Tyler s’était vu dans l’obligation de partager ses pouvoirs pour les cacher : tant de puissance ne saurait être maîtrisée par n’importe qui, encore moins être cachée très longtemps aux Aurors. Un visage livide n’exprimant rien de plus que la détermination et la haine et un regard de braises plus perçant que celui de n’importe quel rapace, voilà ce à quoi ressemblait le tout puissant Angmar. Et il était sans doute aussi puissant et dangereux que Voldemort, peut être même bien plus.

                Il se dirigeait désormais vers Dumbledore, sa bouche inexpressive se mouvant en un rictus d’amusement tandis qu’il élevait sa voix glaçante pour s’adresser à son « supérieur » :

-          Et bien Albus ? Que puis je faire pour vous ? Vous vous êtes égaré où bien vous aviez simplement envie de bavarder ?

-          Je crois que bavarder ne sera pas nécessaire, répondit-il un peu amer. Je voudrais vous féliciter d’avoir réussi à me tenir éloigné si longtemps, un excellent tour de main, selon moi…

-          Un tour de maître plutôt !

-          Ne criez victoire aussi vite, Tyler, je ne suis pas encore hors jeu !

-          Pas encore…

-          Pas encore et certainement pas avant un long moment, continua Dumbledore avec aplomb sans se soucier du ton arrogant qu’avait employé l’autre à l’instant même. Maintenant que je suis au courant, les choses vont prendre une toute autre tournure, j’en fais le serment !

-          Ah oui ? répondit Ethan d’un air dubitatif. Et que pensez vous faire? Rejoindre notre clan ? Après tout, nous avons certains objectifs en commun…

-          Je ne jouerais pas à ce petit jeu avec vous, Tyler, et n’y jouez pas avec moi. Nous ne vous laisserons pas faire, quelles que soient vos intentions !

Tyler avança un peu plus vers Dumbledore en souriant de plus belle, visiblement amusé de la situation.

-          Je me doutais bien que vous ne seriez pas si facile à duper, cher Directeur, et je dois vous avouer que je ne m’attendais pas à se que vous déclariez forfait avant l’heure ! Ce ne serait pas digne de votre réputation, n’est-ce pas Albus ?

-          ….

-          Cela fait un moment déjà que j’attends ce moment avec impatience… Enfin je vais vous affronter !

-          Vous semblez bien sure de vous Ethan. Le premier conseil donné par votre discipline n’est-il pas de ne « jamais sous estimer un adversaire » ?

Tyler se rapprocha, menaçant, perdant son amusé au profit d’un air de défi :

-          C’est pourtant ce que vous semblez faire Albus ! Attention : ne me prenez pas pour plus naïf que je ne le suis. Je sais très bien ce que je fais et je ne suis pas aussi fou et fanatique que cet idiot dont vous n’osez pas prononcer le nom ! Je suis prêt à vous affronter, vieux sorcier, et croyez moi, vous allez être surpris de voir à quel point les « jeunes » générations peuvent être puissantes elles aussi !

Il brandit sa baguette devant lui avec un regard de défi, comme s’il intimait l’ordre à son aîné de faire de même. Dumbledore ne se fit pas prier et sortit son arme de sa poche tandis que les cavaliers d’Angmar quittaient la pièce en silence. Une fois seuls, Ethan fixa intensément le Directeur dans les yeux puis se décontracta subitement, baissant sa baguette et se reculant nonchalamment en souriant. Il se mit à regarder autour de lui puis déclara comme si de rien n’était :

-          La déco n’est pas terrible, vous ne trouvez pas ? Un peu « cliché » de l’antre du grand méchant loup non ?

Jaugeant Dumbledore avec amusement, il tourna sur lui-même en défroissant ses vêtements avant de se retourner vivement pour lancer le premier sort du combat. Dumbledore, peu dupe, le détourna sans problème et riposta avec un autre sort de son cru qui termina contre le mur dans un énorme fracas de pierre brisée. Tyler le regarda d’un regard brillant avant de retenter l’expérience à nouveau, relançant le combat qui continua à la manière d’un match de tennis de table, les sorts fusant dans la pièce dans un rythme presque régulier. La pièce désormais envahie de poussière, les deux adversaires ne perdaient rien de leur concentration, comprenant que l’issue du duel ne s’annoncerait pas si vite. Angmar semblait follement s’amuser de la situation, et Dumbledore, de son côté, avait la tête à tout autre chose : libérer les deux prisonniers avant qu’il ne soit trop tard. Jetant de temps à autre des coups d’œil au symbole inscrit sur le mur, il tentait de retrouver dans sa mémoire le souvenir d’un sort pouvant ouvrir le passage. Réalisant finalement qu’il ne trouverait jamais l’antisort à temps, il changea de tactique et tenta le tout pour le tout : Lorsque Tyler riposta à une de ses attaques, le Directeur de déplaça au dernier moment d’un léger pas vers la droite, laissant le sort frapper avec force le mur magique. Le choc fut plus violent que pour les autres et les sorts stoppèrent brusquement, les deux combattants désarçonnés un instant par le souffle de l’explosion. Quand la fumée de dissipa, Albus et Ethan se trouvaient tous les deux sur le sol et fixaient le mur avec appréhension, appréhension qui se changea en rage pour Ethan et en soulagement pour Albus : Une brèche avait été ouverte. On pouvait d’ailleurs voir derrière cette minuscule faille, pas plus grosse qu’un trou de souris, un œil, celui de Rogue, qui tentait d’apercevoir quelque chose au dehors. Hors de lui, Ethan se rua sur Dumbledore pour un combat à mains nues alors que le Directeur s’approchait de la faille pour ordonner à Rogue de sortir d’ici le plus vite possible. Severus n’eut pas le temps de répondre que Dumbledore se retrouvait écrasé contre le mur sous l’offensive violente d’Ethan, rouge de colère, ses veines bombées traduisant son état indomptable. Ruisselant de sang, Albus se releva aussi vite qu’il le pouvait, récupérant sa baguette tombée au sol pour repousser Ethan qui se relançait sur lui.

                Dans sa prison, Rogue était perdu. Il grattait maintenant la pierre de ses mains, s’aidant de temps à autre d’un sort pour faciliter le travail, mais s’abîmant les mains pour agrandir à chaque fois la brèche un peu plus. A ses côtés, Ally ne bougeait et ne réagissait à rien, pas même aux hurlements de rages que poussaient Tyler, ni même aux explosions tonitruantes qui faisaient s’effriter à chaque fois un peu plus le plafond. Bientôt, la faille fut assez grande pour pouvoir laisser passer Severus qui vérifia avant toute chose que les combattants n’étaient pas trop prêts. Ce qu’il vit lui glaça le sang : sur le sol, les baguettes semblaient abandonnées tandis qu’à l’autre bout de la pièce, Tyler s’acharnait à faire basculer encore et encore le pauvre Dumbledore qui se débattait du mieux qu’il pouvait. Les capes couvertes de sang, les deux sorciers se battaient à la manière moldue : coups de poings, coups de tête, par les cheveux ou par les vêtements, tous les coups étaient permis ! Mais ce fut lorsque Tyler aperçu Rogue qui sortait de sa prison à la suite d’Ally qu’il porta le coup de grâce au Directeur : d’un coup de genoux dans le ventre il le projeta à terre dans un bruit sourd, se débarrassant de son adversaire pour mieux empêcher ses prisonniers de s’enfuir :

-          Alors toi ! Fit-il en s’approchant de Severus qui tenait Ally dans ses bras. Tu vas me faire le plaisir de reposer cette fille tout de suite et de retourner là dedans avant que je ne perde vraiment patience ! Je ne suis pas d’humeur à jouer !

Ignorant ces mots, Severus tenta de le contourner mais Tyler l’arrêta :

-          J’ai dit : repose l….

Mais il ne put finir, frappé par un sort qui lui fit traverser le mur de ce qui avait été la prison du maître des Potions. Découvrant Dumbledore debout à l’autre bout, fermement ancré sur ses jambes et ayant visiblement retrouvé toute sa puissance, Severus comprit d’un regard qu’il devait filler sur le champ pour éviter une catastrophe de plus. Enfin engagé dans un couloir, il hésita un instant à laisser Albus ici : après tout, Tyler semblait vraiment puissant et jamais, ô grand jamais, Severus n’avait eu l’occasion de voir le Directeur dans cet état. Mais Dumbledore restait un des plus grands sorciers du monde, c’était incontestable. Pourtant, lorsque Severus jeta un dernier regard en arrière avant de fuir, Dumbledore semblait loin d’avoir l’avantage : à nouveau étendu sur le sol, coincé entre les jambes de Tyler, il tentait du mieux qu’il pouvait d’arrêter les coups de poings puissants du jeune mage… Mais c’était peine perdue…

 

Ooooooooooo

 

                Remontant dans un effort surhumain les couloirs et les marches menant à l’issue du sanctuaire, Rogue ne pensait à rien. Ses mains, écorchées vives par ses précédents efforts, peignaient le front et les genoux d’Ally de sang. Mais la jeune fille ne disait toujours rien, gardant les yeux ouverts sans même bouger les pupilles. Enfin sortit de ce piège de cauchemar, il se dirigea instinctivement vers l’infirmerie pour y confier la jeune fille mais stoppa net au détour d’un couloir, apercevant Minerva Mcgonagall qui parlait avec un vieil homme qu’il reconnaissait comme l’un des sorciers présent le jour de son procès. Changeant de chemin, il du à nouveau s’arrêter à quelques pas de l’infirmerie où attendaient deux sorciers, à savoir les deux assistants du détestable Ministre de la Magie. Réalisant que le Ministère avait sans doute eu vent de tout ces évènements au sein de Poudlard, il se convaincu que la meilleure solution était de retourner dans ses appartements et de s’y boucler à double tour pendant un moment. Jetant un coup d’œil à la jeune fille stoïque dans ses bras, il décida finalement de l’emmener avec lui, ne sachant vraiment dans quel autre endroit il pourrait la mettre à l’abri des vampires du Ministère.

                Arrivant enfin dans son petit « chez lui », il constata que la pièce avait été fouillée de fond en comble et que l’on avait vidé son laboratoire, désormais absent de toute potion. Poussant du pied les livres et autres objets éparpillés à terre, il s’avança jusqu’au divan pour y déposer Ally et se dirigea vers sa chambre où se trouvait cachée sa trappe de situation d’urgence. En effet, d’un petit mot de passe il fit apparaître une petite entrée dans le sol qu’il ouvrit rapidement en allumant sa baguette. A l’intérieur, des rangées impressionnantes de Potion s’étendaient à perte de vue, certaines fioles fumant et crépitant grâce au sort d’ébullition permanent que leur avait attribué leur créateur. Sans hésiter, Severus se saisit de deux minuscules petites fioles dans un panier débordant d’échantillons identiques et remonta dans la pièce pour rejoindre la jeune fille étendue sur le divan. Toujours immobile, elle ne broncha pas lorsqu’il passait un coton imbibé de potion aseptisante sur son front afin de nettoyer ses blessures. Il procéda ainsi doucement pour le reste de ses maux, même si le plus grand d’entre eux persistait et qu’il savait qu’aucune potion n’existait pour le soigner. Débarrassée de tout le sang et de toute la saleté qui recouvrait son visage, elle apparaissait désormais devant Severus dans toute sa vulnérabilité, les yeux rougis par la fatigue et les joues contractées par le chagrin. Il était temps d’essayer de lui parler à nouveau :

-          Miss Stanford ? Vous allez mieux ?

Assis face à un mur de béton, il se sentit un instant idiot à devoir jouer les apprentis infirmière, mais il se résigna tout de même à continuer, oubliant sa fierté au profit de la santé de la jeune fille. Il reprit d’une voix plus douce :

-          Miss Stanford… je sais que ce que vous avez vécu ces derniers jours a été très éprouvant mais … Il faut que vous me parliez… ne serait-ce que pour vous soulager…. Miss Stanford ? Tyler n’était qu’un marchand de rêve et je comprends tout à fait pourquoi vous avez pu le croire… Mais maintenant, tout ça est bel et bien fini … Vous n’avez plus rien à craindre…. Miss Stanford ? … Miss Stanford ? … S’il vous plait dites moi au moins un mot que je sache si vous êtes vraiment en vie ? Miss Stanford ? … Ally ?

C’est alors que pour la première fois depuis plus de vingt quatre heure, Ally Stanford fit un mouvement : bougeant légèrement, elle se roula en boule, tournant le dos à Severus et murmura ces quelques mots avant de se mettre à pleurer : « Dans la vie ou la mort, même combat ».

                Perdu, Severus hésita un instant entre répliquer une quelconque parole de réconfort comme Dumbledore en avait le secret, quitter la pièce pour la laisser en paix ou rester ici en silence pour qu’elle sache qu’elle n’est plus seule. S’étonnant lui-même il choisit cette dernière solution, se renfonçant plus confortablement dans son fauteuil à ses côtés, prêt à y passer la nuit, la main posée sagement sur l’épaule de la jeune fille …

 

Chapitre 12 à suivre…

 

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 Incubus ou Somnolence de Loup Garou (le 15/08/2005 à 14h59)

Disclaimer : Les personnages de cette histoire ne sont pas ma propriété, ils sont celle de JK Rowling et je ne tire aucun profit de cet écrit…

Auteur : Silmaril666

Personnages principaux: Remus Lupin, Harry Potter, Severus Rogue…etc.…

Tome: 5  Univers alternatif 

Genre : PG-13 Général

Idée de base: 5ème année à Poudlard. Remus Lupin est de retour pour enseigner les Défenses Contre les Forces du Mal alors que le professeur Rogue fait de plus en plus l’objet de l’attention du Ministère. Alors que le lycanthrope semble contrôler de mieux en mieux ses transformations grâce aux potions tue-loup de Severus, il commence à faire des rêves étranges… mais ces rêves semblent bientôt se convertir en réalité… Remus y est-il pour quelque chose ou bien y a t il un intrus au château ?

 

Incubus ou Somnolence de loup-garou

 

Chapitre I : Etat post-symptomatique

 

Promenons-nous dans les bois,

Pendant que le loup n’y est pas,

Si le loup y était

Il nous mangerait !

Loup y est tu ?

Que fais-tu ?

 

La fillette cessa de chanter alors qu’une ombre menaçante apparaissait devant elle. Elle ne semblait pas avoir peur alors que l’animal s’approchait nerveusement, réduisant un peu plus l’espace entre eux à chaque pas. Rien autour d’eux ne pouvais lui venir en aide : elle était seule. Malgré tout, elle ne semblait pas effrayée. Elle le regardait de ses petites améthystes étranges comme un enfant regarde un illusionniste et semblait prête à bondir d’un moment à l’autre sur les genoux de son loup garou préféré pour lui faire un grand câlin. Et alors que le monstre poussait un cri de colère et de faim, la jeune fille  éclata d’un rire cristallin et s’adressa brusquement à lui :

-    Et bien Lunard ? Quelque chose ne va pas ?

L’animal stoppa net. Il l’a regarda avec étonnement et méfiance avant de tendre sa patte aux griffes acérées pour lui caresser la joue, tel la Bête cherchant à redevenir Homme pour rassurer sa Belle. Mais la loi de la faim et de la haine se fit soudain plus forte que tout et le contact se transforma en griffure, la caresse en agression. Pourtant, la jeune fille riait aux éclats, tandis que le loup se jetait sur elle, plantait ses griffes dans sa chair et la dévorait avec une violence primitive. La bête pouvait sentir le goût enivrant du sang dans sa bouche mais bientôt, quelques chose vint le distraire : une main humaine se posa sur son épaule, l’interpellant et le stoppant dans sa rage intense.

-          Remus ?

 

*************

-          Remus ?

-         

-          Eh !... Remus ! continua Harry pour tenter de réveiller son professeur, profondément endormi sur son bureau.

L’interpellé releva la tête sans ouvrir les yeux, baragouinant quelques grognements et un bref « Où ça ? » en décollant une feuille de parchemin collée sur sa joue avant de lever avec peine ses paupières pour voir Harry… et le reste des 5ème années qui l’attendait sagement assis dans la salle de Défense Contre les Forces du Mal. Gêné, il ne bougea d’abord pas puis décrocha finalement un grand sourire, un peu crispé mais plutôt tournée vers l’autodérision et la complicité avec ses élèves :

-          Oh merci Harry, s’exclama t-il en s’étirant exagérément à la manière d’un félin. Manquer ce cours m’aurait fendu le cœur, tout comme le votre j’en suis sur !

Les élèves sourirent à la plaisanterie et attendirent que leur professeur leur donne la marche à suivre pour travailler. Comme l’an passé, les cours du lycanthrope étaient légers, amusants, mais surtout très utiles par l’importance des sorts enseignés. Ainsi, les élèves écoutaient leur professeur avec bonne humeur, excepté les Serpentards qui semblaient apporter à chaque cours la mauvaise humeur comme si Rogue avait pu envoyer sa haine pour Lupin par hibou postal.

                   A la fin du cours, les élèves s’en allèrent, excepté Harry qui resta en classe avec la ferme intention de parler sérieusement à Remus de leurs nombreux problèmes.

-          Oui Harry ? Demanda son aîné en s’asseyant sur son bureau en pagaille.

-          Tu vas bien Remus ? demanda l’élève d’un ton soucieux.

-          Très bien pourquoi ? répondit innocemment son aîné.

-          Tu as tendance à t’endormir n’importe où n’importe quand ces derniers temps.

-          Juste de la fatigue… ça m’arrive souvent à l’approche de la pleine lune…

-          Oh… fit Harry, désormais inattentif et tendu.

-          Mais j’imagine que ce n’est pas de cela dont tu voulait me parler, si ? fit Remus avec un petit rictus pour encourager Harry à oser continuer.

-          Non… en fait, J’aurais voulus que l’on parle un peu de… enfin tu sais…

-          Oh… fis Remus amusé de la gêne de son cadet. Tu veux parler… de CA…

-          Oui… j’ai fais tout ce que j’ai pu mais… c’est trop dure, je n’y arriverais jamais, dit-il d’un ton dépité.

-          Ne te décourage pas Harry !

-          Cela fait trop longtemps que j’essaie…je m’entraîne, j’apprends des sorts… mais je ne m’en sent absolument pas capable… je n’y arriverais tout simplement jamais ! Je sais que mes parents fondaient beaucoup d’espoir en moi, surtout mon père, mais je crois bien que la lignée des Potter ne grandira pas avec moi…

-          Ne sois pas aussi défaitiste et pessimiste Harry ! Ce qui t’arrive est tout à fait normal, tout le monde a vécu ça !...

-          Certainement pas un Malefoy ou une de ces familles si puissante. Eux ils n’échoueraient jamais dans ces moments là !

-          Qu’en sait tu ? Et puis, tu vaux bien mieux qu’un Malefoy ou un autre ! Tu as sauvé des tas de gens Harry, tu es quelqu’un d’unique et tu va devenir le plus puissant des magiciens, et tu sera capable de surpasser Tu sais qui !

-          Mais on ne parle pas de sauver le Monde Remus ! le coupa Harry, agacé. Je ne vois pas le rapport entre CA et Voldemort. Sauver le Monde est une chose _ soit dit en passant que je ne suis même pas sur de réussir_ mais CA ça n’a rien à voir ! Si je ne suis bon qu’à sauver le monde, autant me faire curé tout de suite.

Remus éclata de rire sous le regard noir d’un Harry en plein émoi. Il se leva et s’approcha d’Harry pour répondre d’une voix calme et rassurante comme Lupin seul en avait le secret :

-          Ecoute Harry : tu n’as que quinze ans et crois-moi, ce genre de « problèmes techniques » arrivent à beaucoup de garçons. Cela veut juste dire que tu n’es pas prêt à passer à l’acte… ou bien que ta partenaire n’est pas la bonne… Laisse le temps faire les choses Harry, fais confiance au temps…

Harry ne répondit rien pendant un instant, puis un scintillement de malice se mit à briller soudainement dans son regard émeraude. Avec un léger rictus au coin des lèvres, le Survivant leva la tête et commença à répondre d’une voix arrogante :

-          C’est marrant… Tes paroles semblent tout droit venir de la bouche de Dumbledore et pourtant, tes conseils semblent cacher une profonde connaissance de la Chose… dis Remus ? Tu devais vraiment être un sacré ringard avec les filles toi !

Remus  lança une tape sur la tête de celui-qui-avait-survécu-et-qui-était-fière-de-sa-blague-à-deux-balles. Lorsque sa Majesté Potter eu fini de rire, Remus risqua :

-          J’imagine que tu es au courant de la menace qui plane au dessus de la tête de Severus ?

Harry perdit son sourire et répondit d’une voix maussade :

-          Oui et si tu crois que ça me chagrine tu te trompe… et depuis quand tu l’appelle Severus ?

-          Tu devrais t’en soucier, Harry, Severus est un de nos alliés après tout…

-          Et aussi celui qui me rend la vie impossible depuis quatre ans !

-          Peut-être mais tu ignore tout de ses raisons alors cesse d’y prêter tant s’attention !

-          « Cesse d’y prêter tant d’attention » ? J’aimerais bien t’y voir toi, à être sans cesse rabaissé, pris en grippe et malmené pendant ses cours ! Lui ne se prive pas de me faire sentir qu’il me déteste alors je ne vois pas pourquoi moi je devrais faire semblant de m’intéresser à sa misérable existence !

-          Harry… Severus court un grand danger en jouant un double jeu… non seulement le ministère peut le prendre pour un mangemort et le faire enfermer à Azkaban mais en plus Tu-sais-qui pourrait lui faire payer très cher sa trahison…

-          C’est bon, c’est bon… concéda Harry. Qu’est-ce qui lui arrive ? C’est à cause du Ministère ?

-          Oui, ils ont commandé une commission d’enquête à propos de Severus pour trouver des preuves sur son identité de mangemort… bien sur, s’ils trouvent la moindre preuve, ils en concluront qu’il est un mangemort, et ils ne manqueront pas de faire signaler que Dumbledore a engagé un serviteur de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom au détriment de la sécurité des élèves.

-          Donc si Rogue se fait prendre, non seulement il risque Azkaban mais en plus il peut entraîner le renvoi de Dumbledore…

-          Oui… acquiesça Remus. Severus est une arme à double tranchant : il peut nous être d’une aide précieuse mais peut se retourner contre nous envers sa propre volonté.

-          Alors imagine s’il se retournait contre nous de son propre gré, souffla Harry en se retournant, toujours peu convaincu par les révélations sur le réel camp de son abominable professeur de potions lors de son arrivée à Poudlard cette année.

-          Bon sang Harry ! Tu est tenace ! s’exclama Lupin, plus qu’agacé par les préjugés d’Harry mais se contenant comme toujours, admirablement.

-          Mais je n’y peux rien ! se justifia l’autre. Je le hais, il me hait. Point… et toi, Remus, comment peux-tu l’apprécier après tout ce que l’on m’a dit à propos de Rogue et des Maraudeurs ?

-          Justement ! Après tout ce qu’on lui a fait subir, il ne faut pas s’étonner qu’il soit devenu aussi méfiant !

-          Mais enfin, ce n’étaient que quelques blagues d’adolescents, ce n’est pas la mort !

-          Mais qu’en sait tu Harry ? Tu es un des garçons les plus populaires de l’école, jamais personne hormis les Serpentard ne t’a persécuté !

-          Mes parents sont morts ! coupa Harry d’un ton réprobateur.  J’ai du vivre dans un placard comme un esclave durant des années avec des gens qui me détestaient et je suis maintenant poursuivi par Voldemort ! Pauvre Servilus ! Le pauvre chou à été victime de blagues toute sa scolarité ! Ca pour sur, ce gars là est un martyr !

Remus le regarda sans rien dire, attendant qu’il se calme et cesse de faire les cents pas dans la pièce. Il repris donc d’une voix plus calme :

-          Tu n’as aucune idée, Harry, de ce que Severus a du subir au nom de la « plaisanterie » il…

Mais il ne put continuer plus longtemps, interrompu dans son élan moralisateur par la voix sèche et sarcastique du dit- Severus Rogue :

-          Bien, bien Lupin, je vous remercie de prendre ma défense mais il ne me semble pas vraiment que mon adolescence ne soit un sujet de conversation qui doive avoir lieu entre vous et Mr Potter… voudriez vous vraiment que je lui raconte l’une de vos frasques peu reluisantes ?

Harry soupira d’ennui et quitta la table sur laquelle il était assis pour quitter la salle sans un mot de plus qu’un bref « Bon courage » peu convaincant. Remus ne disait rien, plus amusé par la situation qu’effrayé par les menaces de son collège. Il ne pus que réprimer un sourire et lancer un joyeux « Et bien Severus, que me vaux l’honneur de votre visite » en pleine face de son interlocuteur. Severus le fixa d’un air de profond dédain dont il avait la recette et commença son petit monologue sur un ton plus que méprisant et hautain :

-          Et bien, je m’apprêtait à vous prévenir que j’avais préparé votre potion pour la nuit prochaine… j’ai évalué une nouvelle formule qui devrait être plus efficace si elle était prise également la veille de la pleine lune… car avec des gens comme vous, mieux vaux prévenir que guérir… même si je crains que votre cas soit loin d’être guérissable…

Lupin le regardait toujours avec son air impassible et amusé qui énervait _ et cela il le savait_ au plus haut point le maître des Potions. Le professeur de DCFM répondit son un ton enjoué :

-          Merci beaucoup Severus. Je suis heureux que vous mettiez à mon profit un tel dévouement. Bonne soirée.

Sans un mot de plus, Rogue lui jeta un nouveau regard et fit demi-tour à la manière d’un soldat de régiment avant de quitter la pièce dans son légendaire froissement de cape. Remus fixa la porte un instant avec amusement puis rangea ses affaires à sa manière afin de pouvoir enfin retourner dans ses appartements.

 

                   Enfin au calme dans ses quartiers, le lycanthrope ôta sa cape bon marché et sa veste de vieux lin pour se retrouver plus à l’aise en pantalon et en chemise. Respirant avec contentement, il s’avança vers le grand miroir bordé d’argent qui trônait au fond de la pièce et se mit à se regarder en parlant comme à un interlocuteur :

-          Harry est vraiment mal en se moment. Je pense qu’il aurait vraiment besoin de quelque chose de nouveau pour se distraire. Qu’en pense-tu ? (Il marqua un temps puis acquiesça ironiquement comme si quelqu’un lui avait répondu :) Mais bien sur ! Histoire de lui attirer plus d’ennuis qu’il ne s’en fait déjà ! Mon pauvre, je crois bien que tu ne grandiras jamais !

Remus se mit à rire puis arrêta de se regarder, fixant un point vide dans le reflet de la pièce:

-          Je crois vraiment que tu devrais faire attention à ne pas te faire remarquer. Ces temps si, tu te montre beaucoup trop, les élèves risquent de te voir et si Harry s’en aperçoit… je ne suis pas sure qu’il apprécierai le secret… enfin tu…

Remus s’arrêta, tourmenté soudainement par un violent mal de crâne et une furieuse envie de dormir. Avant même qu’il n’ai eu le temps de réaliser ce qui lui arrivait, il tomba à la renverse, ramassé de justesse par une ombre qu’il put reconnaître avec confiance avant de sombrer une fois de plus dans les bras de Morphée…

 

Chapitre II : Effets  non souhaités et gênants

 

                   La lisière de la forêt semblait calme ce soir. Illuminés par la pleine lune de novembre, l’eau et les arbres se mouvaient à l’unisson à chaque souffle de vent. Remus sentait l’eau fraîche recouvrir peu à peu sa peau nue et panser ses blessures à mesure qu’il pénétrait dans le lac argenté. Comme après chaque transformation, le retour à l’état humain était douloureux, très douloureux : ses os lui paraissaient broyés, sa peau le brûlait et ses yeux ne lui permettaient que de percevoir des ombres. Dans ces moments là, l’eau devenait sa meilleure alliée et il s’abandonnait pour quelques instants de repos dans cette étendue grise et sauvage qui le soutenait et l’apaisait dans les confins de la nature.

 Plongeant son corps tout entier dans les abysses sombres et froids du lac, il ne pensait à rien, tant cet instant était devenu pour lui presque solennel. Soulagé au contact de l’eau de ses pensées les plus obscures, il dû néanmoins revenir à la réalité quand il sentit quelque chose effleurer sa peau, là, au milieu des eaux profondes de la forêt interdite. Lorsqu’il ouvrit les yeux, il se trouva face à un cadavre…non, pas un cadavre, une fillette, la même que dans chaque rêve, livide à l’image d’un mort mais bel et bien vivante, le regardant et lui souriant si tendrement que cette seule vue lui glaçait bien plus le sang que l’environnement aquatique dans lequel il évoluait.  Pris de panique, il ne bougea d’abord pas, l’observant de ses yeux rougis par le froid et par sa transformation et sursautant lorsqu’elle posa sa main sur son poignet en demandant :

-                Lunard ! Qu’est-ce que tu as fait ?

À ses mots il reprit ses esprits, immergeant avec peine à la surface du lac et hurlant de plus belle en se trouvant encerclé de cadavres d’enfants et d’animaux mutilés. Et la jeune fille, désormais debout sur la berge, le fixait toujours en demandant :

-                Lunard ! Qu’est-ce que tu as fait ?

 

Oooooooooooo

 

                   Lorsqu’il ouvrit les yeux, il ne vit d’abord rien, étonné par l’obscurité de la pièce dans laquelle il se trouvait. Reconnaissant avec aisance les craquements étranges qui l’environnaient, il compris tout de suite qu’il était dans la Cabane Hurlante et tenta de se relever, alourdi par la fatigue et ses membres ankylosés. Il jeta un œil vitreux autour de lui et aperçu une pile de vêtements lui étant destinée, indiquant clairement que quelqu’un l’avait amené ici la veille. Etait-ce celui à qui il pensait ? Il ne se souvenait même pas de sa nuit, seulement de s’être effondré brusquement de sommeil et de s’être réveillé quelques minutes plus tôt ici même… il n’y comprenait rien… Toujours intrigué par ce  mystère il se rhabilla lentement et quitta la Cabane Hurlante pour rejoindre le château toujours aussi silencieux qu’une crèche de mille cinq cent rejetons qui braillent.

                   De retour dans ses appartements il se retrouva face à un Severus Rogue des plus lugubre, son visage pâle traduisant son impatience et ses yeux noirs laissant transparaître sa colère. Remus n’eut pas le temps de dire un mot que le maître des Potions se levait d’un bond, l’assaillant de questions et de reproches :

-                Par Merlin, Lupin, où étiez vous donc ?

-                Je…

-                Vous n’avez pas idée du pétrin dans lequel nous sommes depuis hier !

-                Pardon je…

-                Avez-vous songé une minute aux conséquences de vos stupides erreurs ?

-                Quels err…

-                Stupide Maraudeur vous ne changerez donc jamais !

Remus fini par cessez toute tentative de discussion, réalisant qu’il n’avait pas la moindre réponse à fournir à son interlocuteur et que celui-ci ne l’aurait de toute façon pas écouté. Lorsque Severus eut fini de vider ses nerfs sur lui, Remus risqua :

-                Je suis désolé Severus mais je ne suis pas au courant de ce dont vous parlez…

-                Vous vous foutez de moi ?!

-                Non… j’ai eu un… disons une sorte de « malaise » hier soir et je ne me suis réveillé que ce matin…

-                Ce « malaise » était-il une transformation ? accusa Rogue tel un reproche.

-                Je pense oui …

-                Je me doutais bien que vous n’étiez pas assez intelligent pour vous souvenir que vous deviez prendre votre potion… Lança Rogue tandis que le lycanthrope marquait un temps, plus occupé à réfléchir sérieusement à son problème qu’à trouver une plaidoirie convaincante.

 Soudain, il interrompit Severus qui était partit déjà depuis plusieurs minutes dans un discours désespéré sur l’idiotie de son congénère et le fit taire se souvenant enfin du calendrier lunaire et de ses obligations :

-                Attendez une minute… Ca n’était pas la pleine lune hier soir… je n’ai pas pu me transformer…

-                Ah oui ? fit Rogue dubitatif en levant un sourcil. Pourtant, une dizaine d’élèves ont vu un « gigantesque loup difforme et bossu poursuivre une forme sombre dans le parc de l’école »… A moins qu’il y ai un animagus non déclaré se transformant en loup-garou, je ne voit pas qui est-ce que cela pourrait être d’autre ! D’autant plus que vous avez mystérieusement disparu cette nuit…

-                La transformation hors pleine lune est impossible ! se défendit Remus, désormais plus qu’agacé par l’insistance de son détracteur. Ça n’était pas moi !

-                En avez-vous la preuve ?

Devant le silence de Remus, Rogue se rassit et reprit d’une voix plus calme :

-                Hors de cet incident – bien que certaines personnes pensent qu’ils soient liés- un drame a eu lieu cette nuit dans une forêt de Cornouailles…

Remus s’arrêta de respirer, devinant presque les mots qui allaient sortir de la bouche de Severus :

-                Deux jeunes enfants ont été retrouvés… noyés et mutilés dans un lac de la forêt de Border Collie…

Remus plongea ses yeux dans ceux du professeur de Potions et demanda d’un ton noir et blessé que personne ne lui soupçonnait de pouvoir un jour prendre :

-                Et vous pensez que c’est moi, c’est ça ?

Rogue fut un instant étonné par ce ton et ne su pas quoi répondre, réalisant que peut-être, il avait été un peu trop vite dans ses déductions soupçonneuses.

-                Je pense…fit il en pesant ses mots pour la première fois de sa vie, que cette possibilité n’est pas à écarter…

Remus se plongea alors dans un mutisme effrayant que Rogue ne lui connaissait pas et congédia son interlocuteur d’une voix sèche et préoccupée. Fatigué et intrigué par l’attitude de son collège, Severus partit sans broncher en prenant soin de fermer la porte derrière lui.

   

Lorsque le maître des potions eut quitté la pièce, le professeur de DCFM reprit son rituel habituel et déposa simultanément sa veste et sa chemise sur une chaise, avant de se poster devant le miroir pour contempler ses nouvelles blessures suintantes. Après quelques minutes de silence, Remus pris une expression agacée, comme si l’on venait de lui dire quelque chose qui lui déplaisait :

-                Je t’en prie tais-toi… Ça n’est pas le moment… (pause) Et puis j’en ai assez de parler à ton reflet dans ce miroir… C’est peut-être pratique pour toi de ne pas avoir à reprendre forme humaine mais moi ça me donne l’impression d’être bon à enfermer… (Pour lui-même :) Je me demande si ça ne serait d’ailleurs pas la meilleure solution….

Remus se détourna du reflet humain de son ami dans le miroir pour se retrouver face à cet énorme molosse que bon nombre d’élèves connaissaient bien. L’animal regarda Lupin et émit ce que l’on pourrait qualifier de rictus avant de commencer à grandir, à s’allonger et à prendre forme humaine pour faire place à Sirius Black, meilleur ami de Remus échappé depuis peu d’Azkaban. Malgré la situation dramatique du moment, Remus ne pus s’empêcher de répondre au large sourire de Sirius et commenta son apparence en lui lançant une chemise et un pantalon :

-                Je suis content de revoir aussi Sirius mais par pitié, enfile ça, nous avons passé depuis longtemps ce stade d’intimité !

-                À tes ordres Lunard !

Pendant que son ami s’habillait, Remus s’installa confortablement dans son vieux fauteuil déchiré et le questionna de sa voix redevenue inquiète :

-                Hier, quand je me suis effondré et que tu m’a rattrapé… Qu’est-ce qui c’est passé ?

Sirius perdit son sourire et s’installa lentement face à son ami pour lui raconter ce qu’il savait :

-                Remus… Hier soir, tu ne t’es pas seulement effondré… au début, on aurait dit que tu dormait, et puis tu as commencé à convulser, à hurler et…

-                …. À me transformer ? fini le lycanthrope avec inquiétude.

-                Oui… Confirma Sirius… Tu t’es transformé. J’ignore le pourquoi du comment, mais toujours est-il que tu as voulu me dévorer alors je me suis transformé et j’ai appliqué le bon vieux plan de la Cabane Hurlante.

-                Severus m’a dit que des élèves m’ont vu…

-                Faut dire que tu n’es pas passé inaperçu… Incontrôlable serait le mot…

-                Et ensuite ? Tu m’as conduit au Saule Cogneur et … c’est tout ?

Sirius parut hésiter un instant puis avoua :

-                Non… Tu es parti vers la Forêt Interdite et je ne t’ai retrouvé qu’une heure plus tard…

Un lourd silence s’installa durant lequel Remus s’inventait mille et un scénarios de son meurtre, persuadé qu’il était le bourreau de ces deux enfants dont Rogue avait parlé. Sirius devinait les pensées de son ami mais ne savait pas comment s’y prendre pour le convaincre :

-                Remus… ça ne peut pas être toi… tu n’est pas le seul loup-garou qui existe en Angleterre !

-                Oui mais je suis le seul à me transformer hors- pleine lune ! contra t-il.

-                Mais comment aurait-tu pu être en Cornouailles alors que tu étais dans l’enceinte de Poudlard… c’est techniquement impossible !

-                Oui et bien ça ne serait pas la première chose bizarre de la journée ! fit Remus d’un ton noir.

Sirius, décontenancé par les pensées de son ami, posa la main sur la sienne et chuchota :

-                Je suis persuadé que ça n’est pas toi Rem… j’en suis certain.

Lupin n’écouta pas un mot de cette déclaration et se leva pour enfiler une chemise et quitter ses appartements en direction du parc de Poudlard.

A peine dévalait-il en hâte les escaliers que des images effrayantes de meurtres et de mutilations passèrent devant ses yeux, le clouant sur place et transformant sa perception en un manège interminable. Tout tournait autour de lui alors que des voix envahissaient sa tête, et au milieu de ces voix, il en reconnut une : celle de la petite fille de ses rêves qui lui chuchotait : « Saute Remus ! Vas-y, saute ! ». Et là, perdu entre le sommeil qui le gagnait et l’ordre qui lui semblait incontournable, Lupin posa ses mains sur la rambarde et commença à l’enjamber….

 

Chapitre III : Un somnifère nommé Severus

 

       La rue était totalement sombre. De sa démarche assurée et rapide, le loup-garou s’efforçait de ne pas dépasser la petite fille qui le guidait, devant lui, en sautillant et en lui lançant des sourires. Il n’avait aucune idée de l’endroit où elle le conduisait mais il lui obéissait sans se poser de questions… Normal lorsqu’on n’est qu’un loup-garou ! Il ne savait pourquoi mais celle-ci avait un don pour le mettre en confiance et il était près à tout pour elle, pour lui faire plaisir ou pour la protéger. Désormais il se trouvait devant un petit pavillon vieux et délabré où semblaient malgré tout vivre quelques personnes, à en juger par la voiture sagement garée dans l’allée. Ils progressèrent vers l’arrière de la maison où une fenêtre était entrouverte, n’étonnant absolument pas la petite fille qui restait calme et semblait contrôler la situation tel un jeu d’enfants. Ils passèrent silencieusement dans le salon et grimpèrent sans un mot vers l’étage, se dirigeant avec détermination vers la chambre. La petite fille poussa la porte et entra la première avant de se ranger sur le côté pour laisser place à son compagnon. Il découvrit ainsi un homme étendu, se reposant paisiblement, ses lunettes et sa baguette sagement posés sur sa table de chevet. Mais alors que sa partie humaine aurait éprouvé de la compassion pour cet homme, sa partie animale ne répondait, elle, qu’à l’appel du sang et de la faim… L’appel du sang et les ordres de la petite fille. Car c’était elle, désormais, qui le dirigeait dans ses instincts meurtriers et c’était elle, maintenant, qui pointait l’homme endormit du doigt en lui disant :

-    Cet homme me veut du mal Lunard… Fais-le disparaître !

Et alors qu’il allait se jeter sur le pauvre sorcier pour le dévorer, il sentit une onde de douleur traverser son corps, ses os et ses muscles et s’effondra au sol. Plié en deux, il ne parvint qu’à pousser un hurlement bestial avant de se lever péniblement pour quitter la pièce en courant. Il eut malgré tout le temps de voir la petite fille le fixer avec étonnement puis tourner des yeux emplis de rage vers le plafond avant de se mettre à crier à son tour, révélant un son bien plus effrayant que celui de n’importe quel démon ou force du mal.

      Lorsqu’il sortit enfin de la maison, il fut ébloui un instant par les rayons épars d’un soleil de printemps et choqué par la bise fraîche d’un mois d’avril sur sa peau… Sa peau ! Il regarda ses mains et découvrit avec stupéfaction qu’il avait repris forme humaine et leva les yeux pour se rendre compte qu’il était à Pré au Lard. Il regarda partout autour de lui comme s’il découvrait le paysage, tant celui-ci lui semblait différent… Non… Pas différent... seulement d’une autre époque. Il fut tiré de sa rêverie par sa propre bouche qui se mit à parler sans qu’il n’y fit attention alors qu’une main ferme se posait autour de son bras. Il ne contrôlait à nouveau plus rien, pas même ses propres pensées, et ne put faire autre chose que de se laisser porter par le mouvement de ce souvenir :

-    Sérieusement Sirius ! Tu crois vraiment que Rogue va gober ça ?

-    Bien sûr ! Ce bon vieux Servilus n’attend qu’une chose : ELLE !

-    Oui mais ELLE, ça l’intéresse au moins ?

Sirius eut un petit rire sadique qui fit légèrement peur à Remus :

-    Je ne dirais pas ça… Répondit Patmol langoureusement. Mais c’est justement ça qui est marrant !

Remus s’arrêta net, presque choqué par les idées malsaines de son ami qui devenait de plus en plus sadique à mesure qu’il approchait de l’âge adulte. Sirius se retourna vers lui, arborant son sourire le plus innocent, presque amusé à l’idée de convaincre le lycanthrope de se joindre à lui et James pour piéger Rogue. Ils reprirent leur chemin, Remus plus qu’ennuyé par la plaidoirie de son ami, jusqu’à ce que celui-ci ne se fige, attrapant le bras de Lupin pour désigner du doigt une jeune fille qui regardait avec envie dans la vitrine de Prêt à Sorcier.

-    C’est ELLE, commenta simplement Sirius.

Remus fut étonné. S’il avait entendu Sirius et James lui en parler de temps en temps, il ne l’avait jamais vu auparavant, et maintenant qu’il la découvrait, il réalisait qu’il ne l’avait pas imaginé ainsi… Elle avait l’air si fragile ! Pour une sixième année, elle paraissait seulement être en quatrième, et son visage était pâle comme si elle était malade et prête à se renverser d’un instant à l’autre. Si au premier regard il eut pitié d’elle, il se mit bientôt à la fixer, réalisant que cette jeune fille lui faisait penser à… Lui-même. Réveillé dans sa contemplation silencieuse par un Sirius plus déchaîné que jamais, il du se retourner vers lui pour écouter la fin de la conversation :

-    … Préparer le Polynectar ! finissait triomphalement son ami.

-    Quoi le Polynectar ? répondit Remus, réalisant qu’il n’avait rien entendu.

-    On voudrait que tu nous aides à préparer les Polynectar pour prendre la voix et l’apparence de cette fille !

-    Jamais ! lança catégoriquement Remus, décevant cruellement son ami qui resta planté là un instant avant de le poursuivre.

-    Mais pourquoi Rem ?! C’est la meilleure idée que l’on ai jamais eue !! On l’a même baptisée « L’ultime farce des Maraudeurs » !

-    Pourquoi, ce sera la dernière ?

-    Non, seulement la plus inoubliable et humiliante dans toute l’histoire des farces contre Severus Rogue !

-    Et ELLE alors ?

-    Quoi ?

-    Tu crois peut-être que ça ne va pas l’humilier elle ?

-    Pas vraiment non… Dans la mesure où elle n’y est pour rien, elle sera juste détestée par Servilus… Au pire, il lui fera une petite scène de ménage ! Le but principal, c’est de briser le cœur de notre Serpentard favori, rien de plus, rien de moins !

-    C’est cruel et sans intérêt ! conclu Remus en reprenant sa route.

-    Et alors ? La manière dont il a monté Evans contre James, c’est pas cruel peut-être ?

-    Tu sais très bien qu’il n’y est pour rien ! Il la déteste et elle le déteste ! James c’est mis Evans à dos tout seul !

-    …. Alors tu ne nous aideras pas ?

Remus ne répondit rien et continua son chemin alors que Black restait planté en arrière. Réalisant que le lycanthrope ne répondrait rien de plus, Sirius lança, plus pour lui même que pour Remus, sous les yeux étonnés des passants :

-    Si tu continues tu vas finir par être rejeté des Maraudeurs !... Rem !... Rem ?... Tu es toujours là ?

Privé de réponse, Sirius s’en alla en bougonnant sous les rires des quelques élèves qui avaient suivis la scène.

Remus, lui, s’assit quelques instants pour réfléchir un peu à la conversation qu’il venait d’avoir puis repartis dans les rues de Pré au Lard après s’être assuré qu’il avait pris la bonne décision en ne se mêlant pas à cette odieuse et énième farce. Il croisa justement au détour de Zonko la fameuse jeune fille dont Sirius et James avaient décidé de voler l’identité… Kara Wheeler… Elle regardait la vitrine d’un air distrait et Remus ne tarda pas à se rendre compte qu’elle suivait en réalité les frasques des trois incorrigibles frères Perez, dignes concurrents des Maraudeurs, qui étaient en train d’installer un format gigantesque de bombabouse. Le lycanthrope  s’approcha silencieusement de la jeune Serdaigle et lança brusquement, sur un ton de confidence :

-    C’est la toute dernière Bombabouse500 : cinq cent bombabouses contenues en une seule… On la réservait pour la salle commune de Serpentard mais je crois que l’on a été devancés !

Kara, qui avait d’abord sursauté au son de sa voix, le regardait maintenant avec méfiance, et tremblait légèrement. Elle détourna les yeux et recommença à fixer la vitrine sans un mot tandis qu’il l’observait du coin de l’oeil, amusé. « Cette fille ne se mets ni à bredouiller ni à glousser en la présence d’un Maraudeurs… Merci Merlin : Ce genre de personne existe encore! »

Il arborait désormais un léger sourire d’amusement, mais celui-ci s’effaça à la minute même où il détourna les yeux vers la vitrine. Il tomba nez à museau avec le reflet de Lunard, le loup-garou, l’autre partie de lui-même qui n’avait aucune raison de se trouver là. Pris de panique, il se tourna vers Kara qui se mit à hurler sans aucune autre forme de procès, alertant tous les passants à des miles à la ronde. En un coup de griffe, ce fut réglé…

 

Ooooooooooooooooooooooo

 

    Lorsque Remus reprit connaissance, il fut assailli par les effluves nauséabondes de potions médicomagiques qui lui permirent instantanément de comprendre qu’il se trouvait à l’infirmerie. Exempté de la surprise de découvrir son environnement, il manqua néanmoins de faire un arrêt cardiaque en ouvrant les yeux, se retrouvant à quelques centimètres du visage de Pomfresh, trop occupée à ausculter les narines du lycanthrope pour se rendre compte que celui-ci avait reprit connaissance. Pris de panique face à cette intrusion inopportune, Remus poussa un hurlement qui ne fit que redoubler lorsque _oubliant pour le moment l’horreur de son rêve_ il réalisa que sa moustache, son unique et légendaire moustache qu’il portait depuis plus de quinze ans avait disparu. Pompom, partagée entre rires et excuses, prétendit que le rasage était inévitable pour les soins requis, mais avoua finalement que cette idée était une nouvelle invention de Sirius. Pestant contre son ami, Lupin se redressa dans son lit pour reprendre ses esprits tandis que Mme Pomfresh faisait appeler Harry.

    Celui-ci arriva quelques minutes plus tard, visiblement soulagé de constater que son professeur de DCFM se portait bien mieux :

-                Remus ! Comment vas-tu ?

-                Bien, bien… Rassura t-il. J’ai juste l’impression de m’être fait piétiner par un hippogriffe en furie mais à part ça… Je me demande bien ce qui s’est passé hier…

-                Tu ne t’en souviens plus ?

Remus hocha la tête en signe de négation et Harry pris une seconde de réflexion, jetant un regard vers l’infirmière comme pour avoir son approbation. Le jeune gryffondor amena alors à lui une chaise qu’il installa près du lit de son aîné, prêt à lui raconter en détail les évènements de la veille :

 

O flash-back O

 

À peine Remus dévalait-il en hâte les escaliers que des images effrayantes de meurtres et de mutilations passèrent devant ses yeux, le clouant sur place et transformant sa perception en un manège interminable. Tout tournait autour de lui alors que des voix envahissaient sa tête, et au milieu de ces voix, il en reconnut une : celle de la petite fille de ses rêves qui lui chuchotait « Saute Remus ! Vas-y, saute ». Et là, perdu entre le sommeil qui le gagnait et l’ordre qui lui semblait incontournable, Lupin posa ses mains sur la rambarde et commença à l’enjamber….

    Près d’une dizaine d’élèves étaient présents dans les escaliers mais aucun de réalisa ce qui se passait avant que quelqu’un de les interpelle :

-                Bon Dieu Lupin ! Hurla la voix de Rogue. Arrêtez le !

Seuls deux élèves à proximité réagirent, se jetant sur le lycanthrope de toutes leurs forces, le renversant sur les marches. Lupin bascula alors lourdement dans les escaliers, dévalant les marches à une vitesse faramineuse avant de s’étendre mollement en leur bas, inconscient. Severus et Harry accoururent pour constater l’état du blessé et le maître des potions fit apparaître une civière afin de le conduire à l’infirmerie. Mais à peine Remus était déposé sur un des lits qu’il se mit à convulser une nouvelle fois, comme avec Sirius la veille, se tordant en poussant des hurlements bestiaux. Ne comprenant rien et le tenant tant bien que mal, Severus fit apparaître des sangles pour le clouer au matelas, la force de Lupin devenant impossible à contenir. Celui-ci commençait à devenir livide, sa peau se dilatant et ses os craquant très distinctement. Comprenant enfin, Rogue jeta un regard par la fenêtre pour voir apparaître une magnifique pleine lune, ronde et brillante qui semblait se rire de lui et de ses efforts. Sans un mot pour les autres, il fonça le plus vite qu’il le put vers ses appartements, saisissant une clé cachée derrière un alambic. Il se pencha derrière son massif bureau de chêne et ouvrit un des tiroirs contenant toutes sortes de potions dangereuses et rares.

    Lorsqu’il pénétra dans l’infirmerie, Pomfresh semblait au bord de la panique. La transformation de Remus était bien avancée et les liens commençaient à se ronger un à un, menaçant de rompre d’un instant à l’autre. Severus empoigna au passage une paire de gants stériles et se jeta sur le loup-garou, attrapant franchement la gueule du lycanthrope pour y verser le contenu de la fiole de potion. Pomfresh protesta alors, oubliant sa peur et doutant sérieusement des intentions du professeur :

-                Eh une minute ! qu’est ce vous lui avez donné ?

-                Potion tue-loup… Marmonna simplement Severus en prenant garde à ce que son congénère ne recrache rien.

-                Quoi ?! Mais elle n’est pas efficace lorsque la transformation est commencée !

-                C’est une potion de mon cru… Modifiée pour les cas d’urgence… Comme celui-ci.

-                Mais si vous…

-                Ecoutez, coupa Rogue, excédé. Nous n’avons pas le temps avec les « si » ! Il fallait agir vite ! Maintenant, attendons de voir si ça marche….

Pour le moment, aucun changement ne semblait avoir eu lieu. Severus et Harry tenaient les poings de Lupin aussi fermement qu’ils le pouvaient, peinant de plus en plus à mesure que les liens lâchaient. Les convulsions diminuèrent finalement au bout de quelques minutes, remplacée par les hurlements de douleur du professeur de DCFM reprenant petit à petit forme humaine.

Redevenu calme et serein, les sangles furent détachées et Severus quitta la pièce, demandant à Pomfresh de le prévenir si quoi que ce soit d’anormal se produisait. Harry, qui ne pouvait s’empêcher d’être inquiet, resta un moment pour veiller son ami paisiblement endormi, jusqu’à ce que Pompom ne le sorte de l’infirmerie en le tirant par le bras.

 

O Fin du flash-back O

 

    Remus n’avait rien dit durant le récit du jeune gryffondor. Concentré pour assimiler tout ce qu’il apprenait, il n’avait pas fait attention aux regards inquiets que celui-ci lui jetait. Prétextant avoir besoin d’intimité pour se rhabiller, Lupin se retrouva enfin seul dans l’infirmerie, récupérant ses vêtements et les potions nécessaires données par Pomfresh pour son rétablissement. En chemin vers ses appartements, il s’arrêta en passant vers le corridor menant aux cachots, hésitant une seconde avant de l’emprunter. Il frappa à la porte du sombre bureau du professeur Rogue, prêt à le remercier pour son aide la nuit dernière ; mais personne ne répondit. Plus par curiosité que par inquiétude, Remus tourna la poignée de la lourde porte du cachot pour pénétrer dans l’antre de son collègue, sombre et austère à l’image de son propriétaire. Personne. Rogue devait sans doute être dans une salle de cours.

Fatigué par les récents évènements, il retourna à nouveau vers ses appartements où il trouva un Sirius en pleine forme, joueur et taquin, tentant de changer les idées de son ami en complimentant avec malice la disparition de son « horrible moustache ». Déposant ses affaires sur le bureau, il y trouva une ribambelle de fioles de potion, toutes contenant la même mixture, accompagnée d’un parchemin où étaient précisées les instructions suivantes :

« Potion tue-loup : une fiole par jour, un jour avant, pendant et un jour après la pleine lune.

Utiliser la fiole rouge en cas d’urgence, c’est-à-dire de transformation inopportune. SR »

« Pourquoi Rogue lui avait-il laissé ça ? »

Il allait poser la question à Sirius quand on frappa à la porte. Black se transforma instantanément en Patmol et se confina soigneusement dans un coin sombre de la pièce, espérant ne pas être vu par le visiteur. Remus invita alors la personne à entrer et vit avec soulagement Harry passer la porte, un air légèrement gêné trahissant son appréhension.

-                Oui Harry ? demanda innocemment le professeur de DCFM.

-                Euh… Bafouilla son élève. Je sais qu’en ce moment tu as pas mal de problèmes avec tes transformations et tout ça mais… j’aurais à nouveau besoin de tes conseils…

-                Bien sure… Fit Lupin malgré sa fatigue et son désir de repos. Je t’écoute.

Harry, rouge d’embarras, fit quelques pas dans la pièce et s’arrêta devant le miroir, passant sa main dans ses cheveux en les ébouriffant un peu plus. Remus sourit face à ce geste visiblement héréditaire et écouta Harry qui entamait son discours en le regardant à travers le miroir.

-                Voilà : Hier, j’ai voulu réessayer pour tenter de comprendre pourquoi je n’y arrivait pas et… (Il s’arrêta brusquement, devenu livide :) Qu’est-ce que… Aaaahhhh !!!!

« Oh non… Pas ça… »Supplia Remus intérieurement en comprenant qu’Harry venait d’apercevoir le reflet de Sirius dans le miroir magique et qu’il le cherchait désormais partout dans la pièce.

-                Qu’est-ce que… Bafouilla Harry, plus que choqué. Où est Sirius, je l’ai vu à l’instant même.

Comme pour répondre à sa question, Sirius repris apparence humaine et lui jeta un de ses regards des plus attendrissants, déterminé à se faire pardonner par son filleul. Contre toute attente, Harry resta muet, ébahi, avant de se tourner vers Remus et de demander en montrant le miroir du doigt.

-                Qu’est-ce que c’est que ce truc ?

-                Ça ? Oh rien… Juste un miroir magique… Répondit Sirius, innocemment.

-                C’est de la magie noire ? soupçonna alors le jeune gryffondor.

-                Non, non… Assura son parrain. Enfin… C’est vrai que je l’ai trouvé chez un antiquaire de l’allée des embrumes, mais ça n’a rien de magie noire, non non… N’est-ce pas Remus ?

Remus acquiesça mais Harry persista :

-                Et je peux savoir quelle est son utilité ?

-                Elle permet de pouvoir communiquer avec les animagus sans qu’ils aient à reprendre forme humaine… C’est comme une illusion… Intervint finalement Remus.

-                Ah oui ? Fit Harry, sa méfiance faisant maintenant place à son indignation. Et je peux savoir depuis combien de temps vous vous foutez de moi ?

-                Non non c’n’est pas ça du tout Harry ! Commença Sirius, suppliant, en s’approchant d’Harry. On ne voulait pas te le cacher mais il fallait à tout prix que personne ne sache que je suis ici et…

 

Remus poussa un long soupir, comprenant qu’il allait une fois de plus assister à une dispute sans issue. Il retourna  vers son bureau et se laissa tomber mollement sur sa chaise, posant paresseusement ses pieds sur la table. Profondément ennuyé par la conversation, il reporta ses yeux sur les fioles de potions et remarqua alors une lettre qu’il n’avait pas encore ouverte. Adressée à « R.J.Lupin, Bureau de chêne, Appartements du professeur de Défense Contre les Forces du Mal,  second étage aile ouest, Poudlard » l’enveloppe portait les insignes de Poudlard et les initiales de Dumbledore. Il ouvrit la lettre avec curiosité et découvrit un tout petit parchemin :

«  Cher Professeur Lupin,

Nous vous attendons dès maintenant dans mon humble bureau pour une réunion de la plus haute importance. Je compte bien évidemment sur vous pour raisonner M. Potter et M. Black afin qu’ils oublient leur querelle et se joignent à nous. À tout de suite.

Albus Dumbledore.

Ps : Mémorisez bien ce mot de passe « Calissons », il vous sera utile… »

Aussitôt lu, le parchemin se consuma entièrement, laissant sur le bureau déjà très sale un petit tas de cendres disgracieux. Se levant brusquement, Lupin enfila une cape et sortit de la pièce, empoignant au passage les deux individus qui bataillaient depuis plusieurs minutes pour savoir qui avait raison. Ils protestèrent un moment puis abandonnèrent en réalisant qu’on les emmenait chez le Directeur. Craignant un instant que Remus ne veuille les punir, Sirius tenta une question qui ne trouva pas de réponse alors que son ami prononçait déjà le mot de passe et mettait un pied sur l’escalier magique.

    Arrivés tous les trois dans l’immense bureau du directeur, ils se retrouvèrent entourés de nombreux professeurs _tous en réalité_ mais aussi de nombreux sorciers qu’Harry n’avait jamais vus. Sirius et Remus saluèrent quelques personnes qu’ils semblaient connaître et Albus les accueillit en leur présentant ceux qu’ils ne connaissaient pas.

-                Maintenant que les présentations sont faites, je dois aborder le sujet pour lequel je vous ai tous réunis.

Il se leva de son fauteuil et fit une pause, regardant un à un chaque sorcier avant de reprendre d’une voix triste et d’un ton désolé :

-                J’ai le regret de vous informer que le professeur Severus Rogue vient d’être arrêté par le Ministère.

 

 

Chapitre IV : Entité virale décelée

 

« L’Homme qui vit rêve de ce qu’il est […] Car la vie est un songe et les songes mêmes ne sont que songes » Calderon, La vie est un songe.

 

 

(Arrivés tous les trois dans l’immense bureau du directeur, ils se retrouvèrent entourés de nombreux professeurs _tous en réalité_ mais aussi de nombreux sorciers qu’Harry n’avait jamais vus. Sirius et Remus saluèrent quelques personnes qu’ils semblaient connaître et Albus les accueillit en leur présentant ceux qu’ils ne connaissaient pas.

-                Maintenant que les présentations sont faites, je dois aborder le sujet pour lequel je vous ai tous réunis.

Il se leva de son fauteuil et fit une pause, regardant un à un chaque sorcier avant de reprendre d’une voix triste et d’un ton désolé :

-                J’ai le regret de vous informer que le professeur Severus Rogue vient d’être arrêté par le Ministère. )

 

Une vague de murmures choqués et étonnés envahirent la pièce et les conversations commencèrent à fuser avant que Dumbledore ne lève la main pour faire régner le calme. Le silence revint, mais une petite sorcière étrange aux cheveux rouges prit la parole, visiblement trop impatiente pour attendre que quelqu’un d’autre ne pose la question qui lui brûlait les lèvres :

-                Mais que c’est-il passé ?

Dumbledore la fixa un moment puis répondit d’une voix lente et posée :

-                Et bien, ma chère Pauline, vous savez bien_ et vous le savez tous_ que Severus est pour nous d’une grande aide puisqu’il s’infiltre dans les rangs mangemorts depuis maintenant plus de dix ans afin de nous renseigner sur les projets de Voldemort. Ainsi, Severus se rendait ce matin auprès de « son maître », appelé en urgence pour une raison inconnue. Je l’ai, bien entendu, laissé partir, ne pensant pas une seule seconde que tout cela pourrait mal tourner.

Il fit une pause et se tourna dos à ses spectateurs pour se verser une tasse de thé avec une lenteur qui frôlait l’insupportable pour eux. Tous pensaient qu’il faisait cela pour les énerver mais la véritable raison était que le Directeur était tout simplement bouleversé par les évènements : jamais il n’aurait pensé, dans le pire des cas, que les choses pouvaient prendre une telle tournure. Il reprit alors, en se retournant d’un air grave :

-                Severus est donc partit ce matin vers le repère des Mangemorts… Or, vous savez que depuis quelques temps le Ministère l’avait à l’œil… N’ayant vu aucun Aurors dans les parages ces derniers temps, nous pensions qu’ils avaient abandonné…

Comprenant et n’en pouvant plus, la sorcière aux cheveux rouges conclu, horrifiée :

-                Ils ont suivis Severus jusque là haut ?!!!

-                J’en ai bien peur, fit simplement Dumbledore en s’asseyant. Mais le pire, c’est que le Ministère a donné l’ordre d’attaquer les Mangemorts immédiatement et de tenter d’immobiliser Voldemort s’il était présent. Bien entendu, les plaintes de certains Aurors n’y firent rien et l’assaut fut donné… Inutile de vous préciser que ce fut un échec, que près d’une dizaine d’Aurors périrent et que tous les Mangemorts réussirent à fuir.

Des exclamations et des soupirs d’exaspération traversèrent la pièce à ces mots, alors que Remus semblait abasourdit. Il allait poser une question quand la petite sorcière prit à nouveau la parole, apparaissant à ce moment bien plus imposante qu’auparavant, tant son sérieux montrait maintenant sa véritable personnalité :

-                Severus s’est donc fait arrêter par le Ministère et tous les plans sur lesquels nous travaillions depuis des mois tombent à l’eau parce que cet idiot de Fudge n’est pas capable d’attendre quelques jours pour laisser le terrain à des professionnels, quel fils de…

-                Et ça n’est pas la seule conséquence, coupa Dumbledore, ramenant instantanément le silence dans la pièce. Non seulement Severus est découvert par le Ministère, mais on m’a confirmé également qu’il se trouve déjà à Azkaban, ayant été jugé dans l’après midi sans aucune défense et aucun témoin… Et maintenant, Voldemort lui-même est au courant de sa trahison et nous pouvons être certains qu’il fera tout pour le lui faire payer…

Un lourd silence s’installa, trahissant le désarroi dans lequel se trouvaient les membres de l’Ordre du Phoenix à cet instant : Tous fixaient le sol, l’air triste ou dépité. Tous sauf la petite sorcière aux cheveux rouges, la dénommée Pauline Astrea, qui fulminait littéralement dans son coin. Elle allait intervenir pour ranimer le courage des troupes mais Remus fut cette fois plus rapide qu’elle, déclarant dans une fureur qui étonna tout le monde :

-                La seule solution est de mener une expédition pour sortir Severus de cet enfer !

-                Exactement ! Approuva Pauline d’un ton vigoureux. Quelques uns d’entre nous pour infiltrer Azkaban et libérer notre allié.

-                Toujours aussi folle ma pauvre Pauline ! Injecta Sirius, peu convaincu.

-                Et toi toujours aussi peureux ! Contre attaqua t-elle.

-                Qu’est-ce que tu proposerais, Remus, pour rendre ce projet réalisable ? Demanda Dumbledore en couvrant la voix des deux autres.

-                Je n’en sais rien ! Répondit le lycanthrope, toujours animé d’une conviction et d’une détermination effrayante. Elaboront un plan, comme nous l’avons fait tant de fois… Sirius a su s’en échapper, pourquoi ne pourrions nous pas y entrer ?!

-                « En sortir » est autre chose que « d’ y  rentrer PUIS d’en sortir », crois moi ! Commenta simplement Sirius en s’asseyant sur le sol.

-                Oui et maintenant que Voldemort est certain d’être pourchassé, nous n’avons plus beaucoup de temps pour préparer notre défense ! Ajouta un autre sorcier.

-                Trop dangereux ! Fit un autre.

-                Suicidaire ! Souffla t-on.

-                Mais nous n’allons pas abandonner Severus là-haut ! S’indigna Remus, presque en colère. Il ne survivra jamais aux détraqueurs !

-                J’y ai bien survécu pendant douze ans ! Rappela son ami. Alors Severus devrais être capable de tenir quelques mois !

-                Après tous les risques qu’il a pris pour l’Ordre c’est comme ça que vous le remerciez ?!!!

-                Remus… tenta Sirius.

-                Oh toi la ferme ! (Remus semblait bouillir intérieurement et tout le monde frissonna, peu habitués à voir le professeur de DCFM, d’habitude si calme et si posé, se comporter de la sorte :) Quand va tu enfin oublier cette querelle de gamin Sirius !! Tu lui as assez fait payer non ?

-                Ca n’a rien à voir ! Cette escapade risquerais de mettre en danger l’Ordre  et…

Mais Remus ne voulais rien entendre. Il se figea, refusant de prononcer un mot de plus et n’écoutant plus rien de ce qu’on lui disait, fixant le mur avec détermination.

La réunion se conclu finalement sur la décision d’attendre quelques temps avant de tenter quoi que ce soit et Remus, toujours plongé dans un mutisme inquiétant, quitta le bureau le premier pour parcourir les couloirs le plus vite possible, malgré les protestations de Dumbledore qui prétendait avoir quelque chose de très important à lui dire.

         

 Au milieu du premier étage, il fut interpellé par une petite voix qui l’appelais et il se retourna  malgré lui pour voir arriver en courant la petite sorcière aux cheveux rouges de tout à l’heure. Elle se pressait à petits pas rapides, prenant garde à ne pas marcher sur sa longue cape noir avec ses impressionnantes bottes de cuir, perdant au passage son rouge à lèvres et le petit poignard or massif qu’elle gardait toujours avec elle.

-                Lupin !... Attendez !...Fit-elle, essoufflée.

-                Oui ?… répondit-il poliment.

-                Ecoutez, je n’irais pas par quatre chemins : Vous et moi sommes apparemment les seuls à être prêts à risquer nos vies pour libérer Severus alors je pense que nous devrions le faire… même si nous ne sommes que deux…

-                Et qu’est-ce que vous proposez ? demanda t-il, heureux que quelqu’un le soutienne enfin.

-                J’ai une petite idée, mais je peux pas vous en parler ici, fit-elle d’une voix qui se voulait des plus mystérieuses. Ce que je vous propose, c’est de laisser passer deux jours pour que je puisse y réfléchir plus ardemment et qu’ensuite l’on se revoie… chez Fleurie et Bott, vers 19h00, dans deux jours?

Remus la scruta avec méfiance quelques instants puis acquiesça finalement, voyant arriver au bout du couloir un Sirius visiblement désespéré. Il congédia la sorcière qui fit demi tour pour repartir, lançant au passage un regard venimeux à Black qui le lui rendit bien.

Celui-ci s’arrêta devant Lupin, le questionnant avec avidité et incompréhension :

-                Qu’est ce que tu mijotais avec Astrea ?

-                Rien, fit Remus, agacé, en reprenant son chemin.

-                De quoi vous parliez ?

-                De la même chose dont j’imagine que tu t’apprête à me parler…

-                C'est-à-dire ?

-                Pourquoi je suis dans un tel état psychotique…

Sirius resta sans rien dire un moment, étonné par le ton sec et indifférent de son ami. Il reprit finalement, bien décidé à comprendre ce qui se passait :

-                Et qu’est ce que tu lui as répondu ?

-                Que j’étais surmené en ce moment et que cette nouvelle était sans doute la goutte de potion qui fait exploser l’alambic.

-                Et qu’est ce que tu comptes me répondre à moi ?

-                La même chose…

-                Et tu crois que je vais te laisser t’en sortir comme ça ? Bon sang qu’est ce qui t’arrive Remus ? Pourquoi est-ce que tu te mets dans un tel état pour Rogue ?

-                Tu ne comprends pas ?

Sirius marqua un temps et regarda son ami avec appréhension et ouvrit grand les yeux, ayant soudainement une vision d’horreur :

-                T’es pas amoureux de lui quand même ?! … Remarque ça expliquerait un tas de trucs…

-                Mais non espèce de crétin, qu’est ce que tu va imaginer ?! Fit-il exaspéré mais sans perdre son sérieux. C’est grâce à lui s’il me reste ne serait-ce qu’un semblant de santé mentale. Severus avait apparemment trouvé une sorte d’antidote à mon problème et maintenant, sans lui, comment pourrais-je m’en sortir ? J’ai peur de ce qui pourrait m’arriver…

Lupin s’arrêta, posant son regard dur sur le plafond avant de revenir croiser celui de Sirius, son visage exprimant maintenant la douleur et la fatigue :

-                Je n’en peux plus Sirius… ces rêves me rendent dingues ! Entre ça, Voldemort et maintenant Severus, je ne sais plus où j’en suis. Je ne suis ni vivant, ni mort… Je suis tellement fatigué que je serais incapable de soutenir la moindre conversation de plus de cinq minutes… Mais si jamais je dors… (la crainte et la peine teintèrent son visage) Qui sais ce qu’il se passera ?... Je ne veux pas m’endormir et devenir en rêve cet être meurtrier que je deviens chaque mois ! Si je rêve de meurtre comme ça… ça pourrait très bien trahir une envie profonde de tuer, après tout, les rêves ne sont que le théâtre de nos fantasmes.

-                Arrête Remus, fit Sirius en l’observant avec peine. Arrête tu commences à me faire peur !

-                Qui peut vraiment savoir ce que cache profondément notre cœur ? reprit-il sans faire attention à Sirius.

-                Arrête Remus, tu sais très bien que tu n’es pas mauvais ! Tu ne ferais pas de mal à une mouche ! Non, c’est l’animal en toi qui parle mais tout cela passera, ne t’inquiète pas !

Remus tourna alors le dos à son ami et respira profondément. Lorsqu’il se retourna vers lui, Sirius crut revoir le Remus de son adolescence, lorsqu’ils avaient douze ans et que c’était si difficile pour le jeune lycanthrope de concilier sa scolarité et ses transformations. Les cernes d’antan étaient réapparues et la tristesse de son regard semblait si forte qu’elle ne pourrait jamais disparaître. Dans un souffle, Remus acheva, d’une voix si faible qu’elle transperça le cœur de Sirius :

-                J’ai peur de m’endormir… Mais je suis si fatigué !

Sirius, pour la première fois de sa vie, ne sut pas quoi répondre. Il assistait à la souffrance perpétuelle de son ami depuis leur adolescence, depuis les transformations bénignes jusqu’aux plus douloureuses. Mais jamais, jusqu’à ce jour, il n’avait vu Remus tant un tel état de fatigue, de nerfs et de colère. Le lycanthrope semblait près à sauter sur quelqu’un au moindre faux pas, comme si le Loup Garou dirigeait parfois les attitudes du sorcier. Il se contenta finalement de laisser Remus rejoindre ses appartements, lui promettant qu’il ferait son possible pour régler cette histoire de rêves.

 

De retour dans ses appartements, Remus décida de s’installer quelque part au fond du bureau pour s’occuper le plus possible afin de ne pas sombrer dans le sommeil. Le café _conseillé par Hermione_, les potions, les divertissements en tout genre… tout y passait mais rien ne semblait fonctionner. Lutant de toutes ses forces contre le sommeil, il commença rapidement à perdre toute notion d’espace et de temps, ne voyant plus ce qui se passait autour de lui et ne percevant plus aucun son. Il fit malgré tout un dernier effort pour attraper sa baguette magique et murmurer un sort, faisant apparaître des liens autour de ses poignets pour empêcher tout mouvement alors qu’il se faisait à nouveau kidnapper par le sommeil et l’inconnu …

 

Oooooooooo

 

Le feu crépitait doucement dans la cheminée devant lui, le berçant doucement au son du plic ploc de sa clepsydre magique. Confortablement installé dans son fauteuil, il écoutait les yeux fermés la petite fille chantonner, assise sur ses genoux, et racontant d’une voix légère :

-                Le problème qu’il y a avec ce genre de sorciers et de moldus, c’est qu’ils ne comprennent rien tant que l’on ne leur a pas rendu la monnaie de leur pièce. C’est pareil avec les Hommes en général : ils vont et viennent sur Terre en ignorant réellement pourquoi ils sont là. Alors ils s’inventent des buts, des projets, des idéaux pour se donner l’impression d’exister, mais ils ne sont rien. S’ils savent construire et créer, c’est uniquement pour le détruire ensuite. On n’y peut rien, C’est la nature de l’Homme : destructeur et égoïste… Alors pourquoi s’encombrer de questions de conscience alors que personne ne sait s’en servir ? Le seul moyen de se faire respecter et de montrer qu’on existe, c’est de ne pas se laisser faire et de rendre aux autres ce qu’ils nous ont fait… Rien de mal à ça ! C’est simplement une question de respect… le respect devrait être le mot d’ordre des Hommes.

Dans son discours, les yeux de la petite fille se mettaient à briller au fur et à mesure qu’elle enflammait ses mots. Au début si douce et si enfantine, son ton était devenu vif et grinçant, laissant percer dans ses prunelles dorées la haine, la rage et le dégoût qu’elle éprouvait envers les autres. A l’inverse de son regard si expressif, son sourire restait celui d’une enfant, joueuse et câline, qui regardait avec amour son ami et protecteur entièrement dévoué à elle. Elle souriait désormais, laissant sa beauté et son innocence apaiser la faim grandissante du loup sur lequel elle se tenait, caressant lentement le sommet de son museau en des gestes doux et précis. La bête soufflait fortement mais se laissait faire, humant l’odeur de l’enfant à chaque fois que sa main passait devant les naseaux, et fermant les yeux sous l’apaisement que lui prodiguait cette attitude chaleureuse. Un spectateur quelconque se serait sans doute attendri devant cette enfant et son loup si sage et si gentil, mais le seul spectateur dans cette scène était Remus, prisonnier de ce corps de loup garou et bercé par la douce voix de la petite fille. Il profitait de cette sensation de bien être et de confiance, oubliant le contexte et écoutant consciencieusement les comptines et les complaintes de l’enfant qui lui demandait maintenant d’une petite voix suppliante :

« N’est-ce pas Lunard ?... N’est-ce pas, Lunard, que tu vas me venger ? »

 

Oooooooo

 

-                Remus ?

-               

-                Remus Lupin !... Vous êtes là ?!!!

Voilà plus de dix minutes déjà que Minerva Mcgonagall s’époumonait derrière la porte des appartements du professeur de DCFM qui, lui, venait tout juste de réaliser qu’il s’était endormi. Prenant quelques minutes pour retrouver ses esprits et chasser la crainte que lui insufflait ce nouveau rêve, il entendit finalement les cris désespérés de la codirectrice qui usait à tambour battant du heurtoir de la porte. Il se leva prestement et alla ouvrir la porte, manquant au passage de recevoir un poing dans la figure. Minerva, qui sembla d’abord à la fois soulagée et en colère, s’arrêta de bouger et toisa son collègue du regard, prenant une charmante teinte grenade à la vue de Lupin vêtu légèrement d’un pantalon et d’une chemise entrouverte.

-                Excusez moi Remus … je vous ai réveillé ? Fit-elle d’une voix gênée.

-                Oui mais ça n’est pas plus mal…, répondit-il doucement. Est-ce que je peux faire quelque chose pour vous ? demanda t-il finalement en forçant un sourire.

-                Et bien c’est le professeur Dumbledore qui m’envoie. (Devant la mine exaspérée d’un Remus qui voyait déjà son attitude psychanalysée par Albus, Minerva s’empressa de justifier :) Vue la rapidité avec laquelle vous avez quitté la pièce tout à l’heure, le Directeur n’a pas eu le temps de vous annoncer l’arrivée du nouveau professeur de Potions qui remplacera Severus un moment.

-                A peine partit et déjà remplacé ! siffla Remus en perdant son sourire, plus qu’agacé par cet empressement. Un peu de respect, Severus n’est pas encore mort, bon sang !

-                Calmez vous professeur, cette mesure est une demande du ministère, nous n’avons pas le choix ! S’il vous plait suivez moi : le Directeur tient à ce que vous le rencontriez le premier.

-                Pourquoi donc ? Demanda t-il, sa méfiance dépassant maintenant son indignation.

-                Sans doute parce qu’il s’agit d’une vieille connaissance…

Sans un mot de plus, Minerva tourna les talons, laissant à un Remus étonné le soin de s’arranger en vitesse et de verrouiller ses appartements avant de la rejoindre. Mais alors qu’il allait fermer pour courir à sa suite, Patmol s’infiltra dans l’entrebâillement de  la porte en tenant quelque chose dans sa gueule, ne donnant pas d’autre choix à Lupin que de rentrer réclamer une explication. Là, sur le sofa, la Gazette du Sorcier l’attendait, le narguant de sa première page flamboyante :

« Un sorcier agressé la nuit dernière par un Loup Garou »

Sans attendre une seconde de plus, le lycanthrope se rua sur le livret et feuilleta les pages presque en les arrachant à la recherche de l’article. Lorsqu’il le trouva enfin, son souffle fut coupé comme si on venait de lui lancer un Endoloris : les photos illustrant l’article représentaient un vieux pavillon délabré de Manchester, comme celui de son rêve, avec un jardin et une porte fenêtre sur l’arrière… exactement comme dans son rêve. S’attardant désormais sur les mots, le visage de Remus prit petit à petit une teinte d’effroi, une pâleur presque macabre.

 

« C’est dans la banlieue de Manchester qu’a eu lieu cette nuit une infraction des plus inquiétantes : plusieurs personnes ont déclarées avoir vu un Loup Garou ressortir avant l’aube de la résidence de Mr Leebrown, respectable sorcier dirigeant depuis près de dix ans le  service de « gestion des débordements et abus  magiques » au Ministère de la Magie. Plusieurs voisins ont en effet appelés la police auror dès le matin, effrayés par la rumeur qu’un « être hybride et dangereux ne rôde au milieu d’enfants et de personnes sans défense », comme le déclarait ce matin Mme Bernhard, témoin de la scène. Malgré tout les témoignages s’accordant point par point, le principal intéressé _ à savoir Marcus Leebrown, la victime_ affirme pourtant ne s’être rendu compte de rien et n’avoir été victime d’aucun coup, d’aucun vol ou d’aucun endommagement de ses biens.

Le mystère plane donc sur cet évènement : pourquoi un loup garou s’introduirait –il dans une demeure sans aucune raison ? Il faut savoir que les loups garous sont des animaux sanguinaires très dangereux_ bien que certains défenseurs affirment qu’ils n’en restent pas moins des humains vingt huit jours sur trente et un. Toujours est-il que le capitaine Maxence de la brigade des Aurors chargé de cette affaire a recommandé à tous et à toutes de « prendre garde à ne pas sortir seul la nuit et à ne laisser ni porte ni fenêtre ouverte, car même si l’on n’a aucune preuve de présence animale cette nuit là, la menace ne doit pas être prise à la légère ». Une surveillance optimale a donc été mise en place dans un périmètre de trente miles autour du lieu de l’incident,  même si la victime a refusée d’être mise en sûreté, persuadée que ceci n’est « qu’une pure invention de ses voisins détraqués ».

A t-elle raison ? Les rumeurs sont –elles justifiées ? Les questions s’amoncellent mais les réponses restent introuvables. La seule chose qui est certaine, c’est que la crainte persiste. Que faire si nous ne sommes même plus en sécurité dans nos propres demeures ?

Une enquête de Deborah Angel pour la Gazette du Sorcier. »

 

Remus était abasourdi. Devant cet article, les pires scénarios qu’il avait pu imaginer pour expliquer ses rêves se trouvaient de loin surpassés dans l’horreur : Ses rêves avaient un lien avec la réalité ! C’était du délire,  mais devant les faits, Lupin ne pouvait que s’incliner. Non seulement ses rêves le terrassaient à tout heure du jour et de la nuit, mais en plus, ils agissaient comme un pouvoir de dédoublement ! Car Remus s’était bien dédoublé : c’était la seule explication à sa présence à l’infirmerie et à Manchester cette nuit là. La petite fille, en revanche, n’avait pas été mentionnée dans l’article… Elle n’était donc qu’un fruit de son imagination, à moins que… à moins qu’elle ne soit liée à son état, qu’elle soit la cause de ses débordements et de ses dédoublements. Car ce qu’elle faisait, elle, durant ses songes, c’était le rassurer dans sa violence et sa bestialité, l’encourager à tuer et à massacrer : c’était elle, qui l’avait guidé jusque dans cette maison et lui avait ordonné d’attaquer cet homme… peut-être la petite fille était-elle l’incarnation d’un démon qui le possédait ? Remus en était désormais persuadé, et il était également certain que ses transformations hors pleine lune venaient de ce mystérieux démon. Ainsi, la nuit dernière, il avait commencé à se transformer sous l’effet de la pleine lune et aussi sous l’effet du démon et du sommeil… mais dès que Severus lui avait administré sa potion tue loup, le loup s’en était allé… la question était : qu’est-ce qu’a bien put mettre Severus dans cette potion pour que le loup disparaisse, et qu’est-ce que cela pouvait bien signifier ? Sans maître des Potions, jamais il ne pourrait le savoir…

Soudain, il se rappela qu’avant l’intrusion de Patmol, Minerva était venue lui annoncer l’arrivée du remplaçant de Rogue : un nouvel espoir pour Remus de trouver une solution à cette énigme, surtout si celui-ci était une vieille connaissance. Il aurait aimé à cet instant trouver Sirius pour lui exposer sa découverte et lui demander son avis mais son ami avait visiblement déserté la pièce après lui avoir déposé son paquet empoisonné. Peut importait, Remus devait maintenant se hâter de rejoindre Dumbledore qui devait s’impatienter depuis au moins une bonne quinzaine de minutes. Obnubilé par sa récente prise de conscience, il partit donc pour le bureau du Directeur sans même se demander qui pouvait bien être cette mystérieuse connaissance.

 

Mais lorsque que l’escalier magique lui dévoila pour la seconde fois dans la journée le bureau d’Albus Dumbledore, il sentit son estomac se nouer en posant son regard sur la nuque de la jeune femme qui se tenait assisse face au bureau directorial. Il aurait put reconnaître le creux de son cou et la couleur de sa peau parmi ceux d’une vingtaine de personnes. Lorsque celle-ci se tourna vers lui, il croisa enfin son regard émeraude et ne pu s’en détaché, frappé par tout ce qu’il y retrouvait, mais aussi par tout ce qu’il y découvrait : La curiosité, la chaleur et le courage de l’adolescente qu’elle était, mais aussi une maturité, une méfiance et une certaine douleur qu’il ne lui connaissait pas.

-                Et bien Remus ! Tout juste à temps ! Lança Dumbledore en le sortant de sa contemplation silencieuse. Je pense que vous vous rappelez de Miss Kara Wheeler… C’est notre nouveau professeur de Potions… Vous avez été très proches par le passé n’est-ce pas ?

Celle-ci tourna son visage vers Remus et répondit à sa place, avec un sourire indéfinissable qui aurait semblé presque joueur et amusé :

-                On peut dire ça comme ça, en effet !

 

Chapitre 5 à suivre

 

Chapitre V : Transfusion de souvenirs

 

Remus crut un instant que son cœur allait s’arrêter de battre. Bien sûr, sur le chemin, il n’avait pu s’empêcher de se demander qui était cette fameuse connaissance, car Merlin sait combien de personnes susceptibles de remplacer Severus Rogue Remus avait rencontré au cours de ces trente dernières années. Mais pas un seul instant l’idée que ce soit ELLE ne lui était venue à l’esprit. Pourtant, maintenant qu’elle se trouvait sous ses yeux, il trouvait cette situation évidente : Kara avait toujours été une excellente élève en Potions, ce fut d’ailleurs cela qui lui coûta bien des problèmes par le passé.

    Revenant au moment présent, Remus écouta timidement les explications enthousiastes de Dumbledore qui semblait éviter de montrer son inquiétude pour Severus et ne flairait apparemment pas le malaise que ressentait le pauvre professeur de DCFM face à la jeune femme.

-                Kara a en effet reçu une excellente formation en Potions à l’école de BeauxBâtons… j’ajouterais d’ailleurs qu’elle y a obtenu sa licence avec la mention Optimale. Je suis donc très heureux qu’elle ai accepté de venir nous rejoindre cette année afin de nous aider en cette période difficile…

Le sourire de Dumbledore s’estompa un peu et la jeune femme répondit gentiment :

-                Je vous remercie beaucoup de me faire confiance professeur Dumbledore et croyez moi, je ferais tout ce que je peux pour vous aider… ce qui arrive à Severus est terrible je m’engage d’ailleurs à vous apporter toute l’aide possible, et j’espère vraiment que l’on parviendra à le sortir de là. 

-                Moi aussi, moi aussi… commenta simplement le directeur d’un air pensif qui trahissait son angoisse, puis, reprenant un ton enthousiaste : Et bien Remus ! Et si vous conduisiez Mlle Wheeler à ses appartements ? Ce sont ceux qui se trouvent juste à côté des vôtres… je suis sûre que vous avez des tas de choses à vous raconter après toutes ces années…

A ces mots, Remus se sentit blêmir et son estomac fit un bond de plus en entendant la réaction de Kara : celle-ci venait d’émettre à cette remarque un des petits rictus si caractéristiques de sa personnalité que  Remus adorait par le passé, et que lui seul était parvenu à décrypter. C’était vraiment très subtil, mais lorsque l’on s’y penchait, on pouvait parvenir à faire la différence entre les rictus d’amusement, d’ironie, d’enthousiasme ou ceux de dédain et de mépris. Mais là, Lupin ne savait pas quoi imaginer : elle avait tellement changée ! Au son, il aurait pensé à un signe de mépris, mais lorsqu’il leva les yeux vers elle, il vit dans son regard un petit scintillement qui semblait être de l’intérêt voir même presque de la joie. Il l’a laissa passer devant lui et bafouilla un bref au revoir à l’égard de Dumbledore, avant de la suivre lentement dans l’escalier.

 

Arrivée en bas elle s’arrêta et se retourna vers lui, comme si elle attendait qu’il lui dise quelque chose. Remus se sentit alors plus mal que jamais, ne sachant absolument pas quoi dire à cette fille qu’il avait quitté dans de si mauvaises circonstances vingt ans auparavant. Se jetant à l’eau, il parvint à prononcer quelques mots, oubliant un instant sa peur pour se confondre en excuses :

-                Ecoute Kara, je tiens vraiment à te présenter mes excuses pour ce qui s’est passé il y a vingt quatre ans. J’aurais vraiment voulu que cela se passe autrement mais…

-                C’est bon Remus, coupa t-elle d’un geste de la main. C’est du passé… Crois moi, après vingt quatre ans, j’ai fini par digérer cette histoire, sinon je peux te jurer que je serais devenue complètement folle !

Elle gratifia ces mots d’un sourire qui réconforta Remus, puis repris :

-                Je sais très bien que tout cela n’était qu’une blague, et que tes amis y étaient sans doute plus pour quelque chose que toi, mais maintenant ça va… J’ai mal réagit à cette époque parce que j’étais ado et qu’à cette période de la vie ce genre de blague peut profondément vous blesser, mais maintenant j’ai grandit et crois moi, j’ai pardonné…J’ai pardonné et oublié.

Remus n’en croyait pas ces oreilles : ces paroles étaient si réconfortantes qu’elles lui sonnaient faux. Elle le fixait maintenant avec un petit sourire en coin qui ne fit que le remettre mal à l’aise une fois de plus et attendit sa réaction. Comme Remus ne répondait pas, elle perdit finalement son sourire et commenta d’un ton faussement exaspéré :

-                Ecoute, je sais que je parle beaucoup mais là, normalement, c’est à ton tour de parler… Par Merlin, je suis si effrayante que ça que tu trembles presque devant moi ?!!! Allez ! fit-elle avec un sourire amusé : J’ai dit quelques phrases, je t’ai rassuré, tu t’es excusé, alors maintenant, c’est à toi de me dire « d’accord ! C’est oublié ! »… Allez répète après moi : « d’accord… c’est… »…

Remus réprima un sourire et haussa les épaules maladroitement en faisant quelques pas sur place avant de répondre en un souffle aux provocations de Kara :

-                D’accord… c’est oublié.

-                Ben tu vois ! Fit-elle avec triomphe, c’était pas si difficile que ça !

Remus ne put cette fois pas s’empêcher de rire et ce fut à se moment qu’elle parcouru les quelques mètres qui les séparaient encore pour se jeter presque sur le pauvre professeur de DCFM, le serrant dans ses bras de toutes ses forces et nichant son visage dans le cou du lycanthrope. Celui-ci sentit le sang lui monter au visage et ne comprit d’abord pas ce qui se passait avant que la jeune femme ne s’exclame :

-                Bon sang, Remus, qu’est-ce que tu m’as manqué !

Elle s’écarta de lui avec un grand sourire et ne put s’empêcher de rire face à la mine effarée qu’affichait toujours Lupin.

-                Toujours aussi long à la détente, toi ! Se moqua t-elle.

-                Toujours ! Répondit enfin Remus, plus que soulagé de voir que ces retrouvailles ne se déroulaient pas si mal que ça. Tu m’as l’air d’aller plutôt bien !

-                Ben ça va oui… j’adore mon travail, mon style de vie et je suis contente de revenir ici après toutes ces années !

-                Avant de revenir à Poudlard tu travaillais où ?

-                Je participais à des recherches pour faire évoluer certaines potions… (elle plongea son regard dans le sien avec malice avant d’ajouter :) Je suis devenue assez douée dans la réalisation des Potions Tue-loup… il faudra que je t’en passe quelques une pour voir si ça te conviens… sur certaines personnes, elle les réduit quasiment au sommeil total pendant toute la durée de la transformation !

Remus, qui avait repris son chemin, se sentit à nouveau gêné par cette conversation. Il le fut encore plus lorsqu’elle lui demanda comment se passaient ses transformations ces temps ci. Il hésita un instant à lui parler de ses métamorphoses hors pleine lune puis se résolu à répondre :

-                Et bien, je ne pourrais pas dire que ça soit devenu une partie de plaisir mais grâce à Severus c’est un peu moins pénible qu’auparavant.

-                Toi et Sev vous êtes réconciliés ? demanda t-elle avec incrédulité en suivant Remus à travers les couloirs.

-                Euh réconciliés est un bien grand mot… fit-il avec un léger rictus qui fit sourire Kara. Disons qu’il tolère ma présence et me prépare des potions pour protéger sa peau…

-                Je vois… ça n’a pas trop changé quoi… remarque le contraire m’aurais étonné, après tout ce que les Maraudeurs lui ont fait….

Remus aurait juré déceler de l’amertume dans sa voix et il ne put s’empêcher d’aborder le sujet qu’il craignait tant :

-                Tu sais… cette blague… ça n’étais pas contre toi au départ… d’ailleurs j’ai toujours été contre… mais tu sais comme ils étaient, ils s’amusaient de n’importe quoi et cherchaient toujours à dépasser les limites… mais au fond ils n’étaient pas méchants…

Kara s’arrêta et le regarda jusqu’à ce qu’il s’arrête à son tour et ne se tourne vers elle. Elle semblait presque étonnée de ses paroles :

-                Alors pour toi il n’y avait rien de méchant ? Remus, je pensais que toi au moins aurais été capable de réaliser que les blagues des Maraudeurs ne valaient pas mieux que celles des Serpentard ! D’accord, dans vos premières années, ça restait gentil, pas trop cruel mais après… votre haine à l’égard de Rogue est allée vraiment loin, et le plaisir qu’éprouvaient Potter et Black a humilier les plus jeunes pour mieux se mettre en valeur, ça ça n’avait rien de gentil ! Je n’ai jamais compris comment ils avaient pu aller à Gryffondor !

-                … Je suis d’accord, admis Remus, mais jusqu’à un certain point… ils n’ont pas fait tant de mal que ça ?

-                Pas tant que ça ? Ouvre les yeux Remus ! Des tas de jeunes étudiants ont été humiliés par eux ! Severus n’était pas aussi méchant à son arrivée ! Ce sont les quolibets et les moqueries des autres qui l’ont rendus aussi amer ! Comment tu réagirais toi, si à chaque fois que tu mettais un pieds hors de ta chambre et se moquait de ton nez crochu de tes cheveux gras et de ta famille cinglée ?... Severus valait bien mieux que ces stupides jeunes premiers que tout le monde laissait faire simplement parce qu’ils étaient mignons !

-                En tout cas, répondit Remus devenu amer par ces mots, je pense qu’ils ont largement payés le prix de leurs erreurs, tu ne penses pas ? Sirius a du vivre  douze ans à Azkaban pour un crime qu’il n’avait pas commis et James a été assassiné… juste retour des choses, tu ne penses pas ?

Kara fut étonné par le ton brusque de Remus et ne réagit pas pendant quelques instants alors que le professeur de DCFM reprenait son chemin d’un pas agacé, les yeux rivés droit devant lui. Elle le rattrapa alors et répondit doucement, se confondant en excuses :

-                Je suis désolée Remus, je n’avais pas réalisé que tu avais perdu tes meilleurs amis… même si je les considérais comme des crétins, je ne peux pas nier qu’ils t’ont beaucoup soutenus… ça a pas du être évident pour toi…

Remus ne lui accorda pas un regard et grommela quelque chose qu’elle ne comprit pas. Elle continua :

-                Tu peux comprendre que tes amis aient laissés une mauvaise impression sur moi, vu la manière dont ils m’ont humiliés avant que je parte…

-                Tu n’aurais pas du partir, c’était idiot, répondit-il simplement en guidant Kara dans les escaliers magiques sous les regards curieux des élèves qui traînaient par là.

-                Mais il le fallait… ça aurait pu très mal finir…

-               

Un lourd silence s’installa jusqu’à ce qu’ils atteignent les couloirs du second étage ou Kara attrapa Remus par le bras pour le faire s’arrêter.

-                Ecoute Rem je suis désolée pour ce que j’ai dit…

-                C’est bon, fit-il avec un sourire forcé, c’est rien.

-                Tu n’étais pas aussi ronchon avant, fit-elle remarquer avec malice pour le décontracter un peu.

-                Avant je n’étais pas seul…

-                Mais tu as toujours Sirius ?

-                Oui mais rien n’est plus pareil… heureusement que Dumbledore veut bien de moi ici, tu sais ce qu’il advient des gens comme moi dans le monde du travail…

Elle acquiesça avec compassion et repris :

-                Tu aurais du essayer d’autres pays… tu sais dans certains pays d’Europe, les Loups Garous sont bien mieux acceptés qu’en Angleterre… ici il n’y a vraiment rien à faire, personne n’essaie de comprendre… en Belgique, par exemple, c’est bien plus facile ! J’ai un ami qui y vit et qui  réussi à gagner vraiment bien sa vie, une structure sociale à été mise en place pour les lycanthropes… c’est vraiment plus juste qu’ici !

-                Oui je suis au courant de tout ça, répondit Lupin en reprenant son chemin, mais je ne me voit pas quitter l’Angleterre, c’est mon pays tu comprends ?

-                Oui je vois ce que tu veux dire… c’est toi qui voit de toute façon…Mais l’important c’est que tu ailles bien en ce moment ! C’est l’essentiel…

Remus ne put s’empêcher de tressaillir à ses mots, se remémorant intérieurement tout ce qui venait de se passer ces derniers jours. Il aurait voulu lui en parler mais quelque chose lui disait qu’il ne valait mieux rien dire pour le moment. Certes ils avaient été très proches par le passé, mais désormais, les choses avaient bien changées. Il n’avait plus seize ans et elle non plus : quoi qu’ils puissent en dire, ils avaient bien changés.

 

    Alors qu’ils arrivaient enfin face aux appartements de Kara, celle-ci s’apprêta à le remercier quand une voix flûtée s’éleva avec engouement dans le couloir :

-                Par Merlin Miss Wheeler c’est bien vous ? S’exclama le professeur Flitwick en se précipitant vers elle de ses petits pas.

-                Professeur Flitwick ? s’étonna la jeune femme en jetant un regard lourd se sens à Remus à ses côtés _visiblement, elle n’était pas enchantée de revoir son ancien professeur de Sortilèges.

-                Comme je suis heureux de revoir une élève aussi brillante que vous je…

Mais Remus n’avait pas envie d’écouter le discours de bienvenue de son collègue. Il ne pouvait s’empêcher se fixer la jeune sorcière qui semblait affreusement mal à l’aise face aux éloges du professeur Flitwick, remarquant avec nostalgie qu’elle arborait en cet instant la même expression intimidée que plus de vingt ans auparavant lorsqu’elle recevait avec mention Optimale ses BUSE de Sortilèges. Elle n’avait presque pas changée : Ses longs cheveux roux tombant en cascade autour de son cou, encadrant avec délicatesse son visage de porcelaine et descendant presque jusqu’à sa taille, taille autrefois sujette aux moqueries mais désormais sans aucun défaut. Elle n’avait pas beaucoup grandie, remarqua t-il, car si autrefois elle faisait près d’une tête de moins que lui, aujourd’hui c’était vingt cinq bons centimètres qui les séparaient. Remus n’avaient pas l’habitude de regarder les femmes de la tête aux pieds, et c’est ainsi qu’il se sentit gêné en réalisant que ses yeux venaient de se poser inévitablement au bas de son cou, à la naissance de sa poitrine sagement recouverte d’une robe couleur chaire. Il détourna rapidement les yeux, revenant à son visage où il croisa ses petits yeux bruns autrefois si tristes qui semblaient maintenant plus que désespérés face au flot incessant des paroles du petit professeur qui se tenait joyeusement devant elle. Remus esquissa un sourire à l’intention du nouveau professeur de Potions et toussota légèrement pour venir à la rescousse de la pauvre jeune femme et interrompre le petit professeur qui la questionnait maintenant sur sa vie à Paris:

-                Voyez vous professeur Flitwick, je m’apprêtait justement à la conduire à ses nouveaux appartements… elle me confiait à l’instant même qu’elle était épuisée par le voyage… peut être devrions nous la laisser s’installer tranquillement et reprendre cette conversation plus tard ?

-                Oh mais oui bien sur, c’est tout à fait normal, pauvre jeune fille vous devez être épuisée ! Répondit aussitôt Flitwick en s’agitant en tout sens.

Il lui tapota le bras et la gratifia d’un énorme sourire avant de repartir de ses petits pas enjoués vers l’étage inférieur. Remus et Kara se retrouvèrent à nouveau seuls dans le couloir mais la jeune femme semblait vraiment soulagée :

-                Merci beaucoup Remus de m’avoir sauvé des griffes de Flitwick… on ne peut pas dire qu’il ai perdu sa langue après toutes ces années !

Remus répondit simplement par un sourire, ne pouvant empêcher tous les souvenirs liés à Kara de ressurgir un à un dans sa tête, le rendant presque incapable de réagir au moment présent. Il la regardait sans un mot alors qu’elle pénétrait enfin dans ses nouveaux appartements, s’extasiant devant la beauté de la pièce. Sortant de sa contemplation silencieuse pour l’aider à porter ses bagages, il fit quelques pas dans la pièce puis revint sur le seuil de la porte, près à partir. Quand elle se retourna, il s’adressa à elle, un peu hésitant :

-                Bon et bien je vais te laisser t’installer et je retourne à mes occupations… je dois encore corriger quelques copies… on se verra sans doute au dîner dans la Grande Salle…

-                Très bien, à plus tard Remus ! Répondit-elle avec un nouveau sourire avant que Remus ne referme la porte sur lui.

Il resta quelques seconde sur le pas de la porte avant de tourner les talons, non pas vers ses appartements situés à quelques mètres de ceux du nouveau professeur pour corriger les copies fantômes qu’il venaient d’inventer pour alibi, mais en direction des étages inférieurs pour un petit bol d’air plus que nécessaire après ces retrouvailles qui le troublaient énormément.

 

Mais à peine avait t’il atteint les escaliers qu’une voix féminine l’interpella, le forçant à se retourner pour voir Nymphadora Tonks se précipiter vers lui, ses longs cheveux bleus nuits tourbillonnants autour d’elle. Lorsqu’elle arriva à ses côtés, elle s’adressa à lui d’une voix si basse que Remus du tendre l’oreille pour comprendre ce qu’elle disait :

-                Ecoute Remus, je pense que tu avais raison tout à l’heure dans le bureau de Dumbledore, à propos de Severus : il faut agir au plus vite…

-                Si tu étais d’accord avec moi, pourquoi ne m’as-tu pas soutenu tout à l’heure ? S’indigna Remus. Ca aurait été le moment de montrer que mon idée n’était pas aussi suicidaire !

-                Mais elle l’est, Remus ! C’est quelque chose de très dangereux, il ne faudra pas être beaucoup _cinq, six maximum_ et il faudra faire attention… cela n’aurait servit à rien de diviser l’ordre par une querelle comme celle-ci… d’ailleurs ça ne doit pas être une mission de l’Ordre… c’est entre nous…

-                Tu ne comptes pas prévenir Dumbledore ?

-                Je n’en sais rien, répondit Tonks en prenant Remus par le bras pour le faire descendre les marches. Mais si jamais il s’y oppose, il demandera à l’Ordre de nous en empêcher…

-                Je ne pense pas qu’il s’y opposerait… il semble vraiment très touché par ce qui arrive à Rogue…

-                Mais Dumbledore n’en reste pas moins notre chef, et il se laisse rarement surpasser par des sentiments, il reste toujours lucide sur ce qu’il faut et ne faut pas faire… et dans ce cas là, ça serait une mission bien trop périlleuse pour la cautionner…

-                Donc on ne lui dit rien ?

-                … Non, on ne lui dira rien. J’en ai parlé déjà à Maugrey qui est partant, à Vance et à Jones… et toi si tu acceptes de te joindre à nous.

-                Oui bien sur que je me joins à vous mais… tu es au courant qu’Astrea avait aussi l’intention de mettre au point un plan… je doit justement la retrouver dans deux jours pour en parler…

-                Ouch, fit Tonks avec une grimace, je ne veux pas te faire peur mais il faut se méfier des plans de Pauline, ils peuvent être vraiment foireux ! Je pense qu’elle regarde trop les films d’actions moldus, tu sais, toutes ces images qu’Arthur ramène des fois pour les étudier… par exemple tu te rappelles  du jour où elle a voulu infiltrer un bâtiment en se faufilant par les conduits d’aérations ? Super idée, sauf que dans les films, les conduits sont plutôt larges et qu’ils ne sont pas infestés de doxys et autres créatures dangereuses… on a du en venir aux mains pour la retenir !

-                Oui je me souviens de ça, fit Remus avec un léger sourire, mais Pauline est quand même très utile dans l’Ordre, et tu sais autant que moi qu’elle ne renoncera pas à allez délivrez Rogue, seule ou non…

-                Et bien dans ce cas qu’elle se joigne à nous, je ne voit rien d’autre… comme ça on serait six, ça devrait suffire. Où est-ce qu’elle t’avait donné rendez vous ?

-                A pré au lard, dans deux jours, vers 18h…

-                Ok on va faire ça plutôt à la Cabane Hurlante… ça te va ?

Remus acquiesça et Tonks reprit :

-                Donc ça sera mardi _on est bien dimanche rassure moi ?_, à la Cabane Hurlante, vers 19h plutôt, quand les magasins ferment… je vais aller prévenir Astrea tout de suite… On se revoit mardi, repose toi d’ici là, tu as une mine affreuse !

-                Merci ! Fit Lupin avec ironie en la regardant partir, presque soulagé de voir qu’un plan allait finalement être mis en place pour sauver Severus des griffes des détraqueurs.

 

Se souvenant des raisons pour lesquelles il se rendait aux étages inférieurs, Remus accéléra son pas pour atteindre en vitesse la Grande Porte et s’engouffrer dans le parc vide et paisible. Il se dirigea vers le lac comme lors de ses balades habituelles, frissonnant sous la bise sèche de cette fin de mois d’octobre et faisant apparaître une veste pour se protéger du froid. En regardant les eaux sombres et calmes du lac, il ne put s’empêcher de repenser à Kara, et surtout aux souvenirs qu’il avait d’elle, alors qu’elle n’avait que dix sept ans et que l’Ultime Farce des Maraudeurs planait au-dessus de sa tête.

 

*** Flash Back***

 

Remus se laissa tomber mollement sur une chaise de la bibliothèque, faisant alors sursauter la jeune fille déjà installée à cette table, précédemment plongée dans un énorme volume de « Potions mortelles et leurs antidotes III » en grignotant l’extrémité de sa plume. Elle leva un regard noir vers celui qui venait de la déranger puis adopta une expression mi-méfiante, mi-apeurée  dès qu’elle l’eut reconnu.

-                Salut ! Fit-il d’un ton enjoué en lui adressant un sourire exagéré.

-                Qu’est-ce que tu me veux ? Demanda t-elle en haussant un sourcil.

-                Rien de spécial…euh…

En réalité, Remus n’avait pas envisagé de réponse à cette question. Techniquement, sa mission consistait à s’assurer que la jeune Gryffondor resterait à l’écart des étages pendant toute la durée de la première phase de l’Ultime Farce des Maraudeurs : la première transformation. Il n’avait d’ailleurs pas été simple de définir lequel des quatre Gryffondors allait devoir prendre le polynectar pour aller jouer le jeu de la séduction auprès de Rogue, car même si la perspective de jouer un tour à Servilus leur plaisait, l’idée de devoir embrasser et toucher le jeune Serpentard les répugnait au plus haut point. Sirius avait finalement été désigné par vote contre lui, non seulement parce que l’idée était de lui, mais surtout parce qu’il était le plus doué en séduction. C’est donc en ronchonnant contre la « trahison de ses propres frères » qu’il consentit à prendre le polynectar alors que James le suivrait caché sous la cape d’invisibilité et que Remus tenterait d’occuper Kara Wheeler ne serait-ce qu’une quinzaine de minutes. Sirius devait sans doute être dans les cachots  désormais, à tenter on ne sais quel stratagème pour faire tomber Rogue dans le panneau, alors que lui, Remus Lupin, se trouvait là, comme un idiot, face à une fille qu’il ne connaissait même pas et à qui il savait que les Maraudeurs allaient faire du mal. Car si Remus s’était proposé à cette mission, c’était bien pour éviter de la blesser, car s’il n’appréciait pas du tout Severus Rogue, il n’avait absolument rien contre elle, et il refusait qu’une innocente soit prise à parti dans cette histoire. Ce fut donc avec gêne et difficulté qu’il tenta de lancer la conversation avec elle, conscient que son comportement était déjà louche et qu’elle n’avait aucune envie de lui parler.

-                En fait, je fais le tour de la bibliothèque pour trouver un groupe d’études pour réviser les ASPIC dès le mois de février… et je me demandais si tu serais intéressée…

Remus se félicita mentalement de ce mensonge en réalisant que ça ne serait finalement pas une si mauvaise idée que ça que de créer un groupe de révisions. Kara, elle, semblait étonnée, ne croyant visiblement pas à cette proposition

-                Un groupe de révisions ? Répéta t-elle en haussant à nouveau son sourcil et en parlant à voix basse. Et tu me proposes d’y participer ? Tes amis sont au courant ?

-                Et bien… on ne peut pas dire que les révisions les intéressent beaucoup à vrai dire, répondit-il sur le ton de la plaisanterie.

-                C’est bizarre mais ça ne m’étonne même pas ! Marmonna t-elle pour elle-même en se replongeant dans son manuel de Potions en réalisant, gênée, que Remus l’avait entendue. Elle demanda alors d’une voix peu assurée « Et tu as trouvé des personnes intéressées ? »

-                Euh et bien… je n’ai demandé qu’à deux personnes pour l’instant, toi incluse donc…

-                Et bien ça m’intéresserait mais je ne pense pas que tes amis m’accepte… d’ailleurs je suis étonnée que tu m’ai demandé en seconde je… tu ne me parles jamais… enfin je veux dire qu’on se s’est jamais parlés et que tu ne me connais pas et… enfin oublie ça… maintenant tu sais que ça m’intéresse, donc si tu ne trouve personne d’autre fais moi signe…

Remus ne comprenait pas trop sa réaction : elle agissait un peu comme quelqu’un qui avait peur de lui, mais aussi comme quelqu’un qui ne comprenait pas qu’on puisse lui adresser la parole. Pourtant, elle ne semblait pas si timide que ça, elle avait plusieurs amis et s’entendait à merveille avec eux d’après ce que James lui avait dit, et elle semblait avoir de très bonnes relations avec Rogue, quoique ce détail n’était pas forcément bon signe selon Sirius. Et là elle le regardait avec étonnement, à moitié cachée derrière son livre d’études tandis qu’il lui adressait un sourire confiant alors qu’elle lui rendit timidement avant de se replonger dans ses études. Remus l’observa quelques instants, remarquant avec amusement qu’elle tremblait légèrement, comme la première fois qu’il l’avait abordé à Pré au lard. Ses petits yeux bruns parcouraient inlassablement les lignes du volume qu’elle étudiait, un rictus satisfait illuminant parfois brièvement ses traits alors qu’elle prenait quelques notes sur un parchemin en y faisant danser voluptueusement sa plume malgré les tremblements de sa main.

Ce fut alors qu’une voix qu’il connaissait bien le fit sursauter, son regard se posant finalement sur Sirius et James, suivit de près par Pettigrow, qui se dirigeaient vers lui d’un pas allègre :

-                Doucement Lunard, ton regard frôle l’indécence ! Fais attention, Wheeler pourrais te dénoncer pour harcèlement sexuel !

-                Alors ? Fit Remus pour changer de sujet. Ca c’est bien passé.

-                Merveilleusement ! lança Sirius.

-                Comme sur des roulettes ! ajouta James.

-                Et toi ? demanda Sirius avec amusement. Ca n’a pas été trop pénible ?

-                Et bien j’ai du mal à convaincre les élèves qu’un groupe d’étude pour réviser les ASPIC serait utile mais… (sous les regards d’incompréhension des autres, il ajouta :) Mais Kara semble intéressée donc ça n’est pas désespéré…

-                Ouai a condition que tu arrive à la faire parler Lunard ! fit James en riant.

-                Ca va bien Wheeler ? demanda Sirius en s’asseyant sur la table a côté de son livre. Toujours obnubilée par tes potions ?

La jeune fille, devenue livide à l’approche du maraudeur, ne répondit rien, plongée dans son livre qu’elle ne lisait pourtant plus. Remus le voyait, elle faisant semblant de lire pour ne pas répondre : elle était terrorisée.

-                Comment va ton petit Khan ? Toujours aussi désespérément attiré par les hommes ? Continua Sirius pour la provoquer. Tu sais, il va falloir que tu songe à jeter ton dévolu sur quelqu’un d’autre parce qu’à ce rythme là tu va finir vieille fille, ou bonne sœur si tu as de la chance…

La jeune fille semblait désormais partagée entre peur, honte et rage, ne quittant pas des yeux son parchemin. Sirius semblait vraiment s’amusé, car en fait, il voulait seulement la faire réagir, rien de plus.

-                Allez Wheeler, dit quelque chose ! Relança t-il. Dit moi à quel point tu me détestes que je puisse savoir si tu sais parler ! Allez un petit sourire !

-                Sirius ! interpella Remus, gêné par sa provocation.

-                Eh, mais Lunard, je veux juste savoir si Miss Wheeler sainte ni touche sait parler… parce que tout le monde se pose la question… selon Malefoy elle a perdu sa langue avec ses kilos mais tout le monde sait que Malefoy est un crétin…

A ces mots, Kara se leva d’un bon et fourra ses affaires dans son sac en un éclair, sortant de la bibliothèque à grands pas. Aucun des maraudeurs ne prononça un mot, Sirius se faisant tout petit sous le regard réprobateur de Remus.

-                 Mais qu’est-ce qui te prend ? Je déteste quand tu fais ton malin comme ça à te moquer des autres Gryffondors. Qu’est-ce qu’elle t’a fait ?

-                Euh ben… c’est juste un truc entre elle et moi… une petite moquerie de temps en temps c’est tout… C’est une fois en première année j’ai voulu lui parler et elle m’a copieusement insulté pour une raison profondément débile… depuis c’est même pas la peine de lui tirer deux mots… alors j’essaie de la pousser un peu à bout pour qu’elle se décoince…

-                Et ça fait sept ans que tu fais ça ? s’étonna Remus qui n’y avait jamais fait attention.

-                Euh… oui… plus ou moins, répondit timidement Sirius en descendant de la table, attendant la leçon de morale du lycanthrope.

Mais Remus ne prit pas la peine de la lui faire, exaspéré par son comportement enfantin et fatigué par toutes ces farces qui tournaient mal… car il ne savait pas pourquoi, mais depuis le début, il se doutait que quelque chose se passerait mal à cause de cette Ultime et misérable Farce des Maraudeurs…

 

***Fin du Flash Back***

 

Plongé dans ses souvenirs, Remus ne l’avait pas entendu approcher, et ce ne fut que lorsqu’elle posa sa main sur son épaule qu’il réalisa que Kara l’avait rejoint sur le bord du lac.

-                Mélancolique ? demanda t-elle avant qu’il ne se tourne vers elle.

-                Un peu…  Kara je suis vraiment désolé pour tout ce qu’il c’est passé, déclara t-il finalement d’un air sincère.

-                Je sais, répondit-elle simplement avec un sourire.

Elle reprit alors son chemin le long du lac, Remus la suivant à ses côtés en la questionnant sur son départ :

-                Quand tu es partie, ils t’ont acceptés tout de suite à Beaux bâtons ?

-                Oui, mais surtout parce que Dumbledore m’y avait accompagné. Il leur a expliqué les causes de mon départ et s’est porté garant de ma réussite… après ça ils ne m’ont plus jamais rien dit.

-                Ca a du être dure pour t’y intégré non ?

-                Et bien, tu sais, il ne me restait que trois mois, donc l’intégration était le dernier de mes soucis. Je n’embêtais personne et personne ne m’embêtait c’était aussi simple qu…

Kara s’interrompit, réalisant que Remus n’était plus à ses côtés. Elle se retourna et eu la surprise de le voir à terre, se tordant de douleur en rampant dans le sens inverse.

-                Remus ?! Interpella t-elle, alertée, en se précipitant vers lui.

-                Non !! répondit-il dans un gémissement de douleur et en se relevant pour fuir.

-                Remus !!! continua t-elle en tentant de le rattraper.

-                Non Kara, reste ici ! Lança t-il sans regarder en arrière. Je… Je m’en occupe, je n’ai pas besoin de toi, retourne au château !

-                Remus attends !

Mais alors que Remus courrait toujours en direction du saule cogneur encore loin, il s’effondra sur le sol, subjugué par une nouvelle vague de sommeil. La dernière chose qu’il pu distinguer fut Kara accourant à ses côtés pour le soutenir alors qu’il tentait vainement de la repousser en balbutiant sous la douleur :

-                Non...  c’est... dangereux…  je…

-                Ne t’inquiète pas, fit-elle avec le même sourire confiant que celui qu’il lui avait adressé des années auparavant dans la bibliothèque. Ne t’inquiète pas : j’ai survécu une fois et je survivrai encore…

 

A SUIVRE….

 

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 Le coeur a ses raisons que le temps ignore (le 15/08/2005 à 14h56)

Auteur : Silmaril666

Genre : Romance/R

En quelques mots : Quelques instants forts dans la vie de deux personnes qui se rencontrent… et qui se connaissaient déjà…

Notes de l’auteur : Cette fic n’a aucun but : je l’ai écrite un soir de solitude désespérée et l’ai convertie en fic HP pour pouvoir vous la faire partager… désolé pour mon esprit un peu trop parfumé et noyé dans l’eau de rose…

 

Le cœur a ses raisons que le temps ignore

 

Elle n’en croyait pas ses yeux : le voir, ici, devant elle, c’était tout simplement inimaginable. De plus, le retrouver  dans le cadre de son travail ne faisait que la mettre en valeur, mettant ainsi en avant ce qu’elle savait faire de mieux dans la vie, au-delà de ses talents de sorcière : composer. Lui, était fasciné par tant de talent chez une personne si jeune, car lorsque son ami lui avait parlé d’elle, il ne l’avait pas imaginé ainsi. Loin de la vieille fille bizarre qu’il s’attendait à voir, il avait devant lui une jeune fille d’un peu plus de vingt cinq ans qui avait derrière elle plus d’expérience de son métier que n’importe quel quadragénaire tel que lui. Elle lui était d’ailleurs étrangement familière, de la couleur de ses cheveux à la noirceur de ses yeux, il lui semblait la connaître Sous ses yeux, elle voyait à cet instant une des personnes qu’elle admirait le plus au Monde, mais qu’elle n’avait connut que dans sa prime adolescence alors que lui ne la voyait pas. Elle l’avait admiré pour son courage, avait eu de la peine pour ses problèmes et avait toujours eu un profond respect pour lui. Si elle avait du l’imaginer, après tant d’années, elle ne l’aurait pas vu ainsi, peut-être moins charmant et moins imposant qu’il ne l’était ce jour là. Cet instant de présentation sembla durer une éternité, et lorsque l’émotion de la retrouvaille fut passée, elle réalisa qu’elle devait retourner à l’intérieur pour terminer l’arrangement de la scène. Il ne pus sortir un mot de plus, regardant par la vitre de contrôle celle qui venait de rougir comme une enfant face à lui. On ne peut plus intrigué, il se promettait de comprendre sa réaction lors du dîner de ce soir organisé par leur ami et où elle était également conviée.

Ce repas fut une révélation : habilement installés l’un à côté de l’autre par leur hôte, nos deux anciennes connaissances  découvrirent rapidement qu’ils avaient bien plus de points en commun que les dix sept années qui les séparaient ne pouvaient leur faire croire le contraire : La même fureur de vivre, les mêmes sentiments contradictoires et la même façon de ne s’exprimer que par les arts et la témérité. Des heures à parler et des heures à se contempler, à se perdre dans les yeux de l’autre sans même s’en rendre compte. Si elle se savait parfaitement capable de succomber au moindre regard, lui n’avait absolument pas prévu de se prendre au jeu si facilement. Cette personne qu’il avait d’abord prise pour une gamine talentueuse mais étrange était en réalité une jeune femme pleine de charme, de répartie et de mystère, si différente de celle dont il se rappelait vaguement. En moins de temps qu’il n’en fallut pour le dire il la raccompagna à son hôtel et ils restèrent un instant sans un mot, hésitant chacun de leur côté à lancer l’invitation qui les démangeait. Ce fut finalement elle, contre toutes les conventions, qui lui proposa de déjeuner le lendemain. Seule dans sa chambre, elle ne pus que dormir et rêver au lendemain tandis que lui ne pouvais fermer l’œil de la nuit, plongé dans une composition de vers des plus éloquents.

 

 

Là, devant la porte de la compagnie, ils devaient se séparer pour aujourd’hui. . Après ce déjeuner riche en conversations et en rires, leurs sensations étaient étranges : ils se sentaient bien mais en même temps ils s’interrogeaient sur la suite des évènements. La différence d’âge n’avait aucune importance à leur yeux mais l’ignorance les torturait : se demander depuis des jours si l’autre pensait à vous comme un ami ou s’il avait envie de construire une relation avec vous… attendre, guetter des signes, imaginer comment aborder la question, comment se comporter… Lui craignait qu’elle prenne peur d’un homme bien plus âgé qu’elle tandis qu’elle craignait qu’il ne la voie que comme une gamine amusante ou une jeune créature prête à tout. Même s’ils avaient l’impression de se connaître depuis toujours, la peur de se faire à nouveau écraser dans le rouleau infernal de l’ « Amour à sens unique » les effrayait profondément en dépit de l’innocence de l’une et de l’expérience de l’autre. Le moment des adieux était décisif : ou ils se disaient au revoir et ne se reverraient sans doute plus, ou ils mettaient au point un autre rendez vous qui cèleraient leur statut d’amis ou d’amant.

Mais le moment venu, l’air semblait figé. Comme pour demander son accord il plongea son regard dans le sien et y vis suffisamment de lumière pour oser tenter le Diable. Il pencha la tête sur le côté et la regarda un instant avant de se pencher vers elle pour lui déposer un chaste baiser des plus symboliques. Elle ressentit tellement de choses à cet instant que lorsqu’il se détacha de ses lèvres elle brisa à nouveau l’espace qui les séparait pour recommencer cet expérience encore et encore. Le baiser durait, s’intensifiait, passant progressivement des petits baisers aux embrassades passionnées. Les mains posées sur les hanches de sa partenaire, il profitait de cet instant au moins autant qu’elle et remonta ses mains pour encadrer son visage. Enivrée par son odeur, son goût, sa douceur et sa délicatesse, Elle usait de tout ses sens et frissonna un peu plus lorsqu’elle sentit des mains glisser sur ses bras pour prendre les siennes. Et là, main dans la main, ils se séparèrent enfin pour se regarder avec des yeux brillants. D’un léger baiser ils se dirent au revoir, et se quittèrent en laissant glisser leurs mains jusqu’à se que la distance ne les obligent à se séparer définitivement.

 

Son odeur l’enivrait. Sa douceur le rendait fou. Ses caresses la faisaient planer : Un ballet de caresses et un concert de sensations au milieu du théâtre de leurs corps enlacés brûlants dans une danse aussi angélique qu’endiablée. Dans la pénombre de l’appartement, le sofa devenait support puis témoin de leurs ébats, de leur amour et de leur passion. Plus rien ne comptait. Seul le contact entre eux était essentiel, presque vital, et le besoin de ne faire plus qu’un surpassait de beaucoup le besoin purement sexuel. Prendre plaisir à donner du plaisir est une chose extraordinaire, car l’acte d’amour est bien plus qu’un simple jeu primitif. Comme d’un même être, leurs sensations étaient décuplées, comme s’ils étaient capables de ressentir les sensations de l’autre à un degré extatique presque irréel. Totalement dévoués l’un à l’autre, ils prêtaient attention à chaque souffle, chaque gémissement, chaque battements de cœur de l’autre à tel point que leur excitation ne provenait que de ce même but : procurer du plaisir. La jeunesse de cette femme le fascinait : il avait presque oublié ce que c’était de toucher la peau d’une créature à peine éclose. Son expérience la comblait : il était capable de lui délivrer tant de sensations nouvelles et délicieuses qu’elle se demandait vraiment si tout cela n’était pas le fruit de son imagination enivrée. Depuis le tissus soyeux du sofa, à la pierre froide du sol et jusqu’aux draps vaporeux du lit, leurs corps se mélangeaient au rythme du tic tac de l’horloge qui semblait s’essouffler bien plus vite que les deux amants passionnés. Leur peau luisante de sueur brillait comme dans un rêve grâce aux quelques bribes de lumière passant à travers les volets de l’appartement. Leurs corps se mouvaient à l’unisson, conjuguant leurs souffles et leurs cris dans une même étreinte. La délivrance vint alors, véritable essor de plaisir, de bonheur à deux, de communion, de sentiments partagés. Enlacés tel un couple d’inséparables, ils s’endormirent ici ensemble pour la première fois, bien que Remus Lupin et Ginny Weasley se connaissent depuis des années. Tant d’années sans se voir et tant de choses oubliées. Mais ces années n’eurent pas de raison sur eux car le cœur à ses raisons que le temps ignore…

 

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 Les grandes questions de l'humanité (le 15/08/2005 à 14h31)

Note de l’auteur : Sachez que si j’égratigne certains personnages ou si je me moque parfois de Tolkien, ça n’est que pour rire et sachez que j’admire et respecte le travail de cet auteur.

 

Principe de cette série : Chaque épisode doit être assez court et tourne autour du thème « Et si ». Comme le dit le dicton : « Avec des si, on peut tout faire », et pour conclure chaque chapitre, une morale illustrera cette histoire. Si je commence cette série, je vous encourage à y participer, ou a donner vos idées. Envoyez moi vos chapitres et je les mettrait en ligne en précisant que vous en êtes l’auteur. Cette idée peut continuer avec d’autres thèmes que celui du « SDA », comme « Harry Potter » par exemple, « Buffy », « Xmen », « Spiderman » et autres… à vous de voir ! J’espère que cela vous plaira et que vous serez nombreux a y participer !

 

Auteur : Eowyn10 ( sadia.mclean@caramail.com)

 

Genre : Tout public. Humour/Parodie

 

 

LES GRANDES QUESTIONS DE L’HUMANITE

Avec des si….

 

 Et si Isildur avait détruit l’anneau ?

 

                Après des années de guerre acharnée entre les Peuples libres de Terre du Milieu et le Royaume du Mordor, l’issue semblait enfin proche. Sauron, séparé de son anneau de pouvoir, fut vaincu. Mais dans ce bijou subsistait toujours la puissance et la malveillance du Seigneur Ténébreux et tant qu’il existerait, l’esprit de son créateur survivrai. C’est ainsi qu’Isildur, fils d’Elendil, guidé par le sage elfe Elrond Peredhil, partit vers les terres noires en quête des crevasses du destin. Ils y parvinrent après maints jours de voyage afin de jeter l’anneau dans les gorges du volcan où il fut forgé. Là où tout avait commencé, tout allait finir, et bien plus vite que prévu.

                Au moment de s’en séparé, Isildur, séduit par le pouvoir corrupteur du bijou, décida de le garder afin de se servir de ce pouvoir pour défendre le Gondor. Mais Elrond ne l’entendait pas de cette oreille et Isildur ne s’attendait à ce que l’elfe soit moins con et moins « deux de tension » qu’ il n’en avait toujours parut. Lorsque l’héritier du Gondor passa à ses côtés, le maître de Foncombe l’agrippa par l’oreille pour le conduire au bord de la falaise d’où il lui flanqua un magistral coup de pied au derrière, détruisant ainsi l’Anneau Unique et, accessoirement, la lignée des héritiers du Gondor.

                 Fier de lui, Elrond repartit à Foncombe où il mourut d’ennui ( dans tout les sens du terme) puisque l’histoire s’arrêta là, et par conséquent, il n’avait rien de mieux à faire que de crever.

                Ainsi, le Seigneur des Anneaux devint un film mythique dans l’histoire des navets du cinéma, avec une longueur record de 17 minutes (générique inclus) et un palmarès inégalé de 11 razzie awards. Il rejoignit ainsi la légende du roman de JRR Tolkien, 57 pages, classé « Second pire roman d’aventures du siècle » juste derrière Le père Goriot de Balzac.

 

MORALITE : Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué !

 

**********

 

ps: S'il vous plait ne m'en veuillez pas pour ce chapitre là... que personne ne le prenne mal par pitié!!!S'il vous plait!!! C'est juste pour rire! Je n'ai rien contre les homosexuels et je ne pense pas que Tolkien le soit... pitié pitié pitié!!!!

 

                Et si Tolkien avait eu des tendances gays ?

 

                              

              Pour ce chapitre, je ne peut que vous renvoyer à ce magnifique ouvrage, disponible dans toutes les bonnes librairies :

JRR Tolkien, Le Seigneur des Anneaux.

 

En voici un extrait (Le Retour du roi, livre VI, chapitre1, page 250à253)

 

«Il (Sam) couru à la forme repliée sur le sol. C'était Frodon. Il était nu, étendu comme évanoui sur un tas de chiffons infects: son bras était relevé pour abriter sa tête, et en travers de son côté courait une vilaine marque de fouet.

-                      Frodon, Mr Frodon bien-aimé!cria Sam presque aveuglé par les larmes. C'est Sam, je suis arrivé! Il souleva à demi son maître et le serra contre sa poitrine.

Frodon ouvrit les yeux.

-                      Suis-je encore en train de rêver? murmura t-il. Mais les autres rêves étaient horribles. […]

-                      Sam, cher Sam, dit Frodon et il se laissa aller dans les doux bras de Sam, fermant les yeux comme un enfant rassuré quand les peurs nocturnes ont été chassé par une voix ou une main aimée. Sam sentit qu'il aurait pu rester ici dans un bonheur sans fin, mais ça ne lui était pas permis.[...]

-                      [...] dit Sam. pouvez vous marcher?

-                      Oui je peut, dit Frodon, se levant lentement. Je ne suis pas blessé Sam. Je me sent seulement très fatigué, et j'ai mal là. Il porta sa main au dos de son cou au dessus de l'épaule gauche. Il se tint debout et il parut à Sam qu'il était vêtu de flammes: sa peau nue était écarlate à la lueur de la lanterne suspendue au-dessus de lui. ..."

 

Sans commentaire... oh pis si tient! Autant vous dire que, en tant que fan de Frodon je n'apprécie pas du tout la manière dont Sam se permet de le mater alors que nous, dans le film, on doit se contenter à un Frodon torse nu... quelle injustice!

 

MORALITE : Lorsque l'on lit un roman, il faut être ouvert d'esprit sans pour autant avoir les idées mal tournées !

 

reps: Pitié : ne me frappez pas! Ne soyez pas méchants! Je suis désolée....!

 

BONUS DEBILE :

 

Et si Tolkien avait écrit le Seigneur des Barbies ?

 

LE SEIGNEUR DES BARBIES : LA COMMUNAUTE DE LA BARBIE

 

Trois barbies blondes pour les rois elfes sous le ciel,

Sept barbies barbues pour les seigneurs nains dans leur demeure de pierre,

Neuf barbies guerrières pour les Hommes mortels destinés au trépas,

Une barbie parfaite, grande, rousse, yeux bleus, 85E, pour le Seigneur des ténèbres sur son trône rose bonbon

Dans le pays de Casse-Noisette où s'étendent les ombres,

Une barbie pour les gouverner toutes,

Une barbie pour les trouver,

Une barbie pour les amener toutes et dans le cabriolet des ténèbres les lier

Au pays de Casse-Noisettes où s'étendent les ombres.

 

 

                               Ai-je besoin de continuer ? Inutile de vous précisez que le pouvoir séducteur de la Barbie unique réside plus dans son charmant 85E que par l'éclat de l'absence d'intelligence que l'on peut lire sur son visage de plastique. Bien évidemment, tout les hommes normalement constitué se battrons pour la garder avec eux quelques nuits si ce n'est toute leur vie… bande d'obsédés !

 

                               Je crois que je vais m'arrêter là, c'est profondément ridicule ! Pardonnez moi !lol

 

MORALITE : Lorsque l'on écrit un roman, chaque détail à son importance et chaque mot doit être choisi minutieusement… Tolkien l'a manifestement mieux compris  que moi !

Ah oui, j'oubliais… :

 

MORALITE2 : Les filles, n'oubliez pas que les obsédés sont partout, même dans le SDA alors méfiez vous…

 

Et si les membres de la Communauté avec mieux à faire que de détruire l'Anneau?

Elrond était là, et plusieurs autres personnes étaient assises en silence tout autour de lui. Frodon vit Glorfindel et Gloin; et seul dans un coin, était assis Grand-Pas, revêtu de nouveau de ses vieux habits fatigués par les voyages. Elrond attira Frodon vers un siège à coté de lui, et il le présenta à la compagnie en ces termes:

- Voici, mes amis, Le Hobbit, Frodon fils de Drogon. Peu de gens sont venus jusqu'ici au prix de périls plus grands et pour une mission plus urgente.

Puis il désigna et nomma ceux que Frodon n'avait pas encore rencontré. Une bonne demi-heure plus tard, après que les faits à propos de l'anneau aient été contés avec minutie, un lourd silence s'installait alors qu'Elrond continuait de présider le conseil:

- L'un de vous doit prendre la responsabilité de l'Anneau et partir pour le sombre pays de Mordor afin de le détruire.

Personne ne répondit, chacun regardant le sol avec un intérêt soudain. Elrond insista:

- J'ai dit: l'un de vous!?!